Réunions de printemps 2026 : Place à l'eau, source d'emplois et de prospérité

Le 15 avril, l’initiative Water Forward a été lancée lors des Réunions de printemps 2026 du Groupe de la Banque mondiale, positionnant l’eau—qui soutient 1,7 milliard d’emplois dans l’agriculture, l’industrie, l’énergie et les services—comme un moteur de l’emploi, de l’investissement, de la croissance économique et du développement humain. La Banque et ses partenaires ont fixé une ambition commune : renforcer la sécurité hydrique pour plus d’un milliard de personnes d’ici 2030, en s’appuyant sur des efforts pilotés par les pays et en collaboration avec les partenaires du développement.

Le leadership des pays est au cœur de Water Forward. Quatorze pays ont lancé des pactes nationaux pour l’eau, marquant le passage d’approches fragmentées vers des stratégies nationales intégrées, alignées sur les réformes de politiques, les institutions et un financement durable. Ces pactes placent l’eau au plus haut niveau politique et offrent un cadre clair pour une mise en œuvre coordonnée et à grande échelle.

Des intervenants de haut niveau, dont Aliko Dangote et Matt Damon, ont souligné le rôle de l’investissement privé, de l’innovation et de nouveaux modèles de financement aux côtés de l’action publique. Des engagements ont été annoncés par les gouvernements, les banques multilatérales de développement, la société civile et le secteur privé, lançant un effort mondial coordonné pour transformer la sécurité de l’eau en résultats économiques et de développement concrets.

Introduction

  • Plongée dans le vif du sujet - L’eau irrigue la vie quotidienne, l’emploi et l’activité économique
  • Jeunes défenseurs de l’accès à l’eau et aux chances: L’importance d’un accès sûr à l’eau pour l’éducation, les moyens de subsistance et l’emploi
  • Présentation de l’initiative Water Forward: Pourquoi la sécurité hydrique est un enjeu de croissance — et comment agir pour passer des engagements aux résultats
  • Discours liminaire

L'eau en action : des politiques aux réalisations

  • Pactes nationaux et leadership: Des trajectoires nationales pour transformer les réformes en réalisations, en investissements et en emplois
  • La parole à des jeunes du monde entier: Quand l’eau ouvre des possibles : témoignages en images

Partenariats : Unir toutes les forces

  • Table ronde : Place à l’eau pour des financements et des résultats à grande échelle: Comment politiques publiques, financements et partenariats s’articulent pour produire des résultats
  • Engagements de financement: Les banques multilatérales de développement s’engagent 
  • Engagements des partenaires: Des actions concrètes pour transformer les systèmes hydriques en emplois et en opportunités économiques

Clôture et appel à l’action
Mobiliser gouvernements, bailleurs de fonds et partenaires autour des Pactes pour l’eau

[Bastián Pedreros Montero]
Que l'on se trouve dans une petite ville à la campagne, sur une petite île ou dans une vallée de mon pays, il y a une réalité qui saute aux yeux. Personne ne peut étudier sans eau. Personne ne peut ouvrir une entreprise sans eau. Personne ne peut prospérer sans accès à l'eau. Bonjour, je m'appelle Bastián. Je suis chilien et je suis journaliste. Il y a trois ans, j'ai voyagé dans tout mon pays, le Chili, pour comprendre ce que la pénurie d'eau signifiait pour la vie des gens. Et aujourd'hui, j'aimerais vous faire part de ces histoires qui m'ont été racontées par les personnes qui les ont vécues. Au cours de ce voyage, je n'avais sur moi qu'un vieil appareil photo et un micro, et j'ai rencontré les multiples visages de l'eau. J'ai rencontré Delcy, une jeune femme très travailleuse qui vend des empanadas tous les jours. Et malgré tous ses efforts et toute sa détermination, elle n'a pas pu faire croître son entreprise parce qu'elle n'avait pas accès à des services d'assainissement de base. J'ai aussi rencontré Eduardo, qui s'est servi de sa créativité pour créer un système qui permet de pomper de l'eau avec seulement deux vieux moteurs de voiture. Son objectif, c'était de protéger les espaces verts de sa ville pendant la saison sèche pour protéger le tourisme qui est la principale source de revenus pour sa ville. J'ai aussi rencontré Diogène, un agriculteur dont les moyens de subsistance dépendent d'un petit ruisseau qui irrigue ses terres et qui lui permet de faire pousser des fruits et des légumes qu'il peut vendre à un juste prix sur le marché. Voilà certaines des histoires que j'ai entendues et cela nous montre une réalité simple. L'eau est moteur d'emploi, de développement et de prospérité. L'eau est présente dans toutes les chaînes de valeur. Elle permet aussi de maintenir les familles ensemble et aux gens de réaliser leurs rêves. J'ai travaillé avec des jeunes au cours des quatre dernières années et pendant cette période, j'ai pu comprendre leur désir de parler de l'eau. Il s'agit de protéger cette ressource vitale, m'ont-ils dit. Il en va de la responsabilité de chacun, de manière à ce que les rêves de chacun puissent être réalisés aujourd'hui ou à l'avenir. Merci beaucoup.

[Applaudissements]

[Danielle Kamtié]
J'ai grandi au Cameroun et une eau de bonne qualité n'était jamais quelque chose que l'on pouvait tenir pour acquis. En 2010, j'ai été témoin d'une épidémie de choléra qui a dévasté différentes communautés. Ce n'est pas que les gens ne faisaient pas attention, mais c'est parce qu'ils n'avaient pas accès à une eau propre. J'ai vu des jeunes filles qui marchaient pendant des heures pour aller chercher de l'eau et qui se retrouvaient ensuite à l'école trop fatiguées pour apprendre, pour étudier. J'ai vu des jeunes qui avaient des compétences, de l'ambition et qui ne pouvaient pas maintenir leur entreprise à flot parce que l'approvisionnement en eau ne cessait pas d'être interrompu. C'est pourquoi je travaille dans ce domaine aujourd'hui. Ce n'est pas parce que j'ai lu des manuels scolaires, mais simplement, j'ai été témoin d'une réalité que je ne pouvais pas ignorer. Je m'appelle Danielle Kamtié et j'ai cofondé le Parlement Africain des Jeunes pour l'Eau. Je travaille avec des communautés, des autorités locales et des pouvoirs publics dans 24 pays africains, car nous savons que les jeunes ont besoin d'eau propre, ont besoin d'assainissement, mais ce qui les préoccupe également, ce sont toutes les possibilités qui sont offertes par l'eau : les emplois, les écoles, les entreprises qui peuvent demeurer ouvertes grâce à l'accès à l'eau. Du Cameroun à la Zambie, à des salles de classe au Canada. Où que j'aille, je rencontre les mêmes jeunes gens. Ils ne demandent pas d'être sauvés. Ils demandent simplement que les choses changent, car ils savent, et nous savons que l'eau n'est pas seulement là pour étancher notre soif. L'eau nous permet d'aller à l'école, l'eau nous permet de garder notre emploi et l'eau permet au pays de s'alimenter, de se construire et de s'installer dans la durée. La date butoir des objectifs de développement durable, c'est 2030. C'est dans quatre ans. Les jeunes gens qui se trouvent dans cette pièce et ceux qui nous regardent de tous les continents du monde seront ceux qui vivront et dont les vies seront affectées par les décisions qui seront prises aujourd'hui. La question n'est pas de savoir en quoi l'eau est importante. La question, c'est de savoir si nous sommes prêts à faire place à l'eau. Pas un jour distant dans l'avenir, mais dès aujourd'hui. Je vous remercie.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Bonjour mesdames et messieurs, soyez les bienvenus aux assemblées de printemps 2026 du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Soyez les bienvenus à cet événement « Place à l'eau ». Je m'appelle Julie Hyman et je suis présentatrice à Yahoo Finance. C'est moi qui vais animer la session d'aujourd'hui. Je vous demanderais de bien vouloir applaudir nos deux orateurs, Danielle et Bastián.

[Applaudissements]
Aujourd'hui, nous allons vous montrer que l'eau est à la base de toutes les possibilités, car l'eau a de l'importance pour la création d'emplois et pour la question de savoir si l'on peut apprendre, travailler et faire croître les entreprises. N'hésitez pas à intervenir à tout moment. Vous pouvez utiliser le mot dièse WBGmeetings en anglais. Notre équipe est là, travaille dans plusieurs langues sur le site live.worldbank.org pour répondre à vos questions. Vous pouvez aussi envoyer vos questions à travers le chat. Il y aura un code QR que vous pourrez utiliser à cet effet. Danielle et Bastián nous ont rappelé ce qui est en jeu ici. L'eau joue un rôle très important pour les possibilités de demain. Désormais, il nous faut agir à grande échelle et pour cela, j'aimerais souhaiter la bienvenue au président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga.

[Applaudissements]

[Ajay Banga]
Merci beaucoup. Bonjour à tous. Je suis heureux de vous voir tous ici. Nous allons parler très vite de l'eau, mais j'aimerais d'abord vous parler un peu de la situation au Moyen-Orient. Tout le monde a cela à l'esprit et je pense que je ne peux pas me passer d'évoquer ce sujet. Les tensions d'incertitude sont très élevées et le monde regarde avec attention ce qui se passe et les effets sur les infrastructures énergétiques. Les effets économiques se font déjà sentir bien au-delà de la région, mais bien entendu, les effets sont les plus intenses dans la région. Ces effets sont asymétriques. Cela dépend de savoir si le pays est un importateur de pétrole ou exportateur net. Tout dépend de la capacité de stockage, de réserves. Cela dépend aussi des marges de manœuvres budgétaires dont disposent les pays et tout cela contribue à l'asymétrie de ce choc. Mais ce choc est là, il se fait sentir en Asie et il se fait sentir également en Afrique pour les pays en développement. Ces pressions vont persister et elles vont aggraver une situation qui est déjà marquée par un manque de marge de manœuvres budgétaires et par un endettement élevé. Notre rôle à la Banque mondiale, c'est d'aider nos clients à traverser des moments difficiles comme celui-ci, mais il nous faut aussi penser à l'avenir. Ce que nous avons fait, c'est que nous avons préparé une riposte à cette crise. Par étapes, nous espérons que la paix reviendra et en deuxième temps, nous devons nous préparer à des difficultés à l'avenir. Nous avons une boîte à outils pour riposter contre les crises. Il y a des financements d'urgence, il y a des projets qui permettent au pays d'avancer plus vite. Deuxièmement, nous pouvons utiliser des projets qui sont déjà en cours et nous pouvons mobiliser notre portefeuille pour aider les pays à faire face à la situation et à faire progresser leurs priorités de développement à moyen terme. Mais nous pouvons aller plus loin. Nous pouvons muscler notre bilan, disposer de nouvelles garanties pour le soutien au secteur privé, par exemple. Aujourd'hui, en utilisant cette boîte à outils de crise, nous mettons à disposition entre 20 et 25 milliards de dollars aux pays qui en ont besoin. Et nous pourrions étendre cette somme à 50 ou 60 milliards au cours des prochains mois, si cela était nécessaire. Et nous pourrions atteindre entre 80 et 100 milliards sur un horizon de 15 mois. Pour vous donner un peu de contexte, pendant la pandémie de COVID, la banque a mis de très gros montants à disposition également. Tout cela nous permet de riposter à grande échelle et de manière graduelle. Il y a un élément important qu'il faut garder à l'esprit, c'est que les pays doivent préserver leurs finances publiques. Il faut s'assurer que les couches les plus vulnérables de la population, les plus touchées reçoivent l'aide dont elles ont besoin. Il faut donc bien cibler ce soutien et il faut que ce soutien soit ciblé, provisoire. C'est plus facile à dire qu'à faire, mais c'est très important parce que des soutiens généralisés sont beaucoup trop coûteux. C'est facile à dire ici, depuis cette tribune, mais c'est important et c'est notre mission de faire en sorte que ce soutien ciblé soit possible. Je vous ai dit comment nous pouvions réagir. L’important, c'est de créer aussi des possibilités pour l'avenir. Il y a trois choses que nous cherchons à faire : investir dans les infrastructures, les infrastructures physiques, mais aussi le capital humain. Il nous faut mettre en place des politiques et des réglementations qui améliorent la gouvernance et l'entrepreneuriat qui permettent au secteur privé de s'épanouir. Et puis, il y a ces outils qui permettent de faire passer les investissements à grande échelle dans un monde où les finances publiques sont sous contrainte. Dans tous les pays, pays avancés, pays en développement, nous avons tous des difficultés sur le plan des finances publiques. Parlons maintenant de l'eau. Au Groupe de la Banque mondiale, tout ce que nous faisons est orienté vers un résultat : l'emploi. Les emplois donnent de la dignité, de la stabilité, de l'espoir. C'est la manière la plus efficace de réduire la pauvreté. Créer des emplois. La pauvreté, c'est à la fois une situation et ça peut être un état d'esprit aussi. L'état d'esprit est difficile à résoudre sans donner la dignité que représente un emploi. Et cela concerne tout le monde : les petits agriculteurs, les petits entrepreneurs, les PME ou les grandes entreprises. Cet optimisme, cette dignité, c'est sur cela que nous devons travailler. Vous avez entendu les orateurs qui m'ont précédé ? Ils ont parlé de l'eau qui est une condition sine qua non de la création. Sans eau, pas d'emplois, pas d'économie, pas d'agriculture. Les villes ne peuvent pas attirer d'investissement. Et les jeunes, dans ce cas, et notamment les jeunes filles, passent des heures à aller porter de l'eau, chercher de l'eau plutôt que de travailler à améliorer leur avenir. Soyons clairs, l'eau n'est pas une question accessoire. L'eau est essentielle, l'eau est fondamentale. C'est un droit humain, tout autant que l'électrification. Nous cherchons à relier 300 millions d'Africains à l'électricité d'ici 2030. De la même manière, cette initiative sur l'eau est tout aussi importante, de manière à égaliser les chances pour tous. Aux Philippines, quelques exemples. Aux Philippines, l'amélioration de l'eau et de l'assainissement a permis de débloquer le tourisme en créant 50 000 emplois. Au Nigeria, l'amélioration de l'irrigation a permis aux agriculteurs d'augmenter leur productivité, d'augmenter leurs revenus. En Pologne également, des investissements pour la gestion des inondations ont permis d'attirer des capitaux privés, de créer des emplois, etc. Les contextes sont différents, mais les résultats, en fin de compte, sont les mêmes. Au niveau mondial, les secteurs qui dépendent de l'eau, l'agriculture, l'industrie manufacturière, l'exploitation minière, tout cela, ce sont des millions et des millions d'emplois. Et nous cherchons à aider le secteur privé. Nous nous attachons à la sécurité hydrique pour l'Afrique. Et pour ce faire, il nous faut nous appuyer sur les travaux qui ont déjà été faits sur la sécurité hydrique du continent. C'est très important. Et cela suppose des investissements à très grande échelle pour réduire la dépendance vis-à-vis des importations. Le secteur privé peut faire preuve de la vision et de la capacité d'obtenir des résultats à grande échelle. Cela suppose une coopération avec les pouvoirs publics. Il faut les bonnes politiques, les bons garde-fous. Je suis le premier à le dire. Et ce que nous avons réussi à faire avec l'énergie, nous pouvons le faire avec l'eau. Si cela est possible, par exemple en aidant, en soutenant les projets d'irrigation, nous pouvons montrer que la sécurité hydrique est à la base de la croissance des investissements. Les choses sont claires. La question qui se pose maintenant, c'est de savoir comment normaliser cette situation. Et cela me ramène à la question de la réforme. Lorsque les prix reflètent les coûts, les services s'améliorent et cela permet d'attirer les investissements. La viabilité financière est très importante. Voilà comment construire les bases d'un accès généralisé à l'eau. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Il faut de la coordination. Il faut que les mesures publiques, que les institutions, que les investissements soient harmonisés. Et cela permet de traiter le problème à la racine et d'obtenir des résultats durables. Voilà de quoi il est question ici avec cet événement « Place à l'eau ». Près de quatre milliards de personnes sont confrontées à une forme ou une autre d'insécurité hydrique. Quatre milliards de personnes. Avec nos partenaires, les banques multilatérales de développement, elles vont s'exprimer bientôt, ainsi que d'autres institutions, avec le secteur privé également, nous avons commencé à harmoniser nos efforts pour surmonter ces difficultés. Mais je vais être honnête, je ne sais pas encore à quelle échelle nous arriverons à déployer ces efforts. Mais nous souhaitons étendre la sécurité hydrique à plus d'un milliard de personnes dans les années qui viennent. Pour notre part, la Banque mondiale peut atteindre 400 millions de ces personnes, mais ce sont les autres partenaires qui vont devoir contribuer pour que nous améliorons l'accès à l'eau d'un milliard de personnes. Il s'agit d'une plateforme collective pour réunir les politiques et les financements pour obtenir de bons résultats à grande échelle. Ce qu'il faut, c'est avoir une organisation et une approche à l'initiative des pays. Et vous verrez que les dirigeants des pays ont une vision très claire à ce sujet. Les pays doivent s'approprier tous ces projets. Il y a la Mission 300 pour l'accès à l'électricité. Nous le faisons avec la Banque africaine de développement. Notre objectif est d'atteindre 1,5 milliard de personnes aussi pour améliorer les soins de santé. Nous obtenons des résultats dans tous ces domaines. Vous le verrez, cette semaine, nous avons obtenu des résultats tangibles et nous souhaitons adopter la même démarche en matière d'eau. Les pouvoirs publics des pays définissent leurs priorités de réforme, leurs plans de développement et les banques, les organisations philanthropiques harmonisent leurs actions. C'est comme cela que l'on obtient des résultats à grande échelle. Nous avons des pactes nationaux, il en sera question, 14 d'entre eux. Il y a une véritable demande et une véritable possibilité. J'aimerais conclure maintenant en vous disant que l'eau peut sembler quelque chose d'assez élémentaire pour l'infrastructure économique. Mais en réalité, c'est à la fois un capital physique et un capital humain. Cela permet de faire en sorte que les gens soient en bonne santé pour travailler, que les enfants soient en bonne santé pour apprendre, pour étudier. Et en dernière analyse, lorsque les pays peuvent créer des emplois à la bonne échelle, ce que demandent les gens, c'est là que l'on peut avancer. De nombreux pays se sont manifestés. Nous avons des partenaires qui sont prêts à agir. Nous avons des outils. Il nous faut obtenir des résultats rapidement et à grande échelle. Et voilà de quoi il va être question aujourd'hui lors de cet événement « Place à l'eau ». Merci de votre attention.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Ajay, thank you. Merci Ajay. Nous allons maintenant donner la parole au président et au président directeur général du Dangote Group, Aliko Dangote. C'est un chef d'entreprise extrêmement influent qui comprend comment fonctionne la création d'emplois et il peut nous aider à mieux comprendre comment la sécurité hydrique peut favoriser l'expansion industrielle et les développements économiques. Merci.

[Applaudissements]

[Aliko Dangote]
Merci, Monsieur le Président de la Banque mondiale. Mesdames et messieurs, bonjour. C'est un honneur pour moi d'être avec vous aujourd'hui pour le lancement de cet événement « Place à l'eau », source d'emploi et de prospérité. J'aimerais féliciter la Banque mondiale qui a mis l'eau à sa bonne et juste place, au centre du développement, au centre de la croissance et de la prospérité. Il nous faut le dire clairement, l'eau est une infrastructure économique. L'eau est importante pour le développement, pour la connectivité numérique et pour bien d'autres sujets. Les Nations Unies nous ont montré que les trois quarts des emplois dans le monde dépendent à un degré ou à un autre de l'eau. Lorsque les systèmes hydriques ne fonctionnent plus, les marchés du travail, l'agriculture, le capital humain en pâtissent. L'assainissement joue un rôle très important aussi. En 2024, 58 % de la population mondiale bénéficiaient de services d'assainissement adéquats, mais beaucoup trop de gens n'ont toujours pas accès à ces services. Et parmi eux, 1,9 milliard de personnes n'ont accès qu'à des systèmes d'assainissement basiques, tandis que beaucoup d'autres n'ont accès qu'à des systèmes insuffisants. Des millions et des millions de gens n'ont pas accès à ces systèmes. Il ne s'agit pas d'une suite de chiffres abstraits. Cela suppose des coûts de santé, un manque d'assiduité scolaire, beaucoup de problèmes qui se traduisent par une croissance insuffisante. Les conditions d'hygiène et d'assainissement insuffisantes sont responsables de morts chaque année dans de très grandes proportions. Parlons maintenant de possibilités économiques de connectivité. L'eau a beaucoup d'importance dans ce domaine et les filles et les femmes sont les premières à être touchées. Ce sont bien souvent les femmes et les filles qui sont chargées d'aller chercher l'eau dans les petites villes, les petits villages qui n'ont pas accès à l'eau. Elles passent 200 millions d'heures chaque jour à aller chercher de l'eau. Tout ça, ce sont autant d'heures qu'elles ne pourront pas consacrer à leurs études ou à la recherche d'un emploi. Si l'on veut que l'agriculture africaine soit plus productive et plus résiliente, il nous faut traiter l'eau non seulement comme un enjeu social, mais aussi comme un enjeu de productivité : irrigation, stockage, bassin versant, gestion de l'eau, infrastructure. Tous ces éléments sont essentiels à la transformation économique. Il y a aussi la question des systèmes agroalimentaires et des revenus des habitants des campagnes. Tous ces éléments sont affectés par l'enjeu de l'eau. Il y a l'irrigation au goutte à goutte qui permet d'économiser les ressources. Ça permet d'obtenir des rendements bien supérieurs. L'eau est donc très importante pour l'industrie manufacturière, pour le refroidissement, pour le nettoyage. Cela est particulièrement le cas pour les engrais, le ciment, l'agroalimentaire, l'industrie chimique, les industries minières. Il y a des besoins d'eau énormes dans tous ces secteurs. Sans eau de bonne qualité, il est impossible de raffiner le pétrole brut. Donc le pétrole, les engrais, les raffineries de pétrole, comme je le disais, tous ces secteurs ont besoin d'eau propre. Il y a des stockages à hauteur de 440 millions de litres au Nigeria et nous avons à peu près 400 barrages au Nigeria. Je pense que Dangote et le Groupe de la Banque mondiale devraient travailler de concert pour assurer le bon fonctionnement de tous ces barrages. Nous mettrons de l'argent sur la table et nous souhaitons nouer un partenariat avec la Banque mondiale pour faire fonctionner ces barrages. Cela créera beaucoup d'emplois et je pense que nous devrions nouer ce partenariat avec la Banque mondiale pour ces barrages. Il y a un sentiment d'urgence. La Banque mondiale a dit très clairement que la pénurie d'eau intensifie les problèmes et également pèse sur les PIB. Nous avons un manque d'accès qui domine un peu partout et le Nigeria connaît très bien cette situation. Suite aux inondations que nous avons eues en 2020, plus de 600 personnes ont perdu la vie, 4 millions ont été déplacés et 17 milliards de dollars de dommages ont été causés. Dans trois États côtiers du Nigeria, il y a eu des pollutions et des inondations qui ont frappé les années 2020 et 2018. Cela a coûté également une grande partie du PIB. Et tout cela concerne également la résilience, le fait d'éviter les pertes pour être compétitif à long terme. C'est pourquoi le programme de l'eau doit être considéré comme un programme holistique. Nous devons observer l'ensemble de la chaîne de valeur : production, stockage, traitement, acheminement, gestion des eaux usées, drainage, irrigation et prévention des inondations. Nous avons besoin de meilleures données, de services publics plus solides, de meilleures réglementations et de meilleures opérations dans les projets. Nous devons également avoir des modèles de financement qui permettent au système de demeurer viable. C'est pourquoi cette initiative, « Place à l'eau », compte. Il s'agit de passer d'interventions fragmentées à un véritable partenariat et une vue systémique afin de mobiliser les investissements et de débloquer la productivité. On comprend que tout cela nécessite des investissements en matière d'engrais, d'aliments, de logistique et d'autres secteurs encore de l'industrie. Nous avons vu que les déficits d'infrastructures ont un coût important également en termes de compétitivité. L'eau fait partie d'un système fondamental. Lorsque l'eau est défaillante, improviser pour combler ces lacunes coûte cher. Les communautés doivent être prises en compte dans la mise en place de chaînes de valeur plus efficaces. Pour les jeunes en Afrique, l'eau est synonyme d'opportunités. Pour les femmes et les filles, l'eau est synonyme de dignité, de temps et d'inclusion. Pour les agriculteurs, l'eau est synonyme de rendement plus élevé et de meilleurs revenus. Pour les villes, l'eau est synonyme de résilience et de qualité de vie. Pour les entreprises, cela signifie efficacité et compétitivité. Pour les gouvernements, cela signifie une croissance plus solide. Que devons-nous faire ? Nous devons investir de manière plus agressive dans l'approvisionnement, le traitement et la distribution. Nous devons également soutenir une agriculture intelligente sur le plan climatique. Nous devons renforcer l'assainissement et les systèmes de gestion des eaux usées. Nous devons également mettre à niveau les infrastructures pour lutter contre les inondations. Nous devons améliorer les résultats des entreprises de services publics, bâtir des pipelines avec des projets bancables qui permettent d'attirer un financement mixte et du capital à long terme. C'est pourquoi j'applaudis cette initiative « Place à l'eau » qui capture les bonnes idées au bon moment. Les systèmes hydriques doivent devenir des moteurs de croissance d'emplois pour une prospérité à long terme. Le groupe Dangote est prêt à soutenir cette ambition vaste et élevée parce que nous croyons dans les capacités productives de l'Afrique. Nous croyons en un investissement à long terme et au partenariat. Nous pensons que lorsque l'eau est placée au centre de nos priorités, alors les emplois en bénéficient et la prospérité peut enfin se concrétiser. Merci.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci beaucoup d'avoir partagé cette perspective du secteur privé qui est cruciale pour nous tous. Nous avons tout d'abord un petit message vidéo de quelqu'un qui a attiré l'attention sur la question de l'eau. Il s'agit de Matt Damon, qui est depuis longtemps un porte-parole en matière d'eau. Il a toujours défendu des solutions qui permettent d'élargir les opportunités.

[Matt Damon]
Bonjour, je suis Matt Damon, cofondateur du groupe Water.org. Pendant plus de 30 ans, nous essayons d'élargir l'accès à l'eau potable et à l'assainissement. Nous avons commencé avec cette organisation à but non lucratif pour permettre aux ménages d'avoir des petits crédits. Et puis nous avons lancé WaterEquity afin d'investir directement dans l'eau et l'assainissement. Et puis, WaterConnect, qui permet de mettre en place des projets d'infrastructures pour attirer du capital et élargir les services. Tous ensemble, ces services forment une seule approche qui permet de débloquer le financement des ménages et des entreprises de services publics pour clore ce manque de financement et permettre à tous partout d'avoir accès à de l'eau propre et à de l'assainissement. Une chose est devenue claire à nos yeux. L'eau n'est pas une question caritative. C'est une opportunité économique qui doit être débloquée. Pendant des décennies, on le prouve avec des projets concrets. Lorsque les personnes ont accès au financement et que les bons systèmes sont en place, ces personnes peuvent investir dans des systèmes pertinents qu'on peut ensuite mettre à l'échelle. Investir dans les infrastructures critiques permet de mettre en place des systèmes résilients d'eau qui atteignent ensuite toutes les communautés. Nous avons également un mouvement Get Bloom qui sera lancé le mois prochain avec Amazon, Starbucks, Gap et d'autres entreprises pour rassembler les consommateurs et les entreprises vers cet effort. Avec « Place à l'eau », cette initiative lancée aujourd'hui, nous voyons le même esprit régner avec une priorité semblable. Le capital pour permettre de régler cette crise existe déjà. Il doit simplement être dirigé vers la bonne destination. C'est justement le moment aujourd'hui de faire un pas dans ce sens et nous sommes heureux de contribuer à cette initiative de la Banque mondiale. Lorsqu'on tire tous à la même corde, l'eau ne devient plus un problème à gérer, mais plutôt un fondement pour la croissance, la santé et la résilience. Merci.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci. Je propose maintenant qu'on passe vers les différents pays et les leaders de ces pays. Vous allez voir maintenant des pactes pays dans la pratique. Ce sont des engagements pris en faveur de réformes. Les remarques vont être prononcées dans les différentes langues. Donc, pour ceux qui souhaitent écouter l'interprétation, je vous invite à vous munir d'écouteurs. Tout d'abord, la Première ministre de la République démocratique du Congo.

[Applaudissements]

[Judith Suminwa Tuluka]
Parler de l'eau aujourd'hui, ce n'est pas seulement parler du développement, c'est parler d'avenir, c'est parler du monde que nous construisons. Dans un siècle marqué par le climat, l'énergie et les transitions économiques, la maîtrise des ressources naturelles devient une question de trajectoire collective. La République démocratique du Congo est au cœur de cette trajectoire. Avec plus de 50 % des réserves d'eau douce de l'Afrique, notre pays détient une part de la réponse aux grands équilibres de demain, car l'eau conditionne la santé, la sécurité alimentaire, la prospérité et la croissance économique. Notre responsabilité est claire : transformer ce potentiel en progrès tangible. À travers le Pacte présidentiel pour l'eau, nous visons 60 % d'accès à l'eau potable d'ici 2035, avec un programme structurant de 20 milliards de dollars. C'est beaucoup, mais cela représente des millions d'emplois, des villes plus productives et des économies locales transformées. Les résultats sont déjà en marche. À titre illustratif, le projet intégrateur Kin Elenda à Kinshasa permet d'améliorer l'accès à l'eau avec un impact direct sur la santé, la dignité et la productivité qui touche près de 3 millions de personnes sur Kinshasa. Notre ambition est systémique, car l'eau et l'énergie dessinent ensemble des économies de demain. À travers le compact énergétique, nous accélérons l'accès à l'électricité. Et avec le Grand Inga, nous portons une vision à l'échelle du continent, celle d'une Afrique connectée, productive et souveraine. Car au fond, la vraie question n'est pas ce que l'Afrique représente aujourd'hui, mais ce qu'elle rendra possible pour le monde demain. Notre vision est claire : faire de la République démocratique du Congo un acteur central de la transformation hydrique et énergétique mondiale. Ainsi, avec l'initiative Water Forward, nous avançons avec des partenaires dans une logique d'impact, d'innovation et de responsabilités partagées. La République démocratique du Congo est prête. Et vous ? Je vous remercie.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci beaucoup, Madame la Première ministre. Passons maintenant au Premier ministre de l'Albanie.

[Petrit Malaj]
Mesdames et messieurs, chers partenaires, chers collègues, c'est un plaisir que de représenter la République d'Albanie dans cette initiative « Place à l'eau ». Cette initiative démontre clairement l'engagement de nos pays envers la sécurité hydrique à long terme. L’Albanie est l'une des destinations touristiques les plus prometteuses à travers le monde. C'est pourquoi l'approvisionnement en eau et l'assainissement sont des éléments essentiels pour la croissance économique de notre pays. L'approvisionnement en eau et l'assainissement ne sont pas simplement une question de services publics. Il s'agit également de piliers clés de l'économie albanaise. Concernant les réformes en cours actuellement en Albanie, c'est en premier la modernisation de l'approvisionnement en eau, avec l'urbanisation et puis l'engagement à mobiliser 1,3 milliard d'euros en termes d'investissement pour avoir un accès vaste à l'assainissement et à une eau propre afin d'assurer la sécurité à long terme de notre approvisionnement hydrique. On pourrait parler de ce sujet pendant très longtemps. J'aimerais le récapituler en une seule phrase : sans eau, il n'y a pas de vie. Merci.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Je vous remercie. La ministre de l'Angola.

[Vera Daves de Sousa]
En Angola, la croissance urbaine rapide continue de poser des défis. Il est très difficile de rendre possible l'accès universel à l'eau et à l'assainissement. Cependant, grâce à notre pacte WASH, nous sommes en train de mettre en place des réformes réglementaires et institutionnelles et nous sommes en train d'améliorer les résultats des services publics. Nous travaillons également en étroite collaboration avec nos partenaires multilatéraux pour faire en sorte que l'eau et l'assainissement soient disponibles à tous. Le gouvernement est fortement engagé à cette fin et nous comptons sur le partenariat du Groupe de la Banque mondiale et d'autres partenaires multilatéraux. Parce qu'il s'agit d'un besoin important qui provient de nos concitoyens. Merci beaucoup.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci, Monsieur le Ministre de la Bolivie.

[Fernando Romero]
Bonjour à tous. Je vais m'exprimer en espagnol. En Bolivie, l'agriculture, les familles et la productivité sont vulnérables face au climat à la faible productivité, notamment en raison des lacunes biotechnologiques et une forte dépendance de l'irrigation pluviale. Tout cela combiné à un accès limité à l'eau et une gestion limitée de l'eau, ainsi que de forts niveaux de pollution. Tous ces facteurs ont poussé le gouvernement à dresser un plan 2026 qui vise à assurer la sécurité hydrique pour les familles, pour une agriculture résiliente et pour une durabilité environnementale. C'est pourquoi la Bolivie travaille d'arrache-pied avec une volonté de faire. Elle a mis en place des lois et des règles dans le but de transformer la gestion hydrique et d'utiliser l'irrigation d'une manière moderne. Nous souhaitons également sensibiliser quant au rôle de l'eau dans l'environnement et catalyser les investissements afin de nourrir le développement, améliorer la productivité et conserver l'équilibre avec l'environnement. Merci.

[Alamine Ousmane Mey]
Merci d'honorer le Cameroun en nous ayant invités à participer à cet événement. J'aimerais dire que mon pays a été béni en matière de ressources. Cependant, il y a des défis qui sont en train d'avoir des effets néfastes sur la sécurité hydrique et la sécurité alimentaire. Comme on l'a fait dans le cadre de la Mission 300, notre approche est vraiment très engagée parce que nous pensons que cette initiative « Place à l'eau » joue un rôle important. Nous devons mettre en place une vision holistique de la gestion des ressources hydriques. C'est absolument essentiel. Deuxièmement, nous pensons qu'optimiser les affectations budgétaires est crucial. Et troisièmement, il est clair à nos yeux que les réformes sont absolument essentielles afin d'encourager des réformes de nos économies pour garantir l'accès à des ressources essentielles telles que l'eau. C'est cela qui nous a poussé à rejoindre cette initiative importante de la Banque mondiale. Nous espérons que celle-ci va être à même de mobiliser les ressources qui proviennent à la fois des acteurs multilatéraux, mais également du secteur privé. Afin de s'assurer qu'ensemble, on puisse atteindre l’objectif de développement durable 6 concernant l'accès à l'eau et à l'assainissement. Le Cameroun est prêt à jouer sa part et nous apprécions toutes les contributions des différents Un grand merci pour cette initiative.

[Applaudissements]

[Souleymane Diarrassouba]
400 millions d'Africains n'ont pas accès à l'eau potable. Le président Alassane Ouattara, champion de l'Agenda 2063 de l'Union africaine, a décrété 2026, année de l'eau potable. La Côte d'Ivoire, mon pays, a un accès d'eau potable de 77 %. Il y a un accès aux services sanitaires de l'ordre de 40 %, avec des disparités entre les zones rurales et les zones urbaines. Le pacte que nous venons d'avoir au titre de l'eau permettra de garantir aux 32 millions d'habitants en Côte d'Ivoire une eau potable sûre, de réduire les disparités, de combler notre état au niveau des services d'assainissement d'investissement et également de protéger nos quatre grands bassins fluviaux. Mais d'autre part, il nous permettra ce pacte, qui est une solution structurante, d'accéder plus facilement au marché financier et de renforcer la viabilité de ces secteurs, avec la mobilisation de l'ensemble de nos partenaires de 7,5 milliards de dollars US, dont un milliard de dollars de capitaux privés, à l'effet qu'à l'horizon 2030, l'eau potable, l'eau sûre et les services d'assainissement soient accessibles à tous les Ivoiriens. Je vous remercie.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci. La Jamaïque.

[Matthew Samuda]
Monsieur le Président, Excellence, chers collègues, alors que les risques climatiques s'intensifient pour les États insulaires, la Jamaïque reste engagée à renforcer ce secteur afin de fournir des services hydriques résilients et solides qui soutiennent le développement national et créer des emplois. Nous avons un pacte 2030 qui positionne notre pays dans une voie de réforme claire vers l'accès universel à une eau sûre et fiable, tout en renforçant la résilience climatique. La Jamaïque travaille avec le Groupe de la Banque mondiale sur cette initiative de l'eau et nous en sommes très heureux parce que cela va nous aider à atteindre les objectifs à l'horizon 2030, notamment l’objectif de développement durable 6. Je vous remercie.

[Julie Hyman]
Merci. La Jordanie.

[Applaudissements]

[Zeina Toukan]
Comme vous le savez, la Jordanie est un des pays qui souffre le plus de la pénurie d'eau à travers le monde. Il y a des pressions régionales, l'effet du changement climatique. Donc, tout cela nous pousse à faire de cette pénurie des opportunités. Nous essayons d'améliorer l'efficience des services publics. Nous travaillons sur un cadre de gouvernance ainsi qu'un plan à long terme pour la viabilité et la durabilité du secteur de l'eau, tout en renforçant la résilience climatique. Nous sommes heureux de faire partie de cette initiative. Nous lançons le Pacte pour l'eau 2030 en Jordanie avec un pipeline d'investissement important au cours de ces prochaines années. Notre but est de sécuriser des ressources hydriques grâce à la désaliénation et de continuer également de travailler à réduire les pertes en eau tout en maximisant la valeur de l'eau. Cela contribue à la prospérité, à la sécurité alimentaire et également à créer des emplois de meilleure qualité et dignes.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci. Le Kenya.

[John Mbadi Ng’ongo]
Merci beaucoup, mesdames et messieurs. Le Kenya est la plus grande économie dans la sous-région. Cependant, le Kenya consiste environ en deux pays en un, parce qu'il y a une partie verte à l'ouest du pays, mais une grande partie du pays est un terrain aride ou semi-aride. Évidemment, tout cela crée une forte pression en matière d'eau. Nous sommes face à un écart entre une demande de croissance pour l'eau et l'assainissement. Et puis, d'un autre côté, un approvisionnement vulnérable avec une couverture adéquate, réduite. Tout cela fait de la sécurité hydrique un risque macro budgétaire. Notre pacte de l'eau va nous aider à clore cet écart d'accès grâce à un programme avec des financements prévus qui vont permettre de mobiliser le capital privé afin de donner un accès universel à l'eau et à l'assainissement avec des objectifs à l'horizon 2030 en matière de résilience climatique. Prioriser la question de l'eau nous a permis d'identifier quatre piliers. Le transport aérien et maritime, les grands axes routiers et l'eau sont parmi ces piliers de notre économie. C'est pourquoi nous avons rédigé un projet de loi qui est maintenant devant le Parlement avec un fonds qui a été créé, un capital d'amorce qui a été créé par des avoirs publics et privés. 3 milliards de dollars ont été d'ores et déjà levés et nous allons essayer maintenant de faire participer le secteur privé à ce financement afin de soutenir nos priorités en matière hydrique. Merci.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Je vous remercie. Le Sénégal.

[Cheikh Diba]
Mesdames, messieurs, au Sénégal, l'eau n'est pas une des sources parmi d'autres. L'eau n'est pas une des sources parmi d'autres. C'est la condition première de notre existence et de notre souveraineté. Chaque année, plus de 10 % de notre PIB est perdu à cause de l'insécurité hydrique. Et chaque jour, sans eau potable, c'est une petite fille qui n'ira pas à l'école, c'est un agriculteur qui ne produira pas, c'est un hôpital qui ne peut pas soigner. Vous voyez donc bien que l'eau est une promesse de dignité. Et cette promesse ne peut plus attendre. Nous devons agir et agir vite. Et c'est pourquoi nous sommes très heureux d'être là. D'être là pour lancer Water Forward, mais être là pour célébrer le Groupe de la Banque mondiale avec son président et ses multiples visages. Félicitations pour les bills d'initiatives. Vous nous avez habitué à la nourriture pour tous, à l'éducation pour tous, à la santé pour tous, à la connexion pour tous, à AgriConnect. Aujourd'hui, voilà que vous nous amenez l'eau pour tous. Nous sommes fiers de vous et du travail que vous faites avec vos partenaires à côté de nos pays. Le Sénégal manifeste et réaffirme son engagement à côté de vous. Je vous remercie.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Sierra Leone.

[Sheku Ahmed Fantamadi Bangura]
Merci. Sierra Leone, on a été béni avec des ressources en eau abondante. Cependant, nous avons ce paradoxe de la sécurité hydrique parce que juste 10 % de notre population a accès à de l'eau dûment gérée. 25 % pratiquent toujours la défécation à ciel ouvert. Et bien sûr, il y a tout ce qui a attrait aux pratiques hygiéniques de base qui sont encore lacunaires et malheureusement, tous ces problèmes coûtent beaucoup de vie. Tout cela a des répercussions sur les moyens de subsistance de la population et en fin de compte, sur l'économie du pays. Grâce à cette initiative et ce pacte d'un milliard de dollars pour l'eau, nous allons pouvoir promouvoir des réformes des services publics, améliorer la gouvernance de l'eau et également utiliser les services de manière efficiente pour assurer un meilleur accès à l'eau d'ici 2030. Nous souhaitons que la Banque et les autres partenaires puissent avoir un effet de levier pour le capital privé pour qu'il y ait ensuite une réforme et puis des progrès réalisés pour notre population.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci l'Ouzbékistan.

[Jamshid Kuchkarov]
Merci mesdames et messieurs. Les ressources hydriques sont devenues une question politique importante à l'échelle nationale. Nous avons 10 objectifs à atteindre d'ici 2030, notamment mettre à l'échelle nos systèmes d'irrigation pour couvrir l'ensemble de notre territoire, avoir un accès entier et complet à l'eau potable, assurer la résilience climatique et la bonne gestion des ressources en eau. Au cours des cinq dernières années, nous avons investi plus de 5,9 milliards de dollars dans la modernisation des systèmes d'irrigation avec des technologies pour économiser de l'eau, notamment plusieurs millions provenant d'institutions de financement international à cette fin. Nous avons également l'irrigation au goutte à goutte qui est pratiquée à large échelle dans notre pays. Nous sommes heureux de voir que notre pacte-pays est aligné sur la stratégie 2030. Il ne s'agit pas simplement d'un projet, mais plutôt d'une plateforme nationale pour une réforme institutionnelle et un investissement dans trois piliers : l'eau pour la population, l'eau pour l'alimentation et l'eau pour la planète. Nous apprécions beaucoup le leadership et le partenariat de la Banque mondiale et son soutien envers ces objectifs. Merci.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci. Je souhaite souligner également le Cambodge et le Vietnam qui n'ont pas pu participer aujourd'hui en personne, mais qui ont fait partie des efforts également. En effet, il est nécessaire d'améliorer la gestion de l'eau et grâce à ce pacte, le Cambodge va renforcer la gestion de l'eau afin de fournir des services hydriques. Le Vietnam, d'ici 2030, va assurer un acheminement de l'eau suffisant pour une utilisation nationale avec 100 % des ménages urbains et 80 % des ménages ruraux qui seront connectés. Le but est d'avoir une gestion de l'eau intégrée pour améliorer l'infrastructure et avoir des systèmes de gouvernance plus solides. Merci à tous. Voilà à quoi ressemble le leadership des pays lorsque l'engagement se traduit en actes.

[Pause]
Parlons maintenant des résultats qu'on évoque aujourd'hui. Comment faire en sorte que le financement et les engagements créent des emplois à large échelle ? Plongeons dans le vif du sujet sans plus tarder. Je souhaite la bienvenue à Reem Alabali Radovan, ministre fédérale de la Coopération économique et du Développement de l'Allemagne. Et puis, nous avons également Kate Hampton, directrice générale de Children's Investment Fund Foundation. Merci d'être ici avec nous. Carlos, j'aimerais commencer par vous. SABESP, c'est la première entreprise de réseau de distribution d'eau par le nombre de personnes desservies, vous avez été nommé PDG, vous avez levé des fonds sur les marchés pour mobiliser des investissements et élargir l'accès. L'un des éléments principaux qui nous intéressent aujourd'hui, c'est de savoir comment lever ces fonds auprès du secteur privé. Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ? Comment êtes-vous parvenu à attirer ces fonds privés et les acheminer vers le secteur de l'eau ?

[Carlos Piani]
Julie, je pense qu'il y a trois conditions préalables. D'abord, il faut une politique réglementaire, une visibilité. Les actifs hydriques sont des actifs à long terme qui ont besoin de réglementation solide et stable. À long terme, les contrats doivent être respectés. Les conditions de ces contrats doivent être claires. Deuxièmement, il faut que les institutions soient crédibles, il faut une bonne gouvernance, il faut une gestion professionnelle, il faut que les comptes soient rendus parce qu'en général, les capitaux suivent lorsqu'il y a de la confiance et de la crédibilité. Troisièmement, l'ambition seule ne suffit pas. Il faut avoir des objectifs, des projets qui peuvent être financés. Il faut disposer d'objectifs clairs. Et ce sont ces trois éléments qui doivent être réunis. À la SABESP, nous avons justement pu lever des fonds grâce à ces trois paramètres. Nous avons privatisé il y a un an et demi, nous avons déjà levé 6 milliards de dollars, 3 milliards l'année dernière. Autrefois, l'entreprise était publique, elle a été privatisée et nous avons relié énormément de gens au réseau de distribution d'eau. Nous avons connecté 1,8 million de personnes. 6 millions de personnes maintenant ont accès à des services d'assainissement et d'enlèvement des ordures, et également à des emplois dans la construction. Nous avons également mis sur la table 8 milliards de dollars sur d'autres projets. Dans l'ensemble, l'actif hydrique n'est pas seulement un service public, c'est aussi un actif susceptible d'investissement dans des conditions bien définies.

[Julie Hyman]
Tout cela est très concret avec ces chiffres que vous avez cités. Kate, souvent, la philanthropie est considérée comme du capital-risque. Dans le secteur de l'eau, comment pensez-vous que des organisations comme le CIF peuvent diminuer les risques inhérents à ces innovations et attirer d'autres partenaires financière ? Et à quel moment faut-il que les organisations philanthropiques se retirent et laissent la place au secteur privé ?

[Kate Hampton]
Nous sommes ravis de faire partie de cette initiative. La philanthropie est très utile lorsqu'il y a de bonnes idées, lorsque les choses fonctionnent, mais que les efforts ne sont pas déployés à grande échelle. Nous pouvons mettre en place des modèles, par exemple, pour des systèmes auprès des écoles. Nous le faisons à Addis-Abeba. Autre manière de procéder : il s'agit d'avoir des approches basées sur les risques. Et troisièmement, il faut soutenir les systèmes en amont : réformes, qualité des données. Il s'agit de réduire l'incertitude avec ces financements flexibles. Il s'agit de bien comprendre les risques et de les maîtriser, mais soyons clairs sur la réussite. La réussite, ce n'est pas tellement les mouvements de fond, ce sont les résultats concrets qui sont obtenus sur le terrain, c'est-à-dire des enfants qui ont accès à de l'eau propre, qui ont accès à des services d'assainissement, à des coûts abordables chez eux et à l'école. Voilà les résultats qui importent.

[Julie Hyman]
Nous avons eu le point de vue du secteur privé, de la philanthropie. Maintenant, demandons au secteur public. Madame la Ministre. L’Allemagne, depuis longtemps, défend les systèmes hydriques et d'assainissement. Il s'agit là d'emplois, de croissance et de services de distribution qui fonctionnent bien. De votre point de vue, vous qui dirigez la Coopération économique et du Développement de l'Allemagne, quelles sont les conditions qui sont nécessaires pour que les réformes de la gestion de l'eau portent leurs fruits ?

[Reem Alabali Radovan]
Merci. Avant d'évoquer la question de l'eau, j'aimerais insister sur le point suivant : l'eau, c'est la ressource stratégique du XXIᵉ siècle. Il s'agit également d'un enjeu géopolitique. Nous le voyons en ce moment au Moyen-Orient avec des attaques ciblées contre des usines de dessalement de l'eau. L'aspect géopolitique de l'eau n'est pas à négliger. Et puis, bien entendu, l'eau est un droit humain. Lorsque nous évoquons la question des réformes, il faut bien avoir ces éléments à l'esprit. Trois conditions doivent être réunies pour que les réformes portent leurs fruits. D’abord, il faut que le personnel politique s'approprie les réformes. Il faut que les pouvoirs publics s'impliquent au niveau national comme au niveau local. Deuxièmement, il faut des institutions solides et des entreprises de distribution qui fonctionnent bien, qui sont bien régulées. Et troisièmement, bien entendu, il faut de la coopération internationale. La sécurité hydrique est un enjeu régional, un enjeu mondial qui transcende les frontières, d'où la nécessité d'une coopération internationale. Il faut également pouvoir disposer de financements à des conditions concessionnelles qui permettent au pouvoir public des différents pays d'investir dans des services d'assainissement, de distribution de l'eau propre. Et cela permet de réduire les risques et d'attirer les investissements privés. Nous combinons donc tous ces aspects.

[Julie Hyman]
La question de l'alignement, de l'harmonisation a été mentionnée à de nombreuses reprises : partenariat, financement, actions publiques. C'est donc très important. Merci de nous avoir rejoints aujourd'hui. Merci beaucoup. Voyons maintenant comment ces actions se traduisent de manière concrète. Écoutons maintenant tous ces jeunes gens du Cambodge à Madagascar, du Liban à Sainte-Lucie. Les jeunes gens veulent faire entendre leur voix. C'est WaterAid qui a permis de réaliser les témoignages que nous allons entendre maintenant.

[Orateurs multiples]
L'eau, c'est la vie, c'est l'espoir. C'est une opportunité que nous ne pouvons pas laisser de côté. Nous devons agir et nous devons agir ensemble. Nous devons agir de concert. Les systèmes alimentaires pourraient s'effondrer. Les communautés pourraient être déracinées. La menace est réelle, mais elle n'est pas inévitable. C'est une crise que nous pouvons résoudre si nous avançons ensemble désormais. Nous avons besoin d'engagement. Nous avons besoin de réfléchir à long terme, au-delà des cycles électoraux et des bénéfices trimestriels. Il faut investir dans des infrastructures résilientes, dans l'agriculture intelligente, dans des systèmes d'eau fiables, des toilettes décentes, de la bonne hygiène, parce que chaque dollar investi dans l'eau propre produit beaucoup de bénéfices sur le plan de la santé, de la stabilité et de la croissance économique. Les gouvernements, les partenaires, les entreprises, les individus doivent travailler tous ensemble, car l'eau nous rassemble tous. C'est le moment d'agir ensemble de manière à ce que l'action publique et les finances donnent des résultats. Il faut que les gens puissent voir les résultats sur le terrain. C'est le moment de nous retrouver et d'agir ensemble au service de ce qui rend tout possible : l'eau.

[Julie Hyman]
Passons maintenant aux partenaires pour le financement. Il va être encore question d'alignement. Les institutions financières doivent pouvoir agir de concert et non pas de manière parallèle. Nous allons maintenant donner la parole à des banques multilatérales de développement. Il y aura donc Zou Jiayi, président de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures, Carlo Monticelli, de la Banque de développement du Conseil de l'Europe, Nadia Calviño, présidente de la Banque européenne d'investissement, Ilan Goldfajn, président De la Banque interaméricaine de développement, Scott Morris, vice-président de la Banque asiatique de développement et Mark Bowman, vice-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, ainsi que Dr Zamir Iqbal, vice-président de la Banque islamique de développement. Chacun de ces intervenants va décrire les contributions de leurs institutions respectives et leurs objectifs.

[Zou Jiayi]
Mesdames et messieurs, je représente la Banque asiatique de développement pour les infrastructures. Je suis ravie envie d'être ici avec d'autres collègues de différentes banques multilatérales de développement pour parler de la sécurité hydrique. L'eau est le besoin humain le plus essentiel. Un besoin de base. L'eau est indispensable aux systèmes d'infrastructures qui sont à la base de la croissance économique, des emplois et de la résilience économique. Nous nous attachons à améliorer les infrastructures dépendantes de l'eau. Ces dernières années, nous avons financé différents projets dans les domaines de l'approvisionnement en eau, de l'irrigation, de l'assainissement. Et nous nous attachons à protéger les communautés locales des catastrophes liées à l'eau. Nous protégeons et nous soutenons la sécurité hydrique pour au moins 90 millions de personnes. Nous avons également notre rapport annuel. Cette année, cette publication phare va beaucoup porter sur la question de la gouvernance de l'eau. Ce rapport sera officiellement publié demain. Cependant, l'ampleur du défi nécessite des actions concrètes plus que des rapports. Notre objectif est donc d'assurer la sécurité hydrique à au moins 100 millions de personnes d'ici 2030. Notre institution, peut-être, ne fournit qu'une contribution modeste, mais si nous travaillons ensemble, nous pouvons transformer notre ambition en résultat concret. Je vous remercie.

[Carlo Monticelli]
Bonjour à tous. Je suis Carlo Monticelli, le gouverneur de la Banque de développement du Conseil de l'Europe. C'est la seule banque de développement sociale pour l'Europe. L'eau fait partie intégrante de notre mandat. Un accès inégal à l'eau propre et à l'assainissement est facteur d'inégalité. Cela nuit à la santé, à la dignité et limite les possibilités. L'insécurité hydrique frappe de plein fouet les ménages les plus pauvres, en particulier dans les communautés marginalisées. Il s'agit de cet écart de vulnérabilité que nous cherchons à combler à la Banque de développement du Conseil de l'Europe. L'eau est également un facteur essentiel d'égalité. Un approvisionnement en eau sûre et des services d'assainissement transforment la vie quotidienne des gens. L'irrigation permet de créer des emplois et de protéger les moyens de subsistance. La protection contre les inondations et les crues permettent d'empêcher des pertes. Ces investissements sont facteurs de résilience et de cohésion sociale. De plus, les risques hydriques sont liés au climat. Et pour notre banque, le changement climatique revêt également un aspect social. Les pénuries, les sécheresses les inondations frappent de plein fouet les groupes les plus vulnérables et sont susceptibles de perturber les économies et les sociétés. Aujourd'hui, nous sommes fiers de rejoindre cette initiative « Place à l'eau » et nous nous engageons à améliorer la sécurité hydrique pour au moins 3 millions de personnes. Je vous remercie.

[Nadia Calviño]
Bonjour à tous. Je suis Nadia Calviño, présidente de la Banque européenne d'investissement avec des projets phares du Pakistan, de la Jordanie à la Gambie. Cette semaine, ce qu'on va faire, c'est qu'on va travailler ensemble avec la Banque mondiale en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour fournir de l'eau propre dans des régions urbaines. C'est pourquoi je suis très heureuse d'avoir rejoint cette initiative Water Forward afin de fournir de l'eau propre pour 300 millions de personnes d'ici 2030. C'est une contribution vers cette cible que nous avons à long terme. La Banque européenne d'investissement va également présider des initiatives de ce type et nous allons faire de l'eau et de la résilience une de nos initiatives clés. On espère pouvoir fournir des résultats concrets pour améliorer les moyens de subsistance et les opportunités à tous. Félicitations à tous et merci pour cette opportunité. C'est justement ce type de partenariat dont on a besoin.

[Ilan Goldfajn]
Bonjour, je suis Ilan Goldfajn, président de la Banque interaméricaine de développement, la BID, et la Banque de développement d'Amérique latine et des Caraïbes. Je suis heureux de faire partie de cette initiative pour parler aujourd'hui de cette question si importante qu’est l'eau. L'eau est essentielle à la vie, elle est également essentielle à l'activité économique. Je suis heureux de faire partie du lancement de cette initiative « Place à l'eau ». Merci à Ajay, merci à tous nos collègues. Nous aimerions nous engager à atteindre 50 millions de personnes en Amérique latine et dans les Caraïbes d'ici 2030. Cela signifie indirectement encore plus de monde. Ce sont 126 millions de personnes qui, en fin de compte, vont pouvoir bénéficier de cette initiative. C'est pourquoi cette initiative est absolument cruciale. Elle nous mobilise tous et elle nous donne un cadre pour continuer de travailler ensemble, pour mettre des projets à l'échelle, pour améliorer nos institutions et pour mobiliser également le secteur privé. Je vous remercie.

[Scott Morris]
Merci, chers collègues. Je représente aujourd'hui la Banque asiatique de développement. J'aimerais dire que si on regarde 2025, on voit des progrès, mais également un sentiment d'urgence. Au cours des dix dernières années, 2,7 milliards de personnes sont sortis de l’insécurité hydrique extrême en Asie et dans le Pacifique. Cependant, il reste encore du chemin à parcourir en raison des catastrophes naturelles, des manques d'investissement et de la détérioration de l'environnement. Ce sont des facteurs qui mettent en péril nos acquis. Il faut s'attaquer à tous ces facteurs. Aujourd'hui, j'aimerais annoncer deux actions clés au nom de ma banque. Tout d'abord, en concernant cette initiative « Place à l'eau », 100 millions de personnes vont être atteintes dans l'Asie et le Pacifique d'ici 2030, avec une eau propre, de l'assainissement, de l'irrigation et une meilleure résilience aux inondations et aux tempêtes. Nous allons également coordonner nos efforts pour nous assurer que le deuxième rapport sur le financement de l'eau va, pour la première fois, mesurer non seulement la finance, mais également les personnes, à savoir les bénéficiaires de tous ces projets, en s'alignant ainsi sur les objectifs de l'initiative « Place à l'eau ». Au-delà de 2030, on va continuer de renforcer notre rôle pour devenir le partenaire de choix pour la sécurité hydrique en Asie et dans le Pacifique, alors qu'on se réjouit de participer en 2026 à la Conférence de l'ONU sur l'eau et à d'autres événements également de grande ampleur ces prochaines années. Merci.

[Mark Bowman]
Merci, je suis Mark Bowman, vice-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. C'est un plaisir que d'être ici avec vous aujourd'hui. La BERD soutient ce programme, « Place à l'eau ». C'est un programme qui est étroitement aligné sur nos propres priorités en matière hydrique, avec une sécurité hydrique intégrée, une meilleure une mobilisation du secteur privé. J'aimerais dire qu'on est engagé à travailler ensemble en partenariat sur ces différents objectifs. L'eau est une priorité stratégique pour notre banque. Elle est reflétée dans notre stratégie du secteur privé, notre économie verte, notre politique d'inclusion économique. Nous avons des programmes phares également concernant plusieurs villes. Ces programmes se sont décuplés au fil du temps. On a investi également dans des systèmes d'eau durables en combinant le dialogue avec différents partenaires afin d'améliorer les cadres réglementaires, le fonctionnement des services publics et également contribuer à mettre en place des conditions propices pour l'investissement du secteur privé. Nous finançons des projets du secteur privé dans la gestion des eaux usées, dans l'acheminement en eau, dans le dessalement et on fournit également des conseils aux PPP pour trouver des solutions bancables et bien conçues. Notre banque estime que notre soutien peut améliorer l'accès à 20 millions de bénéficiaires directs d'ici 2030, mais bien sûr avec un impact indirect qui sera beaucoup plus important si nous travaillons tous ensemble.

[Zamir Iqbal]
Monsieur le Président, Excellence, mesdames et messieurs, bonjour à tous. Il ne fait aucun doute que l'eau est au cœur de la résilience climatique, de la sécurité alimentaire et du développement humain. Cependant, l'ampleur de l'insécurité hydrique mondiale nous pousse à changer d'approche pour passer maintenant à des solutions coordonnées et évolutives afin de pouvoir tous contribuer dans le même sens dans le cadre de cette initiative. La Banque islamique de développement s'inscrit dans cette vision. Nous avons un pipeline de projets importants avec 85 millions de bénéficiaires atteints entre 2026 et 2030, et ce dans trois piliers de notre action : de l'eau pour les personnes, de l'eau pour les aliments et de l'eau pour la planète. Ces cibles ont été fondées sur des données probantes et s'alignent sur notre programme de travail annuel. Elles sont également conformes à nos capacités de financement pour assurer à la fois des ambitions élevées et une durabilité. Dans notre portefeuille existant, nous avons déjà des résultats à l'échelle à montrer. Par exemple, pour le pilier l'eau pour les personnes, il y a eu des programmes de résilience qui ont été mis en place avec 2 milliards de cofinancements qui permettent d'améliorer les services d'eau et d'assainissement en milieu urbain avec 17,5 millions de personnes qui ont été visées. Ça, c'est en Turquie. Au Kazakhstan également il y a des projets de développement qui soutiennent plus de 300 000 hectares de sols irrigués, ce qui bénéficie à des centaines de milliers d'agriculteurs et améliore la sécurité alimentaire de la population. Il y a également le programme de protection des barrages qui protège environ 600 000 personnes des risques d'inondation. On est à disposition pour continuer de travailler avec tous les partenaires pour mettre à l'échelle le financement, mobiliser des instruments et essayer d'atteindre notre but d'un milliard de bénéficiaires à l'horizon 2030. Merci.

[Julie Hyman]
Merci à tous. Il y a également une nouvelle banque de développement qui se joint à notre initiative et qui s'est engagée à améliorer la sécurité hydrique pour 70 millions de personnes d'ici 2030. Comme Ajay a dit, le Groupe de la Banque mondiale se mobilise pour venir en aide à 400 millions de personnes. Je propose qu'on en revienne aux jeunes parce que sans eux, tout cela ne serait pas possible.

[Orateurs multiples]
L'eau est là où tout commence. L'eau devient récolte, la récolte devient moyen de subsistance. Avec une fourniture fiable de l'eau propre, nous pouvons vivre de manière plus sûre, les jeunes peuvent rester à l'école, les communautés peuvent prospérer et chaque goutte compte. Chaque goutte apporte des opportunités. Le changement commence avec l'eau, car l'eau n'est pas qu'une question de survie, c'est également une question de sécurité, de dignité et une chance de bâtir un avenir meilleur. Cela crée des emplois et permet d'alimenter l'innovation. Lorsque les gens ont accès à l'eau, ils peuvent débloquer leur potentiel. Qu'ils habitent dans des petits villages ou dans de grandes villes. L'eau alimente la création d'emplois et la productivité. L'eau, c'est l'avenir. C'est la force de nos économies, la résilience de nos communautés et la sécurité de notre planète. Tout provient de la même source. L'eau est le fondement du travail et de la prospérité. L'eau, c'est ce qui change tout.

[Fin de la vidéo]

[Julie Hyman]
On a entendu les pays et les bailleurs de fonds. Je propose maintenant de passer à la suite de notre programme avec Alvaro Lario, président du Fonds international de développement agricole, FIDA, ainsi qu’Abdulhamid Alkhalifa, représentant du Fonds de l'OPEP pour le développement international, Lorenzo Ortona, coordinateur national adjoint pour la mise en œuvre du Plan Mattei pour l'Afrique, Cabinet du Premier ministre de l'Italie, Abdulla Balalaa, ministre assistant pour l’énergie et la durabilité du ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Meike Van Ginneken, envoyée des Pays-Bas pour l'eau, Michael Goltzman, vice-président principal du développement durable à l'entreprise Coca-Cola, et puis Tim Wainwright, directeur général de WaterAid au Royaume-Uni. J'ai demandé à chacun d'entre eux de répondre à une question en une phrase. Quel est votre engagement envers l'initiative « Place à l'eau » et comment faire pour transformer cela en opportunité économique ? Monsieur Lario, allez-y.

[Alvaro Lario]
Merci Ajay. J'aimerais dire que le Fonds international de développement agricole est très fier de faire partie de cette plateforme. Comme l'a expliqué le président Banga, 70 % de l'eau douce est dirigée vers l'agriculture. Cependant, en Afrique subsaharienne, par exemple, seuls 6 % des terres arabes sont irriguées, par opposition à 40 % en Asie du Sud. Cela signifie que nous avons véritablement besoin d'infrastructures en eau pour irriguer ces terres arables avec des techniques d'irrigation modernes, des systèmes de goutte à goutte ou avec des panneaux solaires ou d'autres méthodes encore qui permettent d'améliorer l'efficience de 100 %, ce qui se répercute ensuite sur leur revenu. Je me réjouis de co-investir avec les autres banques multilatérales, les gouvernements et le secteur privé, pour avancer vers les objectifs. Aujourd'hui, nous sommes heureux d'annoncer que nous souhaitons atteindre 6 millions de personnes et d'agriculteurs ruraux d'ici 2030. Cela s'ajoute à nos cibles dans le cadre d'AgriConnect qui visait déjà 70 millions.

[Applaudissements]

[Abdulhamid Alkhalifa]
Merci. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole a une longue histoire d'activités dans ce secteur, en particulier dans les petits états insulaires en développement. Nous avons eu des résultats tangibles. À l'heure actuelle, nous travaillons à assurer l'accès à l'eau à plus de 10 millions de personnes d'ici 2030. Nous nous sommes également engagés à hauteur d'un milliard de dollars afin de raccorder 50 millions de personnes de plus d'ici 2030. Pour répondre à la question, en tant qu'institution de développement, je pense qu'on doit se concentrer sur deux questions. Tout d'abord, nous devons tirer bénéfice des innovations technologiques. Je crois que la technologie est un atout et nous devons en tirer profit. Cela peut nous permettre de fournir d'avantages de ressources en eau pour la population, pas simplement pour l'utilisation des ménages ou en milieu urbain, mais également pour l'agriculture, comme le président du Fonds international de développement agricole l'a bien expliqué. Deuxièmement, nous devons également canaliser nos efforts vers les outils de financement. Ici encore, on a démontré notre efficacité pour attirer le secteur privé. On l'a fait du côté du secteur de l'énergie. Avant les années 2000, ce secteur privé était surtout entre les mains du gouvernement. À l'heure actuelle, c'est le secteur privé qui génère le plus d'énergie. Donc, je propose qu'on travaille ensemble pour accélérer la recherche, attirer le secteur privé et comme Ajay l'a très bien dit ce matin, atteindre tous ces objectifs à l'unisson.

[Applaudissements]

[Lorenzo Ortona]
Mesdames et messieurs, bonjour. L’Italie a le grand plaisir de rejoindre aujourd'hui l'initiative « Place à l'eau » en l'intégrant dans sa vision plus large pour l'Afrique. L'eau est un pilier essentiel de l'agenda 2026. Conformément à l'agenda de l'Union africaine, nous nous attachons à étendre notre participation avec la Banque mondiale dans cinq macro projets qui sont déjà prévus pour 2026 en nous appuyant sur les partenariats réussis en 2025 dans le domaine énergétique. Dans le cadre de la Mission 300 dont Ajay a parlé. L’Italie s'engage à mettre à disposition son savoir-faire et son expertise et à mobiliser les ressources nécessaires pour améliorer la vie des Africains en les aidant à avoir un meilleur accès à l'eau et en augmentant la résilience de cet accès à l'eau. Je remercie encore une fois la Banque mondiale pour cette initiative « Place à l'eau ».

[Applaudissements]

[Abdulla Balalaa]
Bonjour mesdames et messieurs, Monsieur Banga. Nous, aux Émirats arabes unis, nous souhaiterions tous vous inviter à nouer un partenariat avec nous pour faire en sorte que cette ressource précieuse ait toute sa place. S'agissant des questions auxquelles je ne pourrais pas répondre en une minute ou en une phrase, je peux vous dire que les Émirats arabes unis ont fait beaucoup et nous souhaitons faire encore davantage. Nous avons annoncé la création de notre plateforme pour l'eau. Nous avons mis un milliard de dollars sur la table pour 10 millions de personnes. Et nous ajouterons encore de l'argent quand d'autres nous rejoindront. Nous avons un partenariat avec XPRIZE et l'objectif est de mettre à disposition une technologie de dessalement qui soit à grande échelle et abordable. Et cela jouera un rôle à la Conférence des Nations Unies sur l'eau. Je suis heureux d'être ici aujourd'hui et je souhaite féliciter Ajay, qui est un collègue et un ami. J'aimerais aussi féliciter le Groupe de la Banque Mondiale pour cette initiative si nécessaire. Je vous remercie.

[Applaudissements]

[Meike Van Ginneken]
Les Pays-Bas sont un pays qui a une relation particulière à l'eau, qui en est très fier. Nous intervenons pour le climat, pour la dignité humaine, contre la faim et pour la paix. Vous pouvez compter sur nous à la Banque mondiale. Nous serons votre partenaire sur le long terme. Nous sommes le septième plus gros donateur de l’Association internationale de développement. À nos amis d'autres banques multilatérales de développement, vous pouvez compter sur nous. Nous serons à vos côtés. Nous donnerons et nous participerons à ces partenariats. Aux ministres des gouvernements, nous sommes à vos côtés et nous pouvons compléter les milliards de dollars que cette initiative permettra de mobiliser. Vous pouvez donc compter sur nous. Nous vous ferons part de notre savoir-faire et nous chercherons à élargir l'accès à plus d'un milliard de personnes. Je crois qu'il y a déjà des promesses de don, mais je n'en dirai pas plus. Et j'aimerais faire écho à ce qui a été dit par Danielle ce matin. Il nous faut faire avancer les choses dès aujourd'hui et non pas dans un futur distant. Merci.

[Applaudissements]

[Michael Goltzman]
L'entreprise Coca-Cola soutient cette initiative car l'eau est essentielle pour nos entreprises et pour nos communautés. Et c'est pourquoi, depuis 2015, nous rendons à la nature et aux communautés plus de 100 % de l'eau que nous utilisons pour notre activité. Nous contribuons à l'efficience de l'agriculture, l'accès à l'eau, l'assainissement, la résilience face au changement climatique, par exemple, grâce au financement de notre fondation et d'autres partenaires. Et par l'intermédiaire d'un fonds fiduciaire multidonateurs, nous avons investi dans le Uttar Pradesh pour aider les petits agriculteurs de cette région, pour les aider à utiliser des technologies plus efficaces et pour améliorer leur usage de l'eau. L'entreprise Coca-Cola et sa fondation continuera à investir pour faire avancer cette initiative et contribuer à la sécurité hydrique.

[Applaudissements]

[Tim Wainwright]
Merci beaucoup. Je suis ravi d'être là. J'aimerais vraiment vous remercier pour votre leadership dans ce domaine. L'eau est à la base de tout : l'économie, l'égalité des sexes, les emplois. C'est une base essentielle. Les progrès ne sont pas assez rapides et nous risquons de repartir en arrière. Les solutions sont parfois étonnamment simples. Ce qui nous manque depuis des décennies, c'est la volonté politique et les financements à l'échelle requise. Et cette initiative « Place à l'eau » permet d'associer ces deux ingrédients indispensables. Voilà pourquoi je suis ravi d'être ici aujourd'hui. WaterAid soutient pleinement cette initiative à 100 %, à 150 %. Et nous souhaitons nous tenir aux côtés des personnes les plus pauvres, et en particulier des femmes et des filles. Nous travaillerons en partenariat avec les États, avec les gouvernements, les autorités, les collectivités locales, avec les entreprises de distribution de l'eau de manière à obtenir des résultats durables et résilients, car l'eau est à la base de tout et personne ne peut s'en passer. Merci.

[Applaudissements]

[Julie Hyman]
Merci à tous. Je suis bien consciente que ce n'était pas une tâche facile de résumer tout cela en quelques mots, mais bien sûr, les conversations vont se poursuivre. Merci pour votre participation. Nous avons eu le point de vue de nos invités, de nos orateurs, mais n'oubliez pas que vous pouvez aussi vous exprimer, utiliser le mot dièse WBGMeetings, et vous pouvez également vous rendre sur le site live.worldbank.org. Nous avons donc une image d'ensemble sur l'importance de l'eau pour les emplois, la croissance. Nous voyons que différents partenariats permettent d'agir à grande échelle. Nous avons entendu parler du secteur privé, du secteur public, des partenaires multilatéraux. La question, c'est de savoir ce qui va se passer à partir de maintenant. C'est pourquoi j'aimerais redonner la parole maintenant au président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga.

[Applaudissements]

[Ajay Banga]
Je ne suis pas seul. Je suis venu avec le secrétaire général des Nations Unies.

[Applaudissements]
Il va nous permettre de nous aider à conclure cet événement. J'aimerais d'abord vous dire quelques éléments. La crise au Moyen-Orient représente beaucoup de difficultés pour nos partenaires. Il nous faut toujours avoir en tête le moyen terme et le long terme. Et l'eau est un enjeu, justement, de moyen et de long terme. Deuxième point, le mot « alignement ». Il s'agit d'aligner les politiques publiques avec les investissements privés et les institutions qui nous permettent d'agir à grande échelle. On ne peut pas se contenter d'un projet de ci, de là. Il nous faut une approche unifiée, harmonisée, alignée. C'est la seule manière d'obtenir les résultats tangibles. Ça, c'était le deuxième point. Troisième point, et je pense qu'il est important que les Nations Unies soient représentées ici Je me suis rendu en Jordanie. Nous avons eu une conversation sur les difficultés en matière d'eau. Je suis allé aux Émirats arabes unis et j'ai rencontré mes amis là-bas. Les premières choses que l'on m'a dites, on m’a parlé de l'eau. C'était vraiment le sujet primordial. Et puis, en Arabie saoudite, j'ai rencontré le prince héritier et là aussi, il m'a parlé de l'eau sans cesse, de l'eau, de l'eau, de l'eau. Et qu'est-ce qui nous manque ici pour faire fonctionner toutes ces initiatives ? C'est de là que nous avons eu l'idée de nous engager en faveur de l'eau. Et cela tombe bien puisque la prochaine Conférence des Nations Unies sur l'eau en décembre aura lieu aux Émirats arabes unis. Je vais maintenant donner la parole au secrétaire général des Nations Unies pour conclure. Mes chers amis, cher Ajay, mesdames et messieurs,

[António Guterres]
je suis ici aujourd'hui pour faire part du soutien entier de l'ONU à cette initiative « Place à l'eau ». Je félicite Ajay, le Groupe de la Banque mondiale et tous les partenaires pour avoir lancé cette initiative absolument essentielle. Juste quelques commentaires pour expliquer pourquoi cela est si important. Tout d'abord parce que l'eau, c'est la vie et il n'y a pas de stratégie de développement durable qui puisse atteindre ses objectifs si l'eau n'est pas un élément central de cette stratégie. Il est impossible de mettre en place des politiques pour le bien-être de communauté si on ne place pas la question hydrique au cœur de ces politiques. Un exemple très simple : il est absolument impossible de parler de santé publique s'il n'y a pas un investissement solide dans l'eau et l'assainissement. Deuxième point que j'aimerais soulever concernant l'importance de cette initiative. Tout d'abord, on est face à une pénurie absolument criante. Nous avons des milliards de personnes qui sont privées d'accès à l'eau. Et plus encore qui n'ont pas accès à l'assainissement. Cela ne permet pas une bonne santé et cela ne permet pas non plus des activités économiques. C'est un problème qui doit être absolument résolu. C'est totalement inacceptable à l'heure d'aujourd'hui de voir que l'eau continue d'être négligée en tant que droit humain fondamental pour toute la population de notre planète. Il est également clair qu'il existe beaucoup d'obstacles dans beaucoup de pays en développement qui les empêchent d'atteindre les objectifs dans ce domaine. Il y a des obstacles structurels qui proviennent de l'héritage du passé. Il y a des difficultés énormes pour mettre en place des systèmes de gouvernance efficace, mais il demeure une question essentielle. L'eau est une ressources que nous devons chérir. Et je crois qu'il y a en effet une pénurie et un écart. Selon les estimations de la Banque mondiale, il y a un manque de financement énorme concernant l'eau. Ce n'est pas qu'il n'y a pas assez d'argent dans le monde. Le problème, c'est que notre écosystème mondial, notre écosystème d'institution financière, économique et politique, tout cet écosystème n'a pas été conçu de manière à faire en sorte que l'argent arrive là où il est nécessaire. Nous devons maintenant nous atteler à combler ces lacunes. Malheureusement, dans la présente situation, nous avons toute une série de pays qui sont face à des défis colossaux. Ces pays sont fortement endettés et, pire encore, ces pays rencontrent énormément de difficultés pour accéder à ce dont ils ont besoin. Beaucoup de ressources nécessaires pour l'éducation, la santé ou l'eau ont été affectées au service de la dette. Et nous avons également aujourd'hui des pays africains qui paient des intérêts beaucoup plus élevés que les intérêts payés par mon propre pays, par exemple. Évidemment, ce fardeau rend très difficile de réaliser les investissements qui s'imposent. Donc, nous avons un problème combiné et on doit l'aborder en tant que tel. Il manque tout d'abord de la volonté politique, de la bonne gestion et la disponibilité des ressources. C'est pourquoi de telles initiatives sont absolument essentielles. Cette initiative permet de stimuler la volonté politique des gouvernements. Cette initiative ne se limite pas à mettre de l'argent sur la table. Ce qu'elle fait, c'est qu'elle explore la question de l'eau et de l'assainissement en tant que pièce intégrante des politiques de développement à l'échelle mondiale. C'est quelque chose qui est lié à l'alimentation, à la planète, au bien-être et à la santé des populations. Cette vision intégrée est justement ce qui va nous permettre de gérer ces ressources de manière intégrale dans le contexte d'une stratégie de développement mondiale. Et là, je pense à la nécessité d'innovation et de solutions des solutions qui doivent rassembler des partenaires très importants, y compris le secteur privé, pour s'assurer que les ressources qui sont certes limitées puissent être décuplées grâce à l'innovation pour obtenir les impacts que nous devons avoir pour répondre aux besoins de la population. C'est pour toutes ces raisons que nous soutenons fermement cette initiative et que nous allons faire tout notre possible pour nous engager dans le cadre de ces efforts. Pour terminer, en tant que secrétaire général de l'ONU, j'aimerais dire qu'il n'y a pas assez de coopération internationale dans la gestion des ressources, notamment concernant l'eau. Lorsque j'étais Premier ministre du Portugal, j'ai signé avec la présidence espagnole un accord pour la gestion commune de nos ressources hydriques. Et j'en suis très fier. Malheureusement, lorsque je regarde la situation actuelle dans beaucoup de pays, on voit qu'il y a un problème sérieux de gestion de l'eau. Et ce problème doit être réglé sur le plan international, que ce soit de manière bilatérale ou régionale. Mais pour l'instant, malheureusement, je déplore un manque de volonté politique. N'oublions pas que ce n'est pas simplement une question de mieux gérer l'eau, c'est également une question de s'assurer que tout cela ne débouche pas sur des conflits dans certaines circonstances. Et ça, on doit l'éviter à tout prix. J'aimerais, pour terminer, lancer un dernier appel à tous les gouvernements pour qu'on intensifie notre approche multilatérale de la gestion de l'eau à travers le monde. La conférence, vous l'avez dit, se tiendra à Abou Dabi et va se pencher sur ces problématiques. Mais il est absolument essentiel de se concentrer sur le problème actuel qui est celui de la mauvaise gestion des ressources hydriques, ce qui cause des problèmes graves pour les populations, simplement parce que les gouvernements ne sont pas aptes à avoir les discussions qui s'imposent pour essayer de conclure des accords. En fin de compte, c'est la population qui en pâtit. Prenez l'exemple sur ce que l'Espagne et le Portugal ont fait il y a bien longtemps. Je vous souhaite à tous beaucoup de succès dans le cadre de cette initiative et encore une fois, félicitations à toutes les personnes qui ont promu cette initiative, en particulier la Banque mondiale. Merci.

[Julie Hyman]
Merci beaucoup, Monsieur le Secrétaire général. Merci à Ajay pour votre leadership. Cela nous amène à la fin de cet événement. J'espère que vous aurez trouvé ces débats intéressants. Vous pourrez revisionner cet événement sur le site internet live.worldbank.org. N'hésitez pas à poursuivre ce dialogue en ligne avec le mot dièse WBGMeetings. Nous serions ravis de savoir ce que vous en avez pensé. Merci d'avoir été là aujourd'hui.

[Applaudissements]

[Musique]

   

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