L’état de l’Afrique : Accroître la résilience en temps de crise grâce à la protection sociale

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L’état de l’Afrique : Accroître la résilience en temps de crise grâce à la protection sociale

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Le colloque sur l’état de l’Afrique est l’événement phare de la Banque mondiale consacré au développement du continent lors des Assemblées de printemps et des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI.

Cet évènement s’inscrit dans la continuité de la publication de notre rapport semestriel Africa’s Pulse qui présente les perspectives économiques de la région et aborde un thème crucial de développement.

Cette année, les intervenants aborderont la conjoncture macroéconomique et l’impact des récentes fluctuations des prix des matières premières et des denrées alimentaires. Ils débattront ensuite du rôle des systèmes de protection sociale pour atténuer ces chocs économiques, maintenir ou créer des emplois et renforcer la résilience des ménages. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, l’Afrique n’a pas été épargnée par l’arrêt brutal de l’activité économique et les pertes d’emplois qui en ont découlées. Cela a révélé l’importance des systèmes de protection sociale pour amortir les chocs socioéconomiques en temps de crise et protéger les foyers les plus démunis.

Un panel de ministres, de dirigeants et d’experts de la Banque mondiale, d’entrepreneurs, de jeunes et de représentants de la société civile tenteront de réfléchir à l’avenir de la protection sociale en Afrique. Il s’agira d’identifier les difficultés rencontrées actuellement par les pays africains pour déployer des mécanismes efficaces et durables de protection sociale et de proposer des solutions pour y remédier afin de développer le capital humain et créer davantage d'emplois

Transcription


  • 00:00 [LE PROGRAMME COMMENCERA DANS...]
  • 00:17 [Musique rythmée] [LE PROGRAMME COMMENCERA DANS...]
  • 02:06 [Dominique Tchimbakala] Bonjour et bonsoir à toutes et à tous
  • 02:12 qui nous suivez depuis les quatre coins du monde.
  • 02:16 Je vous souhaite
  • 02:19 la bienvenue à cet évènement sur l’état de la région Afrique qui fait
  • 02:25 partie des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale.
  • 02:30 Je m’appelle Dominique Tchimbakala et j’ai le plaisir d’être votre présentatrice
  • 02:37 Aujourd’hui,
  • 02:38 nous allons parler à des responsables politiques, des organisations
  • 02:43 de la société civile, des leaders des jeunes de l’Afrique.
  • 02:48 Cet évènement suit la publication du document
  • 02:52 Africa’s Pulse, publié deux fois par an pour comprendre
  • 02:56 les perspectives macroéconomiques sur la région.
  • 03:01 Aujourd’hui, nous allons faire un tour d’horizon de la situation
  • 03:05 macroéconomique de la région, à la lumière de l’augmentation des prix du pétrole
  • 03:11 et de l’alimentation et nous verrons comment la protection sociale
  • 03:19 peut stimuler l’économie africaine
  • 03:21 et récupérer les pertes entraînées par les diverses crises.
  • 03:25 Avant que nous commencions à proprement parler, je voudrais vous donner
  • 03:29 plusieurs manières d’interagir avec cet évènement.
  • 03:32 D’abord, vous avez une interprétation en anglais, en français et en portugais.
  • 03:38 Nous avons des experts dans le tchat qui sont prêts à répondre à vos questions.
  • 03:43 Et puis vous pouvez
  • 03:45 vous rendre sur les réseaux sociaux avec le hashtag #AfricaSOR.
  • 03:51 Donc Africa S. O. R.
  • 03:56 Et ensuite vous pourrez nous trouver sur la page live.banquemondiale.org
  • 04:03 Il est toujours temps de participer.
  • 04:05 Vous avez un sondage sur live.banquemondale.org
  • 04:08 et nous publierons les résultats à la fin de l’évènement.
  • 04:11 Nous attendons avec impatience d’entendre votre son de cloche.
  • 04:16 Et sur ce, je donne la parole à Ousmane Diagana
  • 04:19 vice-président pour la région Afrique de l’Ouest et centrale de la Banque mondiale
  • 04:25 et Hafez Ghanem, vice-président
  • 04:28 pour la région Afrique de l’Est et australe de la Banque mondiale.
  • 04:32 Bienvenue messieurs, à vous.
  • 04:34 Merci beaucoup Dominique.
  • 04:38 Bonjour et bonsoir à toutes et à tous.
  • 04:42 [Ousmane Diagana, vice-président, Afrique de l’Ouest et centrale, Banque mondiale]
  • 04:45 C’est un plaisir que de pouvoir intervenir
  • 04:49 dans ce groupe de discussion. Au nom de mes amis Hafez et Albert,
  • 04:54 je souhaite à tout le monde la bienvenue, et en particulier
  • 05:06 aux ministres qui rejoignent cette conversation importante.
  • 05:12 Je voudrais commencer par adresser mes félicitations à Albert et à son équipe,
  • 05:18 qui ont fait de cette manifestation une tradition et l’un des points d’orgue
  • 05:25 de nos rassemblements annuels ou même semestriels,
  • 05:30 c’est à dire notre Réunion annuelle et les Réunions de printemps.
  • 05:36 Le sujet qui nous occupe ce matin,
  • 05:43 c’est un sujet brûlant et en permanence pertinent pour l’Afrique.
  • 05:50 Il s’agit de renforcer la résilience économique
  • 05:54 par l’intermédiaire de programmes de protection sociale,
  • 05:58 ce qui est indispensable pour les économies africaines,
  • 06:05 à une époque ou tous les pays tentent de rebondir
  • 06:08 des multiples crises qui se sont enchevêtrées et qui continuent d’exister.
  • 06:16 Comme vous le savez, avant la Covid 19, nous avions constaté
  • 06:21 des progrès encourageants dans de nombreux pays africains.
  • 06:26 Néanmoins, les conséquences sociales
  • 06:29 et économiques de la pandémie ont été absolument dévastatrices
  • 06:34 et se sont manifestées sur de très nombreux fronts.
  • 06:40 Étant donné la période que nous vivons
  • 06:42 actuellement, il est indispensable de rester coordonnés et d’agir de front.
  • 06:48 Nous savons que la protection sociale
  • 06:54 et les programmes en la matière ont toujours joué un rôle incontournable
  • 07:01 dans la lutte contre la pauvreté.
  • 07:08 Nous avons donc des programmes importants dans presque chacun des pays en Afrique,
  • 07:18 dans le but de mettre en place déjà les programmes
  • 07:24 que nous avons élaborés et de le faire à grande échelle.
  • 07:28 Et pour faire cela de manière efficace,
  • 07:33 et bien je me tournerai vers les honorables participants
  • 07:37 à cette discussion car vos conseils sont indispensables
  • 07:41 et sur ce, je me tourne vers mon ami Hafez
  • 07:44 pour que nous poursuivions notre discussion.
  • 07:49 [Hafez Ghanem, vice-président, Afrique de l’Est et australe, Banque mondiale]
  • 07:51 Merci beaucoup Ousmane et Dominique.
  • 07:53 Je souhaite la bienvenue à nos intervenants et aux participants,
  • 07:58 à toutes les personnes qui nous suivent aujourd’hui.
  • 08:01 Ousmane l’a déjà dit,
  • 08:02 mais je voulais mettre en lumière le fait que l’époque est
  • 08:06 vraiment particulière pour nous en Afrique.
  • 08:12 Si je regarde l’Afrique de l’Est
  • 08:14 et les évolutions au cours des trois dernières années, nous avions les locustes
  • 08:19 il y a trois ans, en 2019, et après l’invasion de locustes,
  • 08:24 il y a eu la Covid, et après la Covid,
  • 08:27 maintenant, il y a une sécheresse.
  • 08:31 Et outre la sécheresse, nombre de nos pays ont été frappés par des cyclones.
  • 08:37 Vous avez certains pays, comme l’Éthiopie, qui sont frappés par des sécheresses.
  • 08:41 Pendant que le Soudan du Sud doit affronter
  • 08:45 des inondations.
  • 08:51 Toutes ces catastrophes naturelles, me dit-on, vont voir leur fréquence
  • 08:55 augmenter, hélas, en raison des changements climatiques.
  • 09:00 Et en même temps, il y a aussi des chocs
  • 09:02 entropiques, par exemple les troubles civils.
  • 09:08 Il y a les troubles civils, je vous le disais,
  • 09:13 l’incertitude politique des soulèvements, des coups d’État
  • 09:19 et aussi des chocs entropiques exogènes comme la guerre en Ukraine.
  • 09:24 Une guerre qui a entraîné une augmentation
  • 09:27 du coût du blé, du carburant ou encore de l’engrais,
  • 09:32 ce qui est venu s’ajouter à tous les autres chocs qui existaient déjà.
  • 09:40 Étant donné tout ce qui se passe
  • 09:42 dans le monde d’aujourd’hui, nous nous devons de rendre nos économies
  • 09:47 plus résilientes face aux chocs qui se déclarent partout dans le monde.
  • 09:51 C’est absolument indispensable
  • 09:53 et j’attends avec impatience d’entendre tous nos intervenants de marque que nous
  • 09:58 avons ici afin que nous trouvions ensemble des solutions pour l’Afrique pour rendre
  • 10:03 notre continent plus résilient face à ces chocs.
  • 10:07 Je vous remercie de nouveau et j’attends avec impatience nos débats.
  • 10:11 Sur ce, je donne la parole à Albert.
  • 10:18 Merci beaucoup, Hafez et Ousmane.
  • 10:24 [Albert Zeufack, économiste en chef pour la région Afrique]
  • 10:27 Comme l’a dit Ousmane, ce rapport sur l’état de la région
  • 10:33 est une occasion de discuter de la situation économique de notre continent.
  • 10:39 Et je voudrais prendre quelques minutes
  • 10:43 pour vous livrer les principales conclusions du dernier rapport.
  • 10:51 Cette édition, elle comprend cinq messages principaux.
  • 10:55 Le premier, c’est que l’Afrique est sortie
  • 10:59 de la récession induite par la Covid en 2021.
  • 11:04 Selon nos projections,
  • 11:05 la croissance sera d’environ 4 % en 2021, plutôt aura été,
  • 11:12 et la croissance positive du capital est rétablie sur le continent
  • 11:15 pour la première fois depuis 2016, ce qui est une excellente nouvelle.
  • 11:23 En 2022, nous allons assister à un ralentissement
  • 11:26 de la croissance pour atteindre 3,6 %.
  • 11:35 La croissance par habitant est toujours positive,
  • 11:38 mais ce ralentissement de la croissance va accompagner la décélération
  • 11:45 de la croissance au niveau international et c’est la conséquence des différents
  • 11:51 chocs que Hafez évoquait : des chocs climatiques,
  • 11:54 le choc de la Covid qui continue de ralentir la production en Asie
  • 11:58 et de perturber sur ce continent les chaînes d’approvisionnement.
  • 12:02 C’est important parce que l’Asie compte
  • 12:04 parmi nos principaux partenaires commerciaux.
  • 12:07 Mais, il y a aussi les chocs liés à la dernière crise en Ukraine.
  • 12:13 Tous ces chocs vont entraîner une
  • 12:17 décélération de la croissance en Afrique.
  • 12:21 Le troisième message,
  • 12:24 c’est que malgré l’incertitude et les perspectives plutôt mornes
  • 12:28 au niveau international, certains pays africains vont avoir
  • 12:33 des opportunités, notamment les pays riches en ressources.
  • 12:37 Ils devraient, ces pays,
  • 12:39 pouvoir bénéficier de cette situation pour accélérer la croissance.
  • 12:43 L’Angola, par exemple,
  • 12:44 va pouvoir sortir de sa récession de longue date
  • 12:50 et connaître une croissance positive pour la première fois depuis 2016.
  • 12:55 Des pays comme le Nigeria vont voir leur croissance accélérer en 2022
  • 13:01 et des pays diversifiés comme la Côte d’Ivoire,
  • 13:04 le Sénégal et le Bénin vont aussi voir leur croissance s’accélérer.
  • 13:09 Et il est important donc de remarquer que malgré les perspectives plutôt mornes
  • 13:14 que j’évoquais, il y aura des opportunités pour certains pays africains.
  • 13:19 Pourquoi ? Et bien, parce qu’il y a une croissance
  • 13:22 dans les prix des produits de base.
  • 13:27 Et ça, c’est le cas dans toutes les catégories de produits.
  • 13:34 Le choc ukrainien
  • 13:38 ne va donc pas avoir trop d’effet
  • 13:44 sur la croissance en Afrique, mais plutôt,
  • 13:49 il va se manifester par l’inflation et par des troubles civils dans certains pays
  • 13:54 à mesure que l’augmentation des prix se répercute sur les populations
  • 13:59 et en particulier les populations vulnérables.
  • 14:06 Voilà donc, le principal risque que nous entrevoyons
  • 14:09 dans nos perspectives macroéconomiques des troubles civils,
  • 14:14 mais on va aussi
  • 14:16 assister potentiellement à un risque d’étranglement,
  • 14:19 c’est-à-dire une croissance limitée dans un environnement inflationniste.
  • 14:24 Que peut donc faire l’Afrique face à cette situation ?
  • 14:27 Nous recommandons aux pays
  • 14:29 de s’appuyer sur la politique budgétaire et la politique commerciale
  • 14:33 de manière volontariste. En matière de politique commerciale,
  • 14:40 ne reproduisons pas les erreurs du passé.
  • 14:44 Ne limitons pas les commandes,
  • 14:46 les exportations de nourriture et de céréales.
  • 14:50 Au contraire, saisissons cette occasion d’approfondir les échanges commerciaux
  • 14:53 intra-africains et l’intégration commerciale de notre continent.
  • 14:59 Concernant la politique budgétaire,
  • 15:01 malgré les limites de l’espace budgétaire dont nous disposons,
  • 15:05 nous devons travailler ensemble pour venir en aide aux populations qui vont subir
  • 15:10 de plein fouet les conséquences de ces chocs.
  • 15:13 Cela doit passer, par exemple, par une réduction des droits d’importation
  • 15:17 sur les produits alimentaires et des mesures d’appui budgétaire
  • 15:22 que les gouvernements peuvent se permettre de mettre en place.
  • 15:27 Le deuxième front sur lequel nous devrons agir, c’est la politique monétaire.
  • 15:32 Nous devons agir avec intelligence sur ce front.
  • 15:38 Il va falloir mener une lutte agressive
  • 15:40 contre l’inflation en augmentant les taux d’intérêt ou veiller
  • 15:46 à ce que nous n’étouffions pas
  • 15:49 la croissance et la reprise de l’économie.
  • 15:53 Le troisième outil important,
  • 15:54 ce sera le recours à la protection sociale, qui est justement
  • 16:00 le sujet de ce rapport.
  • 16:04 Les pays doivent approfondir et élargir les mécanismes de protection sociale.
  • 16:10 Le cinquième message que je vous livrerai ici
  • 16:12 c’est que la protection sociale doit évoluer pour être à la hauteur
  • 16:18 de ces chocs nouveaux et différents auxquels les économies sont confrontées.
  • 16:24 Nos systèmes de protection sociale doivent passer d’un modèle d’assistance sociale
  • 16:29 à un modèle de protection davantage adaptatif.
  • 16:33 Et c’est ainsi que nous pourrons protéger les travailleurs,
  • 16:36 y compris ceux du secteur informel, mais aussi mettre en place des programmes
  • 16:41 de protection sociale qui peuvent créer des activités plus productives.
  • 16:49 Car à terme,
  • 16:50 la meilleure manière d’exercer la protection sociale, c’est l’emploi.
  • 16:56 Et j’arrête là mon propos.
  • 16:58 Je vous rends la parole, Dominique.
  • 17:00 [Dominique Tchimbakala] Merci beaucoup, Albert,
  • 17:02 d’avoir dressé la toile de fond de nos discussions d’aujourd’hui.
  • 17:06 Il s’agit des conclusions toutes très intéressantes du rapport
  • 17:11 Africa’s Pulse que vous pouvez retrouver sur notre page.
  • 17:15 J’ai maintenant l’honneur
  • 17:16 de vous présenter Mohamed, un jeune garçon qui nous vient de Somalie.
  • 17:22 Il a été élève à une école soutenue par l’ONG
  • 17:26 Save the Children en Somalie et il fait partie des enfants qui font
  • 17:31 partie de ceux qui ont contribué au rapport sur la crise climatique.
  • 17:36 Outre le changement climatique, Mohamed parle sans détour de l’importance
  • 17:42 de l’éducation dans sa communauté et pour les enfants dans son école.
  • 17:45 Je vous propose que nous écoutions ensemble Mohamed.
  • 17:48 [Mohamed Barre] Je m’appelle Mohamed Barre Mo’alim.
  • 17:50 Je vis dans le camp de Liban, à Baidoa. Je vais à l’école du camp.
  • 17:53 Je viens du district de Qansahdhere, dans la région de Bay.
  • 18:01 Les inégalités se font durement sentir sur nos moyens de subsistance.
  • 18:05 Nous souffrons économiquement et socialement.
  • 18:08 Là où nous vivons, nous ne sommes pas à l’abri.
  • 18:12 Nous sommes exposés à la violence et aux voleurs.
  • 18:15 Nous sommes à la merci de la pluie et de la chaleur.
  • 18:18 De l’autre côté de la ville, les gens vivent dans des villas
  • 18:21 et de beaux immeubles. Nous, nous vivons dans des habitations de fortune.
  • 18:23 La pluie et la chaleur ne les gênent pas.
  • 18:29 Ils ont des moyens de transport, tandis que moi, je dois tout faire à pied.
  • 18:33 Ils ont de bonnes conditions de vie. C’est cela, l’inégalité.
  • 18:41 Nous ressentons les effets du changement climatique.
  • 18:44 Nous avons perdu nos fermes.
  • 18:45 Nos bêtes sont mortes à cause de la sécheresse.
  • 18:50 Nous avons dû quitter nos foyers et venir à Baidoa.
  • 18:56 Si ma famille connaît toutes ces difficultés,
  • 18:59 c’est à cause du changement climatique.
  • 19:01 Nous avons besoin de services d’éducation et
  • 19:03 de santé, d’électricité et d'aires de jeux.
  • 19:05 Cela contribuera à réduire les inégalités.
  • 19:09 Le gouvernement doit pourvoir aux conditions de vie de la population,
  • 19:14 nous fournir des services d’éducation
  • 19:16 et de santé, de l’électricité et des aires de jeux.
  • 19:18 Le gouvernement peut fournir ces services et résoudre ainsi les inégalités sociales.
  • 19:25 [Dominique Tchimbakala] Merci Mohamed d’avoir
  • 19:29 divulgué votre message à notre égard aujourd’hui.
  • 19:33 Je voulais simplement ajouter quelques éléments complémentaires
  • 19:38 quant à la situation de la guerre en Ukraine, évidemment,
  • 19:41 et ce contexte de pandémie.
  • 19:43 Il faut vraiment dire que les deux
  • 19:46 dernières années ont provoqué de grands troubles et
  • 19:49 vraiment un contexte houleux, difficile.
  • 19:54 Et par rapport à l’économie et le futur
  • 19:57 de l’Afrique, il va falloir évidemment naviguer cette période houleuse
  • 20:02 et il conviendrait de se doter des mesures pour ce faire.
  • 20:05 Alors, j’ai le grand honneur de présenter le ministre de l’Économie,
  • 20:08 Romuald Wadagni, et une chaleureuse bienvenue à vous, et Mário Caetano João,
  • 20:16 le ministre de l’Économie et du Plan de l’Angola.
  • 20:19 Merci de votre présence.
  • 20:22 Le ministre des Affaires sociales du Cameroun,
  • 20:25 bienvenue à vous, et Hafez Ghanem
  • 20:29 et Ousmane Diagana,
  • 20:30 vous restez avec nous pour répondre aux questions et faire
  • 20:35 des commentaires en réaction aux propos des uns et des autres.
  • 20:39 Alors, Mario Caetano, j’ai une question pour vous.
  • 20:42 Quid du risque de la stagflation, c’est-à-dire stagnation plus inflation,
  • 20:47 cela représente un certain nombre de contreparties
  • 20:52 entre risques et évidemment d’autres effets plus positifs.
  • 20:59 Et en ce moment, les taux d’intérêt baissent.
  • 21:01 Et lorsque l’on constate évidemment
  • 21:03 la hausse des prix, comment maintenir
  • 21:07 les attentes et répondre à ces dites ententes
  • 21:10 et comment, évidemment, renforcer la crédibilité des pouvoirs publics ?
  • 21:14 Bonjour à vous tous !
  • 21:18 Merci de m’avoir invité à prendre la parole.
  • 21:20 [Mário A. Caetano João, ministre de l’Économie et du Plan, Angola] Voilà en effet des éléments
  • 21:27 qui se contredisent, qui se contrecarrent.
  • 21:31 Mais il convient d'obtenir un juste équilibre
  • 21:34 et de maintenir l'inflation autant que faire se peut,
  • 21:39 à un niveau au plus bas.
  • 21:42 Et il convient évidemment en même temps
  • 21:45 de bien comprendre les mécanismes de transmission
  • 21:48 ainsi que l'importance que de bien gérer les attentes par rapport à l'inflation.
  • 21:54 C'est un processus difficile,
  • 21:57 mais il conviendra de se pencher sur cette question
  • 22:00 parce que cela a une influence d'une manière ou d'une autre
  • 22:03 sur les investissements qui arrivent dans nos pays ou non.
  • 22:14 Il convient aussi de bien saisir l'inflation et tout ce que cela comporte
  • 22:20 évidemment aussi par rapport aux attentes
  • 22:23 et maintenir évidemment une stabilité, une inflation plus stable, basse.
  • 22:30 Par contre, lorsque l'on s'écarte des cibles au niveau des banques centrales,
  • 22:36 il devient très difficile de faire appliquer ces mesures.
  • 22:41 Et évidemment là, l'inflation repart.
  • 22:45 La banque centrale.
  • 22:49 Ici en Angola,
  • 22:52 doivent évidemment éviter de provoquer ou créer de telles attentes.
  • 22:58 Et par rapport à l'inflation surtout,
  • 23:00 et les objectifs y afférents,
  • 23:03 Nous avons décidé
  • 23:05 de nous doter de mécanismes plus souples
  • 23:09 pour gérer le capital et les fonds propres et les crédits octroyés
  • 23:16 et en se munissant d'une approche double
  • 23:19 au niveau des stratégies et réformes politiques
  • 23:22 disons avec des taux d'intérêts doubles aussi.
  • 23:26 Car d'une certaine manière,
  • 23:29 cela pourra aussi contenir l'inflation
  • 23:33 et la maintenir à un niveau acceptable
  • 23:36 et donc des politiques idoines à adopter évidemment.
  • 23:39 Mais nous constatons par la même occasion
  • 23:41 que quelque 60 % de notre inflation provient du carburant, de l'essence
  • 23:47 et donc nous devons tenir compte de cela évidemment.
  • 23:50 En tant que pays producteur, il a fallu considérer deux éléments
  • 23:56 qui se contrecarrent et qu'il convient de compenser l'un par rapport à l'autre.
  • 24:02 Des activités du secteur privé
  • 24:04 mais aussi assurer les coûts des denrées alimentaires
  • 24:12 et les maintenir également à un niveau stable.
  • 24:16 Et si l'on veut avoir la sécurité alimentaire
  • 24:19 évidemment avec ce taux d'intérêt de quelque 60, 70 %,
  • 24:22 quid des autres activités et commerces et quid des marchés.
  • 24:27 Donc, cette approche double
  • 24:30 nous aide justement à gérer la politique monétaire
  • 24:35 et nous préparer quant à la hausse des taux.
  • 24:39 Je vous remercie.
  • 24:40 [Dominique Tchimbakala] Merci, merci infiniment.
  • 24:44 Je voudrais poser une question au ministre de l'économie du Bénin.
  • 24:50 Les taux d'intérêt sont en hausse dans le monde entier,
  • 24:55 et ce dans le cadre d'une politique monétaire qui se resserre.
  • 24:58 Pouvez-vous m'entendre ? [Romuald Wadagni] Absolument merci.
  • 25:02 [Dominique Tchimbakala] Alors je demandais
  • 25:04 Évidemment, dans un contexte où les taux d'intérêts s'envolent
  • 25:09 et augmentent et quid des économies du monde,
  • 25:13 évidemment, il y a des fuites de capitaux
  • 25:15 et des souverains et c'est un stress important.
  • 25:20 dans ce cadre d'inflation en hausse, des politiques monétaires resserrées,
  • 25:25 qu'en pensez-vous des risques pour votre propre pays
  • 25:28 Et quid des mesures qu'il convient d'adopter ?
  • 25:31 [Romuald Wadagni] Mon collègue de l'Angola tout à l'heure.
  • 25:34 Dans cette situation,
  • 25:36 la vraie cause de l'inflation est liée à un choc de l'offre.
  • 25:40 Alors le premier réflexe,
  • 25:42 quand il y a inflation, c'est on remonte le taux d'intérêt.
  • 25:45 C'est quasi mécanique.
  • 25:46 Mais dans le cas d'espèce, c'est lié à un choc de l'offre
  • 25:49 et ça concerne beaucoup plus les produits liés à l'énergie
  • 25:53 et les produits de première consommation, les produits alimentaires
  • 25:56 ou liés à l'agriculture.
  • 25:57 Dans ce contexte, l'approche de l'Angola, qui a une approche duale
  • 26:00 qui est de dire, pour certains types de produits
  • 26:02 on peut contrôler les financements liés à ces produits
  • 26:05 avec les taux d'intérêt qu'on maintient.
  • 26:07 et pour l'autre, on ajuste les taux d'intérêt.
  • 26:10 Cette flexibilité dans la politique monétaire est une réalité
  • 26:13 que nous trouvons très pragmatique
  • 26:15 et c'est ça qu'il faut adopter comme principe.
  • 26:18 Pour le cas du Bénin, qui fait partie de l'UEMOA,
  • 26:21 au niveau du Bénin,
  • 26:22 nous n'avons pas une indépendance de politique monétaire,
  • 26:26 Mais nous avons une communauté de politiques monétaires
  • 26:29 avec les sept autres pays de l'UEMOA.
  • 26:32 Et au niveau de l'UEMOA, ce que nous avons décidé de faire,
  • 26:35 c'est d'observer semaine par semaine, l'évolution de la situation pour décider.
  • 26:40 Pour l'instant, nous avons gardé les taux d'intérêt stables
  • 26:43 dans les huit, ce qui fait que pour notre zone,
  • 26:46 nous n'avons pas encore agi avec l'instrument de taux d'intérêt.
  • 26:51 Par contre, sur les huit pays,
  • 26:53 il n'y a que trois pays qui ont accès aux marchés internationaux.
  • 26:55 C'est-à-dire c'est la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Bénin
  • 26:58 qui sont les trois pays qui eux sont directement impactés par la hausse des taux
  • 27:02 à l'international au niveau des grands pays,
  • 27:05 donc au niveau des marchés financiers
  • 27:07 Là, ça devient un issue.
  • 27:09 Quand vous prenez un pays comme le Bénin pour qui la moitié de ses financements
  • 27:15 vient hors de son marché domestique,
  • 27:17 le changement de politique monétaire au niveau global,
  • 27:19 avec la montée progressive des taux d'intérêts
  • 27:21 devient un élément qui nous préoccupe.
  • 27:24 parce que ça va complexifier et rendre plus cher notre accès aux marchés.
  • 27:28 Mais je dois souligner que la bonne nouvelle ici,
  • 27:31 c'est que le Fonds Monétaire International a été très sensible à ça.
  • 27:35 Le Bénin, la semaine passée, vient de conclure un programme qui
  • 27:38 justement, vise à donner une alternative à aider le Bénin à avoir une alternative
  • 27:42 à l'accès aux marchés financiers à court terme.
  • 27:45 Et donc, nous avons pu, grâce au programme en cours,
  • 27:48 avoir un mécanisme pour gérer la situation pour l'année 2022.
  • 27:52 Nous observons l'évolution des taux.
  • 27:54 Il est évident, et vous avez raison,
  • 27:56 que si cette politique de hausse des taux se poursuit.
  • 27:58 Ça va complexifier l'accès au financement des marchés pour nos États.
  • 28:16 [Dominique Tchimbakala] Merci beaucoup Monsieur Wadagni.
  • 28:18 Madame la ministre des Affaires sociales du Cameroun,
  • 28:24 L'une des manières justement
  • 28:25 de contrecarrer ces problèmes est de renforcer la résilience économique.
  • 28:30 Et quelles sont les activités que vous préconisez
  • 28:33 pour la transformation économique de votre pays
  • 28:35 et par la même occasion, prendre à bras le corps le défi de l'emploi ?
  • 28:40 Évidemment, des milliers d'Africains sont affectés
  • 28:43 et ils doivent en même temps rentrer dans la population active
  • 28:46 et le marché de la main d'œuvre en même temps.
  • 28:53 Que préconiseriez-vous, Madame N'guene ?
  • 28:56 Est ce que vous m'entendez ?
  • 29:07 Vous êtes en sourdine.
  • 29:09 Madame le ministre, vous avez désactivé votre micro, nous ne vous entendons pas.
  • 29:16 -Voilà. -Merci.
  • 29:17 [Pauline Irène Nguene Ministre des Affaires Sociales, Cameroun]
  • 29:18 Vraiment désolée.
  • 29:20 Je vous prie de m'excuser.
  • 29:21 Merci Madame la modératrice
  • 29:23 de nous avoir associée à cet important exercice.
  • 29:27 Alors vous avez absolument raison.
  • 29:30 La zone de turbulences économique que traverse le monde,
  • 29:33 et en particulier l'Afrique, appelle la mise en place des politiques
  • 29:37 et programmes orientés vers la résilience et la transformation économique.
  • 29:41 C'est dans ce sens que le Cameroun vient de se doter
  • 29:44 d'une nouvelle stratégie de développement à l'horizon 2030
  • 29:47 qui est la SND 30 qui s'appuie sur quatre piliers dont les trois premiers
  • 29:52 d'abord sur la transformation structurelle de l'économie et dans un deuxième temps,
  • 29:58 c'est le développement du capital humain et du bien être.
  • 30:01 Troisièmement, c'est la promotion de l'emploi et de l'insertion économique.
  • 30:06 Le quatrième pilier est quant à lui, étant consacré à la gouvernance,
  • 30:11 la décentralisation et la gestion stratégique de l'État.
  • 30:16 En ce qui concerne la transformation structurelle de l'économie,
  • 30:20 le gouvernement entend poursuivre
  • 30:22 et renforcer les mesures visant à promouvoir les secteurs à fort potentiel.
  • 30:27 Donc, il y a l'agriculture, le tourisme, l'économie numérique
  • 30:33 et l'économie du savoir en accordant un accent particulier
  • 30:37 à l'enseignement technique et à la formation professionnelle.
  • 30:40 Pour ce qui est de la promotion de l'emploi et de l'insertion socio-économique
  • 30:45 l'objectif est de favoriser et de faciliter l'accès à l'emploi,
  • 30:49 un emploi décent pour un grand nombre de jeunes.
  • 30:52 Ceci à travers l'élargissement
  • 30:55 et la valorisation des opportunités de création d'emplois dans l'économie.
  • 31:00 C'est le cas notamment avec l'appui aux micro-projets,
  • 31:03 l'octroi des subventions en investissement,
  • 31:06 l'attribution des appuis aux initiatives d'incubation
  • 31:09 dans les universités et grandes écoles.
  • 31:13 Il y a également la structuration et l'installation en emploi indépendant
  • 31:16 des acteurs informels dans le secteur de l'économie numérique
  • 31:20 ou encore le financement des projets des jeunes
  • 31:22 dans le cadre du plan triennal spécial jeunes
  • 31:25 qui a été décidé par le chef de l'état.
  • 31:27 Alors, la SND 30, qui est notre stratégie, promet en effet
  • 31:30 la mise en œuvre des initiatives
  • 31:33 visant une véritable inclusion socio économique
  • 31:37 par le développement du capital humain
  • 31:39 ainsi que de meilleures opportunités économiques pour les jeunes
  • 31:42 et les autres catégories des personnes socialement vulnérables.
  • 31:46 le projet Filets sociaux adaptatifs et d'inclusion économique
  • 31:50 que nous avons engagé avant le temps dans notre pays,
  • 31:57 est une stratégie gouvernementale
  • 31:59 pour promouvoir l'inclusion économique des jeunes,
  • 32:02 y compris les déplacés internes,
  • 32:05 et de prévenir une augmentation potentielle
  • 32:07 des tensions sociales et des conflits.
  • 32:09 Presque 70 millions de dollars y ont été dédiés
  • 32:13 et c'est dédié aux jeunes des zones urbaines
  • 32:16 En mettant l'accent sur les jeunes vulnérables du secteur informel,
  • 32:22 On peut également dire, si vous en avez convenance,
  • 32:24 que le ministère des Affaires sociales entend continuer la mise en œuvre
  • 32:28 de sa stratégie de promotion de l'entrepreneuriat social.
  • 32:30 Parce que c'est une stratégie que nous avons mise en place ici
  • 32:33 dans notre ministère,
  • 32:34 à travers un certain programme que nous avons appelé
  • 32:38 Programme d'appui à l'insertion
  • 32:40 et à la réinsertion professionnelle des personnes vulnérables,
  • 32:43 en abrégé PAIRPPEV, en partenariat avec le Fonds National de l'emploi.
  • 32:48 C'est un programme qui vise à offrir aux personnes handicapées,
  • 32:52 aux ex-enfants de la rue,
  • 32:54 aux populations autochtones et aux déplacés internes,
  • 32:57 y compris les femmes,
  • 32:58 des microcrédits en vue de leur installation en auto emplois,
  • 33:03 à leur faciliter l'accès à l'emploi salarié
  • 33:06 et à ouvrir aux jeunes issus de ces catégories défavorisées
  • 33:10 des perspectives de formation professionnelle.
  • 33:12 C'est un programme pour lequel
  • 33:14 nous entendons également solliciter dans les prochains jours
  • 33:17 l'ouverture d'un dialogue avec la Banque mondiale
  • 33:21 en vue de son financement.
  • 33:22 Je vous remercie.
  • 33:33 [Dominique Tchimbakala] Merci Madame le Ministre.
  • 33:36 Une question à l'égard de notre Vice Président régional
  • 33:41 Afrique de l'Est et Australe, Hafez Ghanem.
  • 33:45 Alors, certaines régions ont enregistré un certain nombre de progrès
  • 33:49 dans le cadre des réformes économiques
  • 33:51 et cela permet de stabiliser les économies de cette région,
  • 33:55 rétablir au lendemain de la Covid-19
  • 33:59 et évidemment renforcer la résilience aux effets du changement climatique.
  • 34:04 Alors quelles sont les politiques qui peuvent être adoptées
  • 34:06 ou consolidées et renforcées afin de mieux gérer la volatilité
  • 34:11 des prix des matières premières et des denrées.
  • 34:14 [Hafez Ghanem] Merci beaucoup madame.
  • 34:18 Comme Albert l'a expliqué au début de cette discussion,
  • 34:21 l'impact des chocs des prix provoqués par la crise de la guerre en Ukraine,
  • 34:26 cela varie d'un pays à un autre.
  • 34:28 et au niveau macroéconomique surtout.
  • 34:32 Des pays tels que l'Angola et Monsieur le Ministre Mario est présent,
  • 34:36 là, au niveau macro,
  • 34:39 cela n'est pas trop problématique
  • 34:42 parce que le pays est exportateur de pétrole
  • 34:45 et les produits pétroliers, leurs cours sont en hausse.
  • 34:51 Et là, il convient de compenser.
  • 34:55 Ce par rapport à l'importation des engrais et des denrées alimentaires.
  • 35:01 D'autres pays qui ne sont pas exportateurs de minerais et matières premières
  • 35:08 sont plutôt des importateurs nets de blé, de savon et d'engrais,
  • 35:14 et tout particulièrement en provenance de Russie et d'Ukraine également.
  • 35:18 Et là, ce sont des pays qui sont doublement frappés
  • 35:22 au niveau macroéconomique
  • 35:24 et d'ailleurs reçoivent de plein fouet ces tensions
  • 35:30 et évidemment en souffrent.
  • 35:31 Mais l'impact socio-économique, d'un point de vue social
  • 35:34 évidemment, est le même dans tous les pays.
  • 35:37 Parce que la hausse des prix du pétrole
  • 35:42 rend difficile le quotidien.
  • 35:45 Et évidemment, au niveau des importations, ça va être problématique
  • 35:48 donc les politiques qu'il convient d'adopter,
  • 35:51 et ce, pour protéger les populations les plus vulnérables,
  • 35:56 marginalisées et celles qui reçoivent le plus grand impact et le ressentent
  • 36:02 de la hausse des prix des matières premières
  • 36:04 surtout des denrées alimentaires.
  • 36:05 Là, la protection sociale devient capitale.
  • 36:09 Et cela, au-delà du simple transfert d'espèces.
  • 36:13 Comme l'a dit Madame la Ministre du Cameroun.
  • 36:16 Là, la protection sociale permet d'intégrer des programmes
  • 36:21 qui viennent appuyer la création de micro et petites entreprises
  • 36:25 et aussi appuyer la création d'emplois pour les jeunes.
  • 36:29 Voilà les tout premiers domaines qui nous intéressent ou qu'il convient d'examiner
  • 36:36 pour des interventions politiques idoines,
  • 36:38 mais en même temps, il convient d'adopter des régimes de protection sociale adéquats
  • 36:43 et surtout diversifier les économies afin de les rendre plus résilientes
  • 36:49 aux diverses crises et chocs.
  • 36:51 Et aussi pour que ces pays, ces économies soient moins dépendantes
  • 36:57 des fluctuations au niveau des marchés internationaux.
  • 36:59 Il conviendrait aussi d'augmenter la création d'emplois
  • 37:04 pour tous les jeunes dans tout le continent africain
  • 37:07 et d'ailleurs des millions d'emplois, ...
  • 37:10 des millions de jeunes intègrent la population active
  • 37:13 ou le marché de la main d'œuvre chaque année.
  • 37:16 Et donc, où faut-il investir ? Dans l'infrastructure
  • 37:19 évidemment, en premier lieu.
  • 37:20 Et d'ailleurs, seuls 30 % des Africains ont accès à l'électricité et à l'énergie
  • 37:33 et très peu de pays ont accès à internet.
  • 37:35 Il nous faut absolument fournir un plus grand accès à internet
  • 37:40 et surtout en renforçant l'activité technologique
  • 37:45 en mettant l'accent sur le numérique, la digitalisation
  • 37:49 et investir en même temps dans le capital humain, éducation et santé.
  • 37:55 Je le répète encore et encore,
  • 37:58 toutes les analyses et recherches que j'ai examinées
  • 38:01 montrent une étroite corrélation
  • 38:03 entre l'autonomisation des femmes et l'amélioration du capital humain
  • 38:10 par le biais de l'éducation des filles, surtout, afin de créer
  • 38:14 davantage d'opportunités et évidemment une formation
  • 38:18 afin que les jeunes filles ou femmes et autres
  • 38:21 puissent être dotées ou lancer leur PME.
  • 38:27 Et il conviendra également d'adopter des stratégies
  • 38:31 qui permettront de baisser les prix.
  • 38:35 Évidemment, dans un contexte de pleine compétitivité
  • 38:38 c'est là où nous devons justement mettre l'accent sur des marchés des TIC,
  • 38:42 de la technologie, de l'informatique et de la communication.
  • 38:47 L'accès à internet coûte bien plus cher dans les pays d'Afrique
  • 38:52 et surtout pour des pays en développement.
  • 38:54 Cela est très coûteux et nous devons vraiment nous pencher sur ce problème.
  • 38:58 Protection sociale, investissements dans les infrastructures essentielles
  • 39:04 et surtout avoir des politiques bien avisées et idoines,
  • 39:07 diversification de l'économie,
  • 39:09 et enfin, il est très important de rendre nos pays
  • 39:13 plus résilients aux chocs économiques, et aux impacts des crises
  • 39:17 et du changement climatique.
  • 39:19 Alors, je me demande pourquoi l'Afrique
  • 39:21 devrait être si dépendante d'importations de blé de l'Europe de l'Est.
  • 39:26 Des pays tels que le Soudan,
  • 39:28 la RDC, la Tanzanie ont des superficies énormes de terres arables
  • 39:34 et ce sont des capacités énormes pour pouvoir produire des cultures
  • 39:40 et nourrir tout le continent africain.
  • 39:45 Nous devons donc mieux intégrer nos économies
  • 39:51 afin d'être en mesure de développer l'agriculture,
  • 39:56 et si nous le faisons,
  • 39:58 nous renforcerons la sécurité alimentaire au bénéfice de notre population.
  • 40:05 Mais il faut aussi parler des industries manufacturières et des services.
  • 40:09 Le marché africain, l'accord de libre échange africain crée un marché
  • 40:16 qui représente à peu près la même taille que l'Inde.
  • 40:21 Et nous devrions avoir cela en ligne de mire.
  • 40:24 Un grand marché africain qui sera porteur d'opportunités
  • 40:31 pour les entreprises africaines et pour les jeunes africains.
  • 40:36 Le but étant de rendre l'Afrique moins vulnérable aux chocs exogènes.
  • 40:44 Il ne suffit pas de signer l'accord de libre échange,
  • 40:48 qui sera certes, une première étape importante,
  • 40:52 mais il faut aussi investir dans l'interconnexion entre les pays africains
  • 40:56 les lignes de transport pour faciliter le commerce.
  • 41:00 Il faut améliorer aussi la gouvernance frontalière
  • 41:04 aux points de contrôle,
  • 41:06 pour que la circulation des marchandises et des personnes
  • 41:11 soit beaucoup plus fluide et beaucoup plus aisée.
  • 41:18 Voilà Dominique, comment je pense
  • 41:20 que nous pouvons rendre nos pays bien plus résilients
  • 41:23 face aux chocs comme celui que nous connaissons actuellement,
  • 41:26 entraîné par la guerre en Ukraine.
  • 41:29 Et en même temps, je dois souligner le fait que nous devons aussi investir
  • 41:33 dans l'adaptation aux changements climatiques.
  • 41:35 En effet, les chocs climatiques vont continuer de se déclarer.
  • 41:40 Nous devons donc investir dans la résilience de notre agriculture
  • 41:45 et de nos systèmes alimentaires,
  • 41:46 mais aussi investir dans nos infrastructures.
  • 41:52 Je vous remercie.
  • 41:53 [Dominique Tchimbakala] Merci beaucoup Monsieur Ghanem.
  • 41:56 Je note qu'il reste beaucoup de choses à faire,
  • 42:01 en particulier dans le domaine des infrastructures.
  • 42:03 Une question pour vous Monsieur Diagana.
  • 42:05 Avant la crise en Ukraine,
  • 42:07 les chocs climatiques et les perturbations des chaînes d'approvisionnement
  • 42:12 augmentaient les prix des produits alimentaires de base.
  • 42:17 Avec cette crise, le prix de ces produits a augmenté,
  • 42:21 de même que l'insécurité alimentaire.
  • 42:24 Outre les réponses d'urgence, quelles sont les mesures que vous prévoyez
  • 42:27 ou que vous mettez déjà en place en Afrique de l'Ouest et Centrale
  • 42:31 en vue de renforcer la résilience dans les systèmes agro alimentaires,
  • 42:36 ainsi que la production agroalimentaire ?
  • 42:41 [Ousmane Diagana] Pour résumer
  • 42:42 ce qui doit être fait en Afrique de façon générale,
  • 42:47 y compris en Afrique Occidentale et en Afrique Centrale,
  • 42:55 et ce que Hafez a dit, c'est exactement ce qui se fait
  • 42:59 dans le cadre de notre partenariat avec des pays,
  • 43:04 je dirais de manière systématique.
  • 43:07 Aujourd'hui, quand on regarde le portefeuille global
  • 43:11 de la Banque mondiale dans ces pays avant cette crise en Ukraine,
  • 43:16 on a à peu près 100 milliards de dollars en Afrique de l'Ouest
  • 43:23 et en Afrique Centrale, 44 milliards de dollars.
  • 43:26 Donc ici, c'est en faveur des programmes
  • 43:30 dans les secteurs clés qui portent la croissance
  • 43:37 et qui sont là pour essayer de bâtir la résilience,
  • 43:41 lutter contre les vulnérabilités,
  • 43:43 accompagner la transformation structurelle des économies
  • 43:46 par la combinaison d'un appui aux réformes
  • 43:48 et d'un appui aux programmes d'investissement.
  • 43:52 Donc, dans les secteurs de l'agriculture,
  • 43:54 dans le secteur des infrastructures, dans le secteur du développement.
  • 43:57 Mais je dois dire que le rythme d'exécution des programmes en Afrique
  • 44:02 est généralement lent.
  • 44:05 Donc, dans ce montant que j'ai mentionné,
  • 44:09 les montants non décaissés sont beaucoup plus importants.
  • 44:13 C'est pour vous dire que les opportunités existent
  • 44:15 pour transférer des ressources supplémentaires aux pays
  • 44:19 mais la transformation de ces ressources en actions concrètes,
  • 44:22 malheureusement est faible.
  • 44:26 Mais, je dois aussi dire qu'il y a un accompagnement de la Banque mondiale
  • 44:33 dans les périodes de crise et selon des principes
  • 44:37 que je vais appeler les principes des trois V,
  • 44:40 la vitesse, le volume et je dirais la voix.
  • 44:45 La vitesse, c'est notre capacité de répondre très rapidement,
  • 44:49 comme on l'a fait par exemple dans la dernière crise,
  • 44:55 qui est la crise de la covid-19.
  • 44:58 Très rapidement, la Banque mondiale a mis une enveloppe
  • 45:00 de 160 milliards de dollars,
  • 45:03 dont à peu près 45 milliards sont allés aux pays africains
  • 45:07 et transformé un des programmes qui ont contribué
  • 45:10 à protéger la vie des populations, à protéger les moyens de subsistance,
  • 45:17 mais en même temps à les accompagner,
  • 45:19 pour se reprendre et reprendre leur économie de manière rapide.
  • 45:24 Le volume, j'ai déjà donné le montant.
  • 45:26 Mais la voix aussi est extrêmement importante.
  • 45:29 La banque se fait l'avocat,
  • 45:31 en disant que l'Afrique, c'est le continent de l'espoir,
  • 45:37 mais que c'est aussi le continent des difficultés.
  • 45:40 Et elle le fait sur la base d'études régulières que nous faisons
  • 45:43 et qui sont là de façon à informer les programmes
  • 45:48 que d'autres partenaires financent.
  • 45:51 Ces analyses sont également là pour sensibiliser les populations.
  • 45:57 Et cela a contribué de manière significative
  • 46:00 à tous ces financements de programmes de vaccination
  • 46:03 et de programmes de renforcement des systèmes sanitaires
  • 46:07 dans la période de la covid-19 pour limiter l'impact
  • 46:11 de cette dernière crise.
  • 46:15 Maintenant pour revenir de manière spécifique à votre question,
  • 46:19 vous savez, les conditions initiales des pays ne sont pas claires
  • 46:23 et également la structure des économies en Afrique ne sont pas les mêmes.
  • 46:28 Il y a des pays qui étaient déjà en situation de conflit,
  • 46:32 avec des instabilités sur plusieurs points.
  • 46:37 Je peux citer les pays du Sahel,
  • 46:41 où il y a des pays qui sont structurellement déficitaires
  • 46:46 en ce qui concerne la disponibilité des aliments,
  • 46:51 même en situation de paix, au regard des problématiques posées
  • 46:55 par le changement climatique et d'autres défis.
  • 46:58 Hafez en a rappelé beaucoup.
  • 47:01 Il y a également des pays dont l'économie est essentiellement basée
  • 47:09 sur la production et l'exportation de matières premières.
  • 47:12 Et cela peut être des matières premières agricoles
  • 47:14 ou des matières premières minières ou pétrolières.
  • 47:23 Donc, en tout état de cause,
  • 47:26 nous savons que généralement il y a des problèmes de gouvernance
  • 47:29 et que de ce fait, cela pose souvent des problèmes
  • 47:33 de transformation rapide de l'économie
  • 47:37 et pour créer des conditions de mieux être pour les populations.
  • 47:41 Donc, au regard de cela,
  • 47:43 et Albert l'a très bien dit, même dans cette situation de crise,
  • 47:47 ce que nous disons, c'est véritablement d'utiliser les espaces
  • 47:53 qui existent pour des réformes d'ordre politique,
  • 47:57 en particulier de modération de la gouvernance,
  • 48:00 mais en même temps, des réformes
  • 48:02 qui permettent aux secteurs qui créent la richesse
  • 48:07 de se développer davantage, de façon à faire en sorte
  • 48:10 que les opportunités liées à la crise puissent être réellement exploitées.
  • 48:16 L'Afrique est un continent riche.
  • 48:19 Les surfaces cultivables sont importantes.
  • 48:24 L'eau ne fait pas nécessairement défaut en Afrique.
  • 48:27 Les plus grands courants d'eau sont en Afrique.
  • 48:31 Le savoir ancestral des Africains
  • 48:35 en matière de production dans le secteur agricole est avéré.
  • 48:40 Mais pourquoi aujourd'hui,
  • 48:43 au moment où parce que deux pays sont en guerre,
  • 48:47 l'Afrique ne peut-elle pas créer les conditions
  • 48:50 pour se nourrir elle-même et même contribuer à l'alimentation mondiale.
  • 48:54 Je crois que cela doit être un éveil de conscience pour nous tous
  • 48:58 et la Banque mondiale doit jouer un rôle à ce niveau.
  • 49:02 Donc, nous saisirons véritablement, en accompagnant les pays,
  • 49:06 cette opportunité pour dire investissons de manière massive
  • 49:12 dans les secteurs de l'agriculture,
  • 49:15 la diversification de l'économie en Afrique.
  • 49:18 On doit voir les choses sous l'angle de comment utiliser
  • 49:21 le secteur de l'agriculture comme un vecteur de développement global.
  • 49:28 Deuxièmement, dans le secteur de l'énergie, le secteur gazier, etc.
  • 49:36 Les richesses sont importantes.
  • 49:38 J'estime qu'il y a des défis en phase avec d'autres débats
  • 49:42 liés aux changements climatiques,
  • 49:45 mais l'Afrique doit porter sa voix et les institutions de développement
  • 49:48 comme les nôtres doivent les accompagner,
  • 49:50 en disant, puisque vous êtes dotés de certaines matières premières,
  • 49:56 c'est le moment de vous accompagner à les transformer
  • 49:59 à travers des financements massifs,
  • 50:02 mais également à travers un renforcement des capacités
  • 50:05 pour que ces financements soient mieux utilisés.
  • 50:09 Mais, bien entendu, il faut répondre aussi au présent.
  • 50:13 Le présent, malheureusement, est que des familles,
  • 50:16 et donc des individus peinent à se nourrir,
  • 50:21 à trouver un moyen de subsistance.
  • 50:23 Et c'est la raison pour laquelle ces programmes de protection sociale,
  • 50:27 ces programmes de filets sociaux, sont cruciaux.
  • 50:30 Et puisque la crise est aussi liée à l'histoire de l'Afrique,
  • 50:35 ces dernières années, on a développé de manière rapide
  • 50:40 et avec beaucoup d'innovation, des mécanismes de protection sociale
  • 50:45 et accompagné des projets de filets sociaux dans beaucoup de pays.
  • 50:48 Madame la Ministre du Cameroun a parlé plus tôt
  • 50:50 des programmes de filets sociaux au Cameroun.
  • 50:53 On a la même chose au Sénégal, on a la même chose au Bénin.
  • 50:59 On a la même chose au Niger.
  • 51:00 On a la même chose au Tchad
  • 51:01 et on doit continuer à faire ce genre de programme.
  • 51:06 Mais pour finir, mon rôle c'est de dire,
  • 51:09 on ne doit pas nous limiter à des programmes
  • 51:11 qui sont de nature à répondre à des situations de court terme
  • 51:16 et à les faire en réaction.
  • 51:19 Il faut créer les conditions
  • 51:21 de répondre avec anticipation, de manière proactive à l'échec.
  • 51:28 Je pense que c'est ce qui permettra à l'Afrique,
  • 51:30 non seulement de répondre
  • 51:32 aux préoccupations du moment, du quotidien,
  • 51:34 mais également d'être sur une voie durable
  • 51:36 de croissance et de développement, qui sont une des conditions préalables
  • 51:42 pour que la paix et la stabilité soient aussi les règles en Afrique.
  • 51:48 Parce que malheureusement, c'est aussi une région de conflits
  • 51:53 et ces conflits doivent s'estomper.
  • 51:56 Merci beaucoup.
  • 52:04 [Dominique Tchimbakala] Un grand merci Monsieur Diagana
  • 52:08 de cette démonstration,
  • 52:11 nous remercions également l'ensemble de nos intervenants lors de ce débat.
  • 52:16 N'oubliez pas, auditrices et auditeurs,
  • 52:19 de participer à la discussion sur internet
  • 52:22 avec le hashtag #AfricaSOR.
  • 52:26 Et avant de passer aux prochains sujets de discussion,
  • 52:29 nous allons à nouveau entendre des voix du terrain.
  • 52:31 Nous allons voir comment les systèmes de protection sociale
  • 52:34 viennent en aide aux personnes défavorisées.
  • 52:36 Nous allons visionner tout de suite un clip qui nous vient du Togo,
  • 52:40 qui nous donne un exemple d'une communauté
  • 52:44 qui a tenté ensemble de résoudre le problème de l'absentéisme
  • 52:49 et du déficit d'apprentissage
  • 52:51 en investissant dans les cantines scolaires
  • 52:53 et le capital humain des enfants.
  • 52:55 Regardons cela ensemble.
  • 52:56 [Savez-vous ce que signifie pour un enfant d’avoir faim à l’école ?]
  • 53:10 [Au Togo, un pays d’Afrique de l’Ouest, des cantines scolaires
  • 53:14 nourrissent la scolarité des enfants.]
  • 53:22 [Près de 100 000 élèves dans le pays reçoivent un repas chaud quotidien.]
  • 53:35 [Ce programme financé par la Banque mondiale vise à améliorer
  • 53:39 les apprentissages et l’assiduité et à développer le capital humain.]
  • 53:48 [Toute la communauté est mobilisée
  • 53:52 pour offrir un avenir meilleur à ses enfants.]
  • 54:09 [Dominique Tchimbakala] Voici donc qui illustre
  • 54:13 l'importance du travail au niveau des communautés
  • 54:16 et des systèmes de solidarité en vue de renforcer la résilience,
  • 54:21 ce qui nous emmène vers notre prochain sujet,
  • 54:25 adapter les futurs programmes de protection sociale
  • 54:29 en vue de renforcer la résilience en Afrique.
  • 54:32 Je souhaite la bienvenue à nos intervenants.
  • 54:36 Irène Bourguibadsa ministre des Affaires sociales...
  • 54:40 [Romuald Wadagni] Dominique, est ce que vous m'entendez ?
  • 54:43 Excusez moi. Je voulais juste dire quelques mots
  • 54:45 avant que nous passions au sujet suivant, mais vous n'avez pas vu ma main levée.
  • 54:51 [Dominique Tchimbakala] Je vous prie de m'excuser.
  • 54:53 [Romuald Wadagni] J'aimerais intervenir brièvement
  • 54:55 avant que nous passions au deuxième sujet.
  • 54:57 [Dominique Tchimbakala] Oui,
  • 54:59 mais je vous prie d'être concis car malheureusement, le temps passe.
  • 55:04 [Romuald Wadagni] Tout a été dit,
  • 55:05 mais il est important de réagir sur deux sujets.
  • 55:08 Le premier, tout à l'heure, Albert, l'a très bien indiqué.
  • 55:12 Donc 2022 [inaudible]
  • 55:14 On a noté une reprise avec une croissance de 4 % en Afrique.
  • 55:18 Je voulais rajouter que c'est une croissance
  • 55:20 qui a été beaucoup plus technique qu'inclusive.
  • 55:25 Quand on a chuté fortement en 2020,
  • 55:27 la reprise a été beaucoup plus technique et pas si inclusive que ça, la preuve,
  • 55:30 dans le rapport de l'Agence française de développement sur l'Afrique en 2022,
  • 55:35 on a noté qu'en 2021, il y a 33 millions de nouveaux pauvres en Afrique.
  • 55:39 Et c'était ça que je voulais indiquer et que chacun ait ça à l'esprit,
  • 55:42 c'est-à-dire que certes l'Afrique a connu un rebond
  • 55:45 qui a été beaucoup plus technique…
  • 55:47 Alors… et c'est pour ça que…
  • 55:49 comment on fait quand on a 33 millions de personnes
  • 55:51 qui n'étaient pas pauvres, qui sont devenues pauvres ?
  • 55:53 Il faut et bien entendu… les outils ont été indiqués
  • 55:55 tout à l'heure par la plupart des intervenants : Ousmane, Hafez, Albert.
  • 55:59 Mais je veux insister sur le fait que l'outil « Social Protection »
  • 56:03 qu'on va mettre, il faut avoir à l'esprit que
  • 56:06 quand des gens qui n'étaient pas pauvres sont devenus pauvres,
  • 56:09 les outils de filets sociaux que vous leur donnez
  • 56:11 doivent avoir à cœur une démarche productive.
  • 56:14 Ce n'est pas, comment faire pour que les gens tiennent,
  • 56:17 c'est comment faire pour les ramener vers la production,
  • 56:20 qu'ils soient des acteurs de la production de richesse dans le pays.
  • 56:24 Ça, c'est quelque chose qu'il faut vraiment avoir à cœur.
  • 56:26 Et un deuxième commentaire qui me semble très important.
  • 56:29 Albert l'a indiqué tout à l'heure, 2022, il y a des opportunités pour certains pays
  • 56:33 il l'a souligné pour ceux qui notamment exportent.
  • 56:36 Compte tenu de la montée des prix, notamment du pétrole, etc.,
  • 56:40 je voudrais dire en fait que c'est une opportunité pour tous les pays d'Afrique.
  • 56:44 Et quand on a bien écouté Hafez et Ousmane, tout le monde doit se dire
  • 56:48 qu'il faut continuer l'agenda, les quatre piliers de ce qui doit être
  • 56:51 la préoccupation de l'ensemble des économies africaines.
  • 56:55 La première la diversification, on l'a dit.
  • 56:57 La deuxième, les réformes fiscales.
  • 56:59 L'Afrique aujourd'hui est le périmètre où il y a le moins de prélèvement,
  • 57:02 le moins de mobilisation, des ressources domestiques.
  • 57:04 Mais qui a le plus de besoins d'investissements ...
  • 57:06 Donc les réformes doivent continuer malgré la crise, quel qu'il soit.
  • 57:10 Troisième chose, c'est le capital humain.
  • 57:11 Et ma collègue du Cameroun l'a dit,
  • 57:13 tout ce qui tourne autour de la promotion professionnelle pour permettre
  • 57:17 d'avoir des personnes qui sont adaptées aux besoins de la production de richesse,
  • 57:20 soit le troisième pilier
  • 57:22 et enfin, le quatrième pilier, c'est l'intégration régionale.
  • 57:24 Aucun pays ne se développera en restant seul.
  • 57:26 Donc c'est quatre piliers qui pour moi sont importants.
  • 57:29 On n'arrête pas de le dire et ça a été souligné.
  • 57:32 Et si ce n'était pas Hafez, c'était Ousmane.
  • 57:33 Il faut que nos pays,
  • 57:35 nos dirigeants gardent en tête ces quatre et qu'on continue à le faire.
  • 57:38 C'est dommage qu'aujourd'hui,
  • 57:40 certains pays ont encore leurs frontières fermées alors qu'aujourd'hui,
  • 57:42 après la COVID, c'est ouvert
  • 57:43 et donc la nécessité de mettre en application la zone de libre-échange,
  • 57:47 de diversifier nos partenariats
  • 57:49 et de mieux intégrer nos économies doit être une préoccupation.
  • 57:52 Ça me semblait important.
  • 57:53 En tant que ministre des Finances,
  • 57:54 je ne pouvais pas être là, et ne pas le dire.
  • 57:56 Merci beaucoup et désolé d'avoir perturbé votre…
  • 58:07 Ce n’était pas vraiment une interruption
  • 58:08 parce que vraiment, cela nous permet de passer sans transition
  • 58:12 à notre deuxième table ronde
  • 58:15 et évidemment l'adaptation du programme de protection sociale
  • 58:19 pour renforcer la résilience en Afrique.
  • 58:21 Permettez-moi de souhaiter la bienvenue à tous nos intervenants.
  • 58:27 Alors, Zeinabou Hadari, Directrice de cabinet adjointe Primature, Niger.
  • 58:33 Belarmino Jelembi,
  • 58:35 directeur général de l'Institut local du développement en Angola
  • 58:38 et James Oduor du Kenya, ancien directeur général
  • 58:41 de l'Autorité nationale de gestion de la sécheresse au Kenya.
  • 58:45 Bienvenue à vous tous !
  • 58:47 Pour rappel,
  • 58:49 pour cette table ronde, je vous demande, je vous prie vivement d'être concis,
  • 58:54 bref, et aussi dans les réponses aux questions que je vais poser
  • 58:58 parce que le temps est court et est essentiel.
  • 59:01 Alors, première question, pour Madame Hadari.
  • 59:05 Avez-vous présenté de nouveaux programmes de protection sociale
  • 59:10 pour contrecarrer les effets négatifs de la pandémie et d'autres problèmes
  • 59:16 sur les pays les plus pauvres et sur l'économie
  • 59:19 dans le cadre de vos programmes ?
  • 59:22 [Zeinabou Hadari] Merci pour l'opportunité.
  • 59:25 En effet, avec la COVID
  • 59:28 et la particularité du Niger qui est quand même un pays du Sahel
  • 59:32 qui est confronté à toutes les vulnérabilités,
  • 59:36 à de chocs récurrents,
  • 59:41 aux effets, justement, des changements climatiques
  • 59:46 par rapport à la protection sociale.
  • 59:49 Il y a toute une nouvelle orientation qui s'est imposée face à cela.
  • 59:54 Donc, cette orientation consiste à renforcer
  • 59:58 les interventions basées sur les filets sociaux adaptatifs habituels
  • 01:00:04 qu'on connaissait et qui étaient vraiment concentrées sur des activités
  • 01:00:07 de transfert d'argent au profit des ménages vulnérables.
  • 01:00:11 Et…
  • 01:00:14 à insérer donc une innovation
  • 01:00:17 en mettant l'accent sur la production des métiers et des vulnérables,
  • 01:00:20 qui emploie donc l'essentiel de la force productive du pays.
  • 01:00:25 C'est un petit changement de paradigme
  • 01:00:28 par rapport à la démarche des programmes de filets sociaux habituels
  • 01:00:32 qui portent plus sur les ménages vulnérables et non les métiers.
  • 01:00:37 Donc, à cet effet,
  • 01:00:40 l'objectif est de mettre en place un système de prévention
  • 01:00:43 qui permet de soutenir certaines activités économiques en cas de choc
  • 01:00:48 comme celui justement de la COVID-19
  • 01:00:51 et comme vous le savez, les métiers de l'agriculture, de la restauration,
  • 01:00:54 de l'artisanat, du transport, pour ne citer que ceux-là,
  • 01:00:58 ont été fortement affectés par la crise de la COVID.
  • 01:01:03 Et la plupart de ces métiers sont animés
  • 01:01:06 par des femmes, par des jeunes et souvent ils ont été contraints
  • 01:01:11 de vendre leurs outils de production,
  • 01:01:13 c'est à dire leur capital pour pouvoir satisfaire
  • 01:01:19 Certains besoins de consommation ou de soins.
  • 01:01:23 Et c'est pour cela que…
  • 01:01:27 dans l'axe sept
  • 01:01:30 de la Déclaration de politique générale du Premier ministre,
  • 01:01:34 il a été clairement intitulé « Solidarité et inclusion socio-économique »
  • 01:01:40 pour rappeler justement ce changement de paradigme
  • 01:01:45 et la nécessité de pouvoir prendre en charge
  • 01:01:51 cette approche centrée sur les métiers et sur les secteurs productifs.
  • 01:01:59 C'est surtout cela qui est le changement qui a été apporté
  • 01:02:05 dans… disons la conception,
  • 01:02:09 l'organisation du système de protection sociale
  • 01:02:12 et qui va l'influencer certainement.
  • 01:02:16 Bien évidemment, nous ne remettons pas en cause totalement l'apport
  • 01:02:23 que nous ont apporté l'approche basée sur les filets sociaux
  • 01:02:29 qui nous ont quand même permis
  • 01:02:35 d'accroître les acquis de la mise en œuvre de la protection sociale au Niger,
  • 01:02:42 avec l'appui des partenaires, notamment de la Banque mondiale.
  • 01:02:45 Mais la nécessité de passer à un changement,
  • 01:02:48 à une innovation a été d'ailleurs soutenue par la plupart des intervenants
  • 01:02:54 ici et qui sont des autorités de la Banque mondiale.
  • 01:02:58 Cette nouvelle vision,
  • 01:02:59 nous la partageons amplement et nous sommes dans l'optique
  • 01:03:05 de rester dans cette logique et de la mettre en œuvre.
  • 01:03:18 [Dominique Tchimbakala]
  • 01:03:20 Merci Madame le Ministre.
  • 01:03:22 Alors une question à l'égard de monsieur Jelembi de l'Angola :
  • 01:03:26 dans votre pays, quel est le rôle que jouent les programmes
  • 01:03:33 de protection sociale et surtout les filets de sécurité sociale ?
  • 01:03:39 Comment avez-vous adapté vos programmes dans votre contexte
  • 01:03:43 pour encore aller plus loin
  • 01:03:45 dans le sens des populations les plus affectées aujourd'hui ?
  • 01:03:51 Et non je suis au niveau de ce pays.
  • 01:03:59 Dans notre pays, en ce moment et en ces temps,
  • 01:04:05 Nous avons divers programmes
  • 01:04:08 complémentaires et de protection sociale surtout.
  • 01:04:12 Et ces programmes, en fait, sont évidemment importants
  • 01:04:16 et l'un d'entre eux est particulièrement important, car il tente de réunir
  • 01:04:23 quelques approches, trois approches.
  • 01:04:27 Tout d'abord, le transfert d'espèces aux familles.
  • 01:04:33 1 600 000 familles.
  • 01:04:36 Surtout et parallèlement et par rapport à cette dimension
  • 01:04:41 et à ce stade-ci,
  • 01:04:44 quelque 140 000 familles aux bénéficiaires soucieux de votre dimension.
  • 01:04:51 Et là, c'est l'inclusion dans le tissu productif
  • 01:04:55 de l'économie et c'est l'un des piliers des programmes de protection sociale.
  • 01:05:01 Et simultanément,
  • 01:05:05 se doter d'une vision à plus long terme, car à ce stade, il convient également
  • 01:05:11 de renforcer et d'améliorer notre système de registre social.
  • 01:05:16 Et cela permettra au pays de se préparer, d'être prémuni et d'être plus robuste
  • 01:05:22 afin de pouvoir faire face aux situations difficiles et surtout pour les ménages
  • 01:05:28 et familles qui se trouvent à un niveau de pauvreté et de vulnérabilité accrues.
  • 01:05:35 Tout au long de cette période,
  • 01:05:40 nous avons également fait des progrès en matière de processus d'humanisation
  • 01:05:48 et comme c'est une vaste dimension, évidemment,
  • 01:05:52 dans le cadre de ces programmes de protection sociale,
  • 01:05:55 nous avons commencé à davantage favoriser
  • 01:06:00 les programmes, les activités de numérisation,
  • 01:06:02 les technologies et surtout pouvoir les offrir à des familles en situation…
  • 01:06:09 avec un niveau de pauvreté plus important
  • 01:06:14 et donc un grand nombre de particuliers
  • 01:06:16 ont à présent pu ouvrir leur compte en banque.
  • 01:06:20 Et il me semble qu'il est intéressant de mentionner ceci ici.
  • 01:06:25 D'élargir les réseaux au niveau des municipalités.
  • 01:06:31 Cela entend une action sociale
  • 01:06:34 auprès des populations, dans des petites installations et surtout
  • 01:06:40 dans les régions les plus pauvres, mais aussi en ayant un regard tourné
  • 01:06:47 vers le long terme, vers l'avenir à long terme.
  • 01:06:49 Et cela veut dire des actions régulières, ponctuelles, sporadiques.
  • 01:06:55 Et là, il conviendra de structurer un système qui permettra aux familles
  • 01:07:02 telles que l'on a dit tout à l'heure, permettant aux familles justement
  • 01:07:08 de se hisser hors de leur état actuel de pauvreté
  • 01:07:14 afin de leur permettre ainsi d'être en situation plus stable
  • 01:07:19 et pouvoir avoir accès à l'emploi.
  • 01:07:22 [Dominique Tchimbakala] Merci Ministre Jelembi.
  • 01:07:27 Autre question pour vous qui faites face à des problèmes de sécheresse
  • 01:07:33 et vous M. James Oduor, qui êtes ancien directeur général
  • 01:07:36 de l'Autorité nationale de gestion de la sécheresse au Kenya.
  • 01:07:42 Que pensez-vous du renforcement de la résilience
  • 01:07:45 des groupes les plus vulnérables du point de vue social pour que ceux-ci puissent
  • 01:07:49 mieux faire face aux chocs futurs et renforcer leur résilience ?
  • 01:07:53 [James Oduor] Alors, j'espère que vous entendez
  • 01:07:55 pour répondre à ces questions,
  • 01:07:57 je vais vous donner un exemple de la situation aujourd'hui au Kenya.
  • 01:08:03 Et ce aussi par rapport à la sécheresse.
  • 01:08:04 Il y a tant d'activités de protection sociale en ce moment.
  • 01:08:08 Mais ici, je souhaiterais me concentrer
  • 01:08:11 sur un des programmes de transfert d'espèces et de filets de sécurité,
  • 01:08:18 et ce en matière de diverses activités de protection sociale.
  • 01:08:24 Et évidemment, je sais que je n'ai pas beaucoup de temps, donc je serai bref.
  • 01:08:27 Premièrement, au Kenya,
  • 01:08:31 nous avons constaté
  • 01:08:34 les exemples les meilleurs, surtout pour pouvoir atténuer les impacts
  • 01:08:40 du changement climatique et diminuer la sécheresse.
  • 01:08:45 Donc, ce sont des programmes de protection sociale
  • 01:08:49 qui englobent ou qui contiennent des transferts d'espèces pour protéger
  • 01:08:55 les ménages dans les comtés les plus pauvres, les plus vulnérables
  • 01:09:01 et où justement, l'impact de la sécheresse peut s'avérer très grave.
  • 01:09:04 Dans ces régions où ces programmes sont exécutés.
  • 01:09:11 Eh bien là,
  • 01:09:12 on commence à lancer des activités d'inscription à des registres
  • 01:09:17 pour les personnes et surtout pour permettre aussi en même temps
  • 01:09:21 l'ouverture de compte en banque pour les familles
  • 01:09:27 et surtout sur la base des informations
  • 01:09:30 englobées dans les registres contenant diverses informations sur ces ménages
  • 01:09:36 et ce sont des programmes qui durent déjà depuis pas mal de temps.
  • 01:09:39 Et depuis d'ailleurs 2009, ce programme particulier a été évalué
  • 01:09:46 et soumis tant de fois qu'il a été bel et bien confirmé
  • 01:09:50 que les transferts d'espèces permettent aux bénéficiaires les plus pauvres
  • 01:09:54 de faire face aux carences
  • 01:09:57 et aussi aux problèmes de sécurité alimentaire
  • 01:10:03 ou d'insécurité alimentaire, et surtout pour qu'ils puissent se doter
  • 01:10:08 de stratégies pour prendre à bras le corps ces problèmes ou mieux y faire face,
  • 01:10:14 surtout pour ceux qui n'ont que peu d'avoirs par ces temps difficiles.
  • 01:10:19 Les programmes de protection sociale dont je parle
  • 01:10:24 peuvent vraiment bien protéger les ménages.
  • 01:10:26 Et dans le même domaine,
  • 01:10:29 nous avons aussi un mécanisme permettant de mieux faire face aux chocs,
  • 01:10:35 aux chocs futurs et aux chocs les plus importants.
  • 01:10:38 Ces programmes de protection sociale d'urgence sont des programmes
  • 01:10:45 qui sont automatiquement déclenchés par des systèmes d'alerte précoce
  • 01:10:50 et aussi dans le cadre de systèmes
  • 01:10:52 d'ouverture de compte en banque pour les personnes.
  • 01:10:55 Mais il faut évidemment avoir pour fondement l'information
  • 01:10:59 et les données sur des personnes.
  • 01:11:01 Donc, cela permet de transférer ces programmes de façon bien plus rapide,
  • 01:11:07 de les exécuter plus rapidement.
  • 01:11:09 Et cela est essentiel,
  • 01:11:10 surtout dans cette situation de choc et de crise.
  • 01:11:14 L'ouverture de compte en banque,
  • 01:11:16 surtout dans des conditions idoines
  • 01:11:21 et évidemment à faible coût ;
  • 01:11:25 cela pour que les familles puissent mieux
  • 01:11:28 faire face aux impacts des chocs et impacts du changement climatique.
  • 01:11:35 Je voudrais ici mettre en exergue trois éléments.
  • 01:11:38 Premièrement, voici une réalité :
  • 01:11:41 les ménages font face à de nombreux risques et là…
  • 01:11:47 nos mécanismes de stabilisation doivent être réactifs et surtout
  • 01:11:53 pouvoir courir davantage de chocs, non seulement par l'intermédiaire
  • 01:11:58 des transferts de monnaie, d'espèces, d'argent,
  • 01:12:02 mais aussi par d'autres activités et programmes de protection sociale
  • 01:12:07 qui se concentrent sur le renforcement de la résilience des activités
  • 01:12:11 qui sont en cours aujourd'hui
  • 01:12:12 et qui permettent d'avoir des actions viables et continues.
  • 01:12:20 Autant d'activités où nous nous rendons compte
  • 01:12:24 de l'utilité de ces programmes de protection sociale
  • 01:12:29 et aussi couvrir davantage de personnes
  • 01:12:31 de bénéficiaires pendant les périodes de grande sécheresse.
  • 01:12:36 Non seulement un transfert de liquidités, d'argent, mais aussi des programmes
  • 01:12:42 pour permettre aux communautés
  • 01:12:44 de mieux faire face aux risques qu'elles subissent.
  • 01:12:47 Des activités complémentaires en même temps,
  • 01:12:51 non seulement des programmes de protection sociale
  • 01:12:53 sociale et de transfert d'argent, mais d'autres complémentaires
  • 01:12:59 qui accompagneront les activités et programmes de protection sociale.
  • 01:13:04 Donc, c'est tous ces programmes simultanément pour renforcer
  • 01:13:09 la résilience et diminuer l'impact des aléas du changement climatique.
  • 01:13:15 Et enfin, et non des moindres,
  • 01:13:17 à partir du moment où tout ceci commence à se faire,
  • 01:13:20 de toute évidence, la mobilisation de ressources est
  • 01:13:25 une considération importante et il convient de mettre l'accent sur cela
  • 01:13:30 et se doter de la stratégie la plus idoine afin que des modalités de financement
  • 01:13:36 diverses puissent être mises à disposition dans le cas de régime,
  • 01:13:40 de pensions et d'assurances, et aussi grâce à des fonds qui existent
  • 01:13:45 ou qui peuvent être créés, parfois au niveau du secteur public,
  • 01:13:50 des programmes d'assistance sociale et d'assurance au niveau
  • 01:13:55 des pouvoirs publics, au niveau central, national et régional.
  • 01:13:58 Merci.
  • 01:14:03 [Dominique Tchimbakala] Je pose une question à tous et chacun
  • 01:14:07 et d'abord merci beaucoup de cette discussion très intéressante.
  • 01:14:11 Maintenant, nous allons voir une vidéo
  • 01:14:14 et nous allons aller vers Madagascar où (inaudible) et sa famille font partie
  • 01:14:20 des quelque 160 000 ménages qui ont bénéficié d'un programme
  • 01:14:26 de transfert d'argent, pour les ménages les plus vulnérables
  • 01:14:30 qui subissent de plein fouet l'impact de la pandémie de la COVID 19.
  • 01:14:35 Je vous propose de voir cette vidéo.
  • 01:14:39 Je m'appelle Bodo Narindra Ravaonirina. J’habite à Sabotsy Namehana.
  • 01:14:43 J’ai 39 ans, cinq enfants et j’en attends un sixième.
  • 01:14:49 Je vends des légumes pour nourrir mes enfants.
  • 01:14:52 Je me lève tous les matins à 4h pour aller chercher mes produits.
  • 01:14:59 Avant le programme Ankohonana Miarina [« Remettre d’aplomb les familles »],
  • 01:15:03 j’étais totalement désespérée, nous n’avions rien à manger
  • 01:15:08 et mes enfants n'allaient plus à l’école depuis deux mois.
  • 01:15:14 Puis les aides sont arrivées et ça m’a beaucoup soulagée. J’ai vu la fin du tunnel
  • 01:15:27 et j’ai dit à mes enfants qu’ils pouvaient retourner
  • 01:15:30 à l’école, que nous allions remonter la pente.
  • 01:15:34 Ils sont retournés en classe et nous avons pu manger à nouveau à notre faim.
  • 01:15:37 Ce soutien m’a énormément aidée et m’a apporté un véritable coup de pouce.
  • 01:15:51 [Dominique Tchimbakala] Nous approchons désormais de la fin de notre programme.
  • 01:15:55 Je suis également la conversation en ligne
  • 01:16:03 et j'ai recueilli des commentaires de nos spectateurs.
  • 01:16:06 D'abord, une question que je vais poser à tout le monde.
  • 01:16:09 Je voudrais revenir vers les ministres de l'Angola, du Bénin et du Cameroun.
  • 01:16:19 Quel était le rôle des programmes de protection sociale
  • 01:16:24 dans la réponse aux dernières crises,
  • 01:16:26 y compris la pandémie?, Monsieur le Ministre du Bénin.
  • 01:16:29 Si vous souhaitez commencer.
  • 01:16:39 M. Wadagni, êtes-vous avec nous ?
  • 01:16:49 Je pense qu'il a dû nous quitter.
  • 01:16:53 Alors peut-être que cette question
  • 01:16:54 s'adresse à Mme Nguene du Cameroun, si vous souhaitez répondre.
  • 01:17:00 Votre micro est éteint.
  • 01:17:03 Voilà, ça y est. [Pauline Irène Nguene] Merci. Désolée.
  • 01:17:09 Je vous remercie de m'avoir donné à nouveau la parole.
  • 01:17:13 Cette question est une occasion pour moi d'évoquer les filets sociaux.
  • 01:17:17 Et si vous y consentez, je répondrais en français.
  • 01:17:20 Les mesures de protection sociale adaptatives
  • 01:17:24 que le gouvernement a engagées avec le soutien de ses partenaires
  • 01:17:29 pour accompagner la résilience macro-économique devraient
  • 01:17:34 en effet pouvoir limiter les risques et les chocs sociaux.
  • 01:17:38 Il s'agit pour nous de poursuivre et de renforcer ces mesures d'assistance
  • 01:17:44 et d'assurances sociales ciblées pour aider les populations
  • 01:17:48 et particulièrement les maillons les plus vulnérables à faire face à cette situation.
  • 01:17:55 C'est donc le lieu, au moins ici,
  • 01:17:57 d'évoquer le projet des filets sociaux adaptatifs et d'inclusion économique
  • 01:18:02 que le gouvernement lance avec le soutien de la Banque mondiale.
  • 01:18:06 Et dans ce projet, il y a une composante
  • 01:18:09 qui est en train d'être implémentée dans notre ministère que nous avons appelée
  • 01:18:15 Registre social unifié et le registre social unifié qui est mise en place,
  • 01:18:21 qui est en cours, permettra d'identifier et de canaliser rapidement et efficacement
  • 01:18:28 le soutien des ménages, tout en renforçant la coordination
  • 01:18:33 entre les agences gouvernementales et les partenaires au développement.
  • 01:18:38 C'est quoi ce registre social unifié ?
  • 01:18:40 Il est appelé à jouer un double rôle.
  • 01:18:42 D'abord un rôle de politique sociale comme système d'inclusion,
  • 01:18:47 et ensuite un rôle opérationnel comme système d'information sociale
  • 01:18:52 sur les conditions socio-économiques des populations pauvres et vulnérables,
  • 01:18:57 particulièrement utile en période de chocs
  • 01:19:01 comme vous l'avez souligné tout à l'heure.
  • 01:19:04 Il permettra, ce projet-là, aux programmes d'assistance sociale,
  • 01:19:09 d'inscrire de nouveaux ménages et d'étendre le soutien aux bénéficiaires
  • 01:19:15 actuels sur la base des critères spécifiques que nous allons élaborer
  • 01:19:19 là où cela est nécessaire et à temps, et en améliorant ainsi notre capacité
  • 01:19:25 à répondre au risque d'agitation sociale qui pourrait survenir.
  • 01:19:29 Donc oui, le projet registre social viendrait barrer
  • 01:19:34 la voie au risque d'agitation sociale.
  • 01:19:51 [Dominique Tchimbakala] Merci Mme Nguene.
  • 01:19:56 L'image est gelée, mais je pense que vous aviez déjà proposé
  • 01:20:01 la réflexion que vous souhaitiez partager avec l'assemblée.
  • 01:20:05 Je voudrais poser la même question à M. Jelembi
  • 01:20:07 de l'Angola si vous souhaitez répondre
  • 01:20:11 ou M. Caetano, excusez-moi, il est avec nous.
  • 01:20:15 Vous avez la parole.
  • 01:20:22 [M. A. Caetano Joao] Merci, Mme Tchimbakala.
  • 01:20:28 Effectivement, nous avons dû agir avec agilité et avec détermination.
  • 01:20:37 D'autant plus qu'entre 2016 et 2020, l'Angola était dans un cycle de récession.
  • 01:20:47 Il y a eu une crise économique
  • 01:20:48 et financière en Angola et ensuite la COVID 19 est venue s'y ajouter.
  • 01:20:54 Ces chocs se sont manifestés
  • 01:20:57 par une augmentation du chômage,
  • 01:21:00 par une réduction des revenus des familles et par l'augmentation du taux de pauvreté.
  • 01:21:09 Nous avons donc mis en place des programmes de transfert d'espèces
  • 01:21:17 pour remplacer les subventions, y compris les subventions aux carburants.
  • 01:21:26 Nous avons lancé ces transferts avec l'aide de la Banque mondiale.
  • 01:21:33 Actuellement, nous avons un programme
  • 01:21:35 qui s'adresse aux ménages les plus vulnérables.
  • 01:21:41 Nous avons déjà enregistré plus de 300 000 familles
  • 01:21:45 dans le cadre de ce programme et nous avons lancé notre programme
  • 01:21:49 de transferts d'espèces à ces centaines de milliers de familles.
  • 01:21:53 Notre objectif étant de parvenir à 1 600 000 familles.
  • 01:22:01 Ce programme se subdivise en trois catégories principales.
  • 01:22:05 D'abord, les transferts monétaires sociaux.
  • 01:22:09 Ensuite, l'inclusion.
  • 01:22:13 Puisque nous voulons faire le lien entre ces transferts et l'inclusion
  • 01:22:19 à la vie productive, nous voulons que les individus puissent
  • 01:22:23 pleinement bénéficier de ces transferts pour se lancer dans une activité économique
  • 01:22:27 quelle qu'elle soit, et ainsi passer au-dessus du seuil de pauvreté.
  • 01:22:32 Et le troisième pilier
  • 01:22:35 c'est la généralisation de la protection sociale.
  • 01:22:43 Outre cela, nous avons également constaté
  • 01:22:47 lors de la crise sanitaire, que beaucoup d'opérateurs économiques
  • 01:22:56 se sont retrouvés dans le secteur informel.
  • 01:23:04 Et donc, en décembre dernier,
  • 01:23:05 nous avons lancé un grand programme qui s'adresse à l'économie informelle.
  • 01:23:13 En vue de lui accorder un ensemble de services publics.
  • 01:23:20 Et faire en sorte qu'il puisse sortir de l'informalité.
  • 01:23:26 Et puis, nous voulions aussi agir
  • 01:23:28 sur le front des marchés financiers, accorder un accès au crédit
  • 01:23:33 qui permettrait, et ça a été le cas, d'augmenter l'activité économique.
  • 01:23:38 La plupart des services que nous avons
  • 01:23:40 à ce titre sont très populaires, notamment les microcrédits.
  • 01:23:47 Désormais, de nombreuses personnes sont en mesure d'en bénéficier.
  • 01:23:52 Et nous avons également des services d'intégration financière,
  • 01:23:57 donc nous nous sommes associés à des banques commerciales.
  • 01:24:04 Nous avons également mené de nombreuses formations
  • 01:24:06 pour la gestion d'entreprise, la comptabilité et ainsi de suite.
  • 01:24:14 Et puis, bien sûr, nous avons décidé
  • 01:24:18 d'intégrer les services de gestion financière mobiles.
  • 01:24:26 Pour ces services, tout particulièrement,
  • 01:24:31 ce service sera très utile pour nous,
  • 01:24:33 pour nous assurer que ces transferts d'argent
  • 01:24:38 vont effectivement au bénéficiaire prévu.
  • 01:24:43 Raison pour laquelle les services mobiles seront d'une importance particulière.
  • 01:24:47 Et puis, dans notre processus de formalisation de l'économie informelle,
  • 01:24:53 nous allons rencontrer des situations comme les confinements.
  • 01:24:57 Lors des confinements,
  • 01:24:59 nous avons forcé les acteurs économiques
  • 01:25:02 à rester chez eux et à s'abstenir de toute activité économique.
  • 01:25:10 Et donc ,il était indispensable
  • 01:25:13 de transférer des fonds aux personnes qui en avaient besoin.
  • 01:25:18 Autrement dit, nous sommes encore en train de consolider notre approche.
  • 01:25:22 Mais nous avons déjà formalisé
  • 01:25:31 l'emploi de plus de 150 000 femmes, en particulier sur les marchés.
  • 01:25:35 Notre cible est de 300 000 pour cette année
  • 01:25:38 et nous pensons que l'année prochaine,
  • 01:25:42 nous allons commencer à utiliser des technologies disruptives.
  • 01:25:49 Afin que ces personnes puissent rester dans le secteur formel,
  • 01:26:00 et utiliser ces technologies
  • 01:26:02 pour consolider leur place dans le secteur formel.
  • 01:26:08 Voilà les approches que nous avons adoptées,
  • 01:26:13 pour répondre à ces défis,
  • 01:26:17 j'espère que nous pourrons rapidement en voir les retombées positives.
  • 01:26:22 Merci.
  • 01:26:23 [Dominique Tchimbakala] Merci beaucoup M. Caetano Joao.
  • 01:26:30 Nous en arrivons presque à la fin de notre programme
  • 01:26:32 qui dure depuis près d'une heure et demie.
  • 01:26:36 Je voudrais me tourner vers vous M. Ousmane Diagana
  • 01:26:39 et M. Hafez pour quelques brefs mots de clôture.
  • 01:26:44 Peut-être que vous pourriez nous dire
  • 01:26:48 quelle sera la principale chose que vous retiendrez de ce débat ?
  • 01:26:52 La parole est à vous, M. Diagana.
  • 01:26:56 [Ousmane Diagana] Encore merci, Dominique,
  • 01:26:59 et je remercie l'ensemble des participants de leur contribution importante.
  • 01:27:04 Le dialogue aujourd'hui a été très interactif.
  • 01:27:11 Je voudrais simplement dire que les filets de sécurité
  • 01:27:19 sont indispensables
  • 01:27:25 et que nous sommes tous engagés à poursuivre sur la voie actuelle.
  • 01:27:29 De notre côté, soyez certains que nous allons continuer
  • 01:27:32 de renforcer les programmes que nous avons en cours
  • 01:27:38 et de nous adapter à la situation des pays qui est en constante évolution.
  • 01:27:45 Ensuite,
  • 01:27:48 je dirais que les conséquences de la guerre en Ukraine
  • 01:27:55 pourraient également être une opportunité pour nous tous.
  • 01:27:59 C'est l'occasion d'investir davantage
  • 01:28:01 sur les programmes qui favoriseront la résilience.
  • 01:28:06 Mais surtout, c'est l'occasion pour nous de transformer
  • 01:28:10 de manière structurelle nos économies en investissant dans l'agriculture,
  • 01:28:16 dans les infrastructures et de manière générale dans la connectivité,
  • 01:28:20 y compris la connectivité physique dans le contexte de l'intégration régionale.
  • 01:28:26 Et enfin, il faut que nous investissions
  • 01:28:28 de manière générale dans le capital humain.
  • 01:28:32 Il faut investir dans la jeunesse
  • 01:28:35 et laisser la jeunesse réaliser son plein potentiel.
  • 01:28:38 Il faut investir dans tous les pans du secteur de l'éducation, autre domaine
  • 01:28:45 auquel nous devons accorder davantage d'attention.
  • 01:28:48 Encore une fois, je remercie tout le monde pour ce débat très enrichissant.
  • 01:28:59 [Hafez Ghanem] Merci beaucoup Dominique.
  • 01:29:01 J'ai très peu de choses à ajouter en réalité à ce que Ousmane a dit
  • 01:29:05 et j'aimerais simplement souligner une chose qui a été évoquée,
  • 01:29:11 en l'occurrence l'importance de l'intégration régionale.
  • 01:29:20 J'espère que l'accord de libre-échange continental africain va
  • 01:29:26 donner une véritable impulsion à l'intégration régionale.
  • 01:29:31 Il faut absolument accorder une attention
  • 01:29:34 à ce dossier pour rendre notre continent plus résilient face aux chocs exogènes.
  • 01:29:40 Mais, il faudra aussi œuvrer pour faire de cet accord
  • 01:29:44 une réalité sur le terrain et pas uniquement
  • 01:29:47 une décision qui ne fait l'objet d'aucun suivi concret.
  • 01:29:51 Nous devons donc tous nous associer pour faire de cet accord une réalité.
  • 01:29:56 Que ce soit par exemple en investissant dans l'interconnectivité
  • 01:30:01 ou encore en menant des projets conjoints.
  • 01:30:07 L'Afrique doit investir
  • 01:30:08 dans l'électricité, dans l'accès à l'énergie pour ses citoyens.
  • 01:30:12 Et ça, ça fonctionnera beaucoup mieux si nous pouvons faire le lien
  • 01:30:15 entre différents réseaux énergétiques africains.
  • 01:30:19 On voit déjà ça
  • 01:30:21 avec le power pool d'Afrique de l'Ouest et la même chose en Afrique de l'Est.
  • 01:30:26 Et nous devons continuer d'investir
  • 01:30:28 dans l'énergie, ce qui passera par des investissements
  • 01:30:30 conjoints et supplémentaires.
  • 01:30:37 C'est bien ça qui va primer dans ce secteur à l'avenir.
  • 01:30:40 Beaucoup de choses ont été dites sur l'importance de la protection sociale,
  • 01:30:45 l'importance de la diversification de l'économie,
  • 01:30:49 l'importance de la lutte contre le changement climatique,
  • 01:30:52 l'importance des investissements dans l'humain, dans le capital humain.
  • 01:30:56 Mais, je voudrais également souligner l'importance de l'intégration régionale
  • 01:31:03 qui pourrait être la voie de l'avenir pour nous.
  • 01:31:05 Merci.
  • 01:31:07 [Dominique Tchimbakala] Merci beaucoup Hafez.
  • 01:31:10 Et nous pouvons désormais remercier
  • 01:31:12 l'ensemble des intervenants et du public qui nous suit,
  • 01:31:16 en particulier celles et ceux qui nous ont partagé l'expérience dans leurs pays.
  • 01:31:22 Ce fut un plaisir pour moi de modérer cette manifestation si importante.
  • 01:31:29 Et nous allons passer à la conclusion de notre programme en musique
  • 01:31:33 avec un groupe et j'ai le plaisir de vous présenter Maah Koudia Keita.
  • 01:31:39 Donc sur scène, nous passons à la musique et passez une bonne fin de journée.
  • 01:31:44 Je suis Maah Koudia Keïta, je suis sénégalaise,
  • 01:31:47 j'ai 34 ans, je suis musicienne, bassiste.
  • 01:31:54 Je suis aussi activiste en faveur des personnes atteintes d'albinisme.
  • 01:31:57 C'est un plaisir de participer à cette (inaudible)
  • 01:32:01 (...) touche surtout tous les problèmes économiques, l'accès aux emplois formels
  • 01:32:05 et informels, les conséquences économiques de la pandémie.
  • 01:32:08 C'est un sujet auquel les personnes comme moi sont confrontées.
  • 01:32:12 Parce que le secteur culturel aussi, c'est un secteur qui est impacté
  • 01:32:15 économiquement, pas seulement par la pandémie de la COVID 19,
  • 01:32:19 mais tous les évènements politiques, sociaux.
  • 01:32:21 Nous sommes impactés là dedans.
  • 01:32:22 J'ai la responsabilité de lancer un appel à toutes les autorités,
  • 01:32:26 de tenir compte de tous les secteurs d'activités
  • 01:32:30 pour que nous puissions être mieux préparés par rapport à ça.
  • 01:32:33 Je vous remercie.

Questions-Réponses avec l'expert

Économiste principal, Banque mondiale

Elena (Modératrice) Bonjour ! Je m’appelle Elena et je fais partie de l’équipe Communication de la Banque mondiale. Je vous accompagnerai tout au long de ce tchat en direct en fournissant des informations en temps réel et des ressources sur le sujet en question.

Bienvenue au colloque sur L’État de l’Afrique, dont le thème est : Accroître la résilience en temps de crise grâce à la protection sociale. L’événement va débuter dans quelques instants. En attendant, n’hésitez pas à posez vos questions, notre expert, Alain, est là pour y répondre. Vous pouvez aussi consulter les biographies des intervenants sur cette page.

Et aussi rejoindre la conversation sur les réseaux sociaux avec le hashtag #AfricaSOR.

sephy sherylle ZOGO La guerre en Ukraine engendre une inflation des prix des denrées alimentaires et des matières premières qui ont des conséquences sévères pour le panier de la ménagère moyenne. Cette situation ne serait-elle pas l'occasion pour ls gouvernement souverains des Etats d'Afrique de définir une véritable politique d'industrialisation endogène? Le développement de l'Afrique ne passerait-il pas par le changement des comportements c'est-à-dire sortir ou réduire la consommation des produits importés et valoriser la production et la consommation locale. Et, également encourager la transformation locale, par exemple, au Cameroun, la farine de manioc, de patate ou de maïs dont la production est actuellement faible, pourraient être une alternative à la farine de blé.

Alain Kabundi (Banque mondiale) Merci pour votre question Sephy. Notre rapport Africa’s Pulse préconise de renforcer la résilience de l’agriculture, notamment celle des cultures vivrières, afin de stimuler la productivité des agriculteurs et de réduire les risques d’insécurité alimentaire. Par exemple, des solutions numériques peuvent être mises en œuvre pour connecter les agriculteurs aux marchés existants et à venir et développer les plateformes de commerce électronique. Ou encore, apporter un soutien financier aux agro-industries pour reconstruire les chaînes d’approvisionnement.

sephy sherylle ZOGO Certaines multinationales bien avant la guerre en Ukraine, s'appropriaient déjà des terres arables en Afrique subsaharienne, l'afrique aujourd'hui n'est-elle pas le grenier du monde, ne doit-elle pas prendre conscience de la place stratégique qu'elle pourrait occuper sur la scène internationale ? Son développement ne passerait il pas par sa capacité à saisir cette chance pour redéfinir les règles du jeu économique avec ses anciens et nouveaux partenaires ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) Tout à fait, il est important que les décideurs africains parviennent à mettre en œuvre des politiques de court terme pour atténuer l’impact de la hausse des prix alimentaires et énergétiques sur les populations les plus vulnérables, ainsi que des politiques à moyens et longs termes pour développer la résilience économique en encourageant la croissance de la productivité. Un secteur agricole plus productif réaffectera la main-d’œuvre excédentaire aux secteurs non agricoles de l’économie, tels que l’industrie manufacturière et les services.

Mouhamadou Lamine Gueye Bonjour, je m'appelle Mouhamadou Lamine Gueye , j'habite au Sénégal et je suis cultivateur. Chaque jour on entend que le Fonds monétaire international (FMI) a injecté des milliards de dollars dans le secteur agricole au Sénégal, mais malheureusement les agriculteurs les plus pauvres n'en voient pas l'effet. Comment faire en sorte que l'argent des bailleurs de fonds aille vraiment aux gens qui en ont besoin ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) Bonjour Mouhamadou. Les bailleurs de fonds travaillent avec les gouvernements et le secteur privé. Il existe plusieurs programmes de la banque mondiale qui soutiennent les agriculteurs des pays africains. Vous pouvez trouver plus d’information sur les projets de développement de l’agriculture en Afrique soutenus par la Banque mondiale ici :
projects.banquemondiale.org

valerie passeport Bonjour à tous et merci pour cette réunion.

Gabriel Diouf Avec le contexte mondial marqué par la guerre en Ukraine et les risques de famine dans les pays de l'Afrique subsaharienne, comment développer un secteur agricole résilient afin d'éviter de telles menaces à l'avenir ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) Bonjour Gabriel. Pour renforcer la résilience des marchés alimentaires, les solutions à moyen et long terme comprennent la mise en œuvre de procédures peu coûteuses pour se préparer aux chocs futurs. Il faut donner la priorité à la mise en œuvre de programmes de filets sociaux adaptés aux chocs pour cibler les plus vulnérables, en mettant en place des systèmes de distribution alimentaire d’urgence si nécessaire. Les politiques qui favorisent le développement de chaînes de valeur alimentaires et agricoles compétitives peuvent contribuer à renforcer la résilience, notamment en soutenant les entreprises agroalimentaires, en encourageant les investissements dans les installations de stockage et en réduisant les risques liés aux investissements du secteur privé dans l’agriculture grâce à des garanties de crédit et des produits d’assurance .

Jamebat En novembre 2019, j'ai suivi les Assemblée annuelle de la Banque mondiale, et j'ai décidé d'agir pour changer positivement le monde en créant une association. Merci, car les Assemblée annuelles de novembre 2019 m'ont réellement encouragé réellement à concrétiser mon rêve !

Elena (Modératrice) Merci Jamebat de partager votre expérience. Nous sommes très heureux d’apprendre que les Assemblées annuelles de 2019 de la Banque mondiale ont suscité votre vocation au service du développement de votre pays. Toutes nos félicitations pour le succès de votre association.

frederic Les ressources investies par la Banque mondiale sont non négligeables à Madagascar. Concernant la conception des projets, ne serait-il pas possible de prioriser le renforcement des mesures de développement des capacités entrepreneuriales des chefs de familles pour favoriser la résilience et l'autonomie financières des ménages ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) Bonjour Frederic. Madagascar fait face à plusieurs chocs, surtout aux chocs climatiques. La Banque mondiale est toujours présente pour venir en aide aux plus vulnérables et finance de nombreux projets de transferts monétaires en faveur des ménages les plus pauvres. Malheureusement, les besoins sont énormes. Le renforcement des capacités passe les structures existantes de la société, telle que les associations citoyennes, les ONGs, le gouvernement et le secteur privé.

YEMELE ZEMAGHO André Ricardo Je suis un jeune Camerounais vivant au Cameroun ayant un projet de distribution de produits alimentaires de première nécessité et j'ai besoin de votre aide financière pour y parvenir : est-ce possible ? Si oui quel serait la conduite à tenir ?

Elena (Modératrice) La Banque mondiale fournit des conseils et financements aux gouvernements pour soutenir leurs projets de développement. Nous ne finançons pas de projets individuels mais vous pouvez contacter les ministères et départements liés aux domaines de votre intervention pour savoir quelles sont les opportunités d’appui dont vous pouvez bénéficier.

valerie passeport Les micro-projets sont des défis plus simples à réaliser ! ne les oubliez pas dans les dotations. les GROS projets sont souvent inadaptés POUR les bénéficiaires !

TCHOTSOUA Michel Des contributions de bonne factures. Bravo. L'implact socio environnemental n'a pas été véritablement abordé. Les crises environnementales avec le nombre de réfugiés climatiques croissant doivent plus retenir l'attention. Les questions de cloisonnement devra aussi retenir l'attention. Les barrières frontalières doivent être levées pour favoriser les échanges entre les pays africains et ainsi développer les actions communes de développement maîtrisé et durable.

Mahamadou Mamane Elh Maï Saley Qu'est-ce que la Banque mondiale prévoit pour réduire le chômage en Afrique ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) La création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité dépendra d’un changement structurel adopté par chaque pays avec le soutien du gouvernement. Elle nécessite un assainissement du secteur privé, l’investissement dans le capital humain et physique, et dans une main-d’œuvre qualifiée et productive. La Banque mondiale est là pour accompagner chaque pays à atteindre ces objectifs à travers des programmes de développement et des soutiens financiers.

CHITOU ABDOU Adamou Bonjour. Comment est-ce que la Banque mondiale conseille les Etats, comme le nôtre (le Niger) qui vont connaitre une croissance soutenue, pour mieux répartir cette croissance (garantir une répartition équitable des bienfaits de cette croissance au lieu de ne bénéficier qu'à une petite catégorie) et poser les bases d'une croissance durable ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) Nos prévisions tablent sur une croissance soutenue au Niger qui atteindra 10,4 % en 2024. La croissance doit être inclusive pour réduire les inégalités et la pauvreté. Pour cela, les décideurs doivent investir dans le capital humain, notamment dans l'éducation et la santé. Il faut soutenir la création d'emplois plus nombreux et de meilleure qualité.

Tapfuma M Comment la protection sociale peut-elle doter les jeunes de compétences à l'épreuve des chocs ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) Le système éducatif qui se base sur le secteur du numérique et de l’énergie aidera la jeunesse africaine à s'insérer facilement dans le marché des emplois de demain. Il faut aussi placer l'accent sur la productivité du secteur agricole.

Lloyd M Comment pouvons-nous soutenir le secteur privé, notamment en matière de financement du climat et de sécurité alimentaire ?

Alain Kabundi (Banque mondiale) La collecte d'impôts et taxes verts vont servir à lutter contre les effets néfastes du changement climatique, mais aussi aider à atteindre les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique.

Elena (Modératrice) Cet événement est terminé. Merci d'y avoir participé ! Le replay sera bientôt disponible sur cette page.

À propos des Réunions de printemps 2022

À l’occasion des Réunions de printemps, dirigeants gouvernementaux et du secteur privé, représentants d’organisations internationales et de la société civile se retrouvent, aux côtés d’un large éventail d’experts, pour débattre ensemble des grands défis mondiaux et tracer la voie à suivre. Prenez part vous aussi à nos événements virtuels sur les enjeux du développement international.

Les événements sont retransmis en anglais, arabe, français et espagnol.

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