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Troisième table ronde ministérielle sur l'aide à l’Ukraine | Réunions de printemps 2023

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LISTE DES INTERVENANTS | REGARDER AVEC TRADUCTION AUDIO EN UKRAINIEN

Depuis plus d’un an maintenant, l’invasion de l’Ukraine par la Russie cause d’immenses souffrances humaines et économiques dans le pays, tout en entraînant de graves répercussions régionales et mondiales. Unie dans son soutien au peuple ukrainien, la communauté internationale apporte une aide humanitaire essentielle ainsi qu’un appui tout aussi important aux efforts de relèvement et de reconstruction.

En collaboration avec le gouvernement ukrainien, le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont organisé une troisième table ronde ministérielle le mercredi 12 avril afin de se pencher sur les besoins de l’Ukraine à moyen terme, sur les projets prioritaires en matière de relèvement et de reconstruction et sur les champs de collaboration internationale. 

00:00 Bienvenue

00:37 Remarques de Volodymyr Zelensky, Président, Ukraine

09:06 Remarques de David R. Malpass, Président, Groupe de la Banque mondiale

12:01 Remarques de Denys Shmyhal, Premier ministre de l'Ukraine

19:00 Remarques de Kristalina Georgieva, directrice générale, Fonds monétaire international

23:45 Remarques de Janet Yellen, secrétaire américaine au Trésor

26:46 Fermeture

[David Malpass] 

J’aimerais vous souhaiter la bienvenue. Nous attendions l’arrivée du Premier ministre Shmyhal, mais nous pouvons commencer. Merci à tous d’être venus. Je vois que le Président Zelensky est parmi nous. Nous allons lui donner la parole pour commencer et ensuite il y aura d’autres interventions. Comme vous le savez, les conditions sont extrêmement difficiles actuellement. Allez-y, monsieur Zelensky, vous avez la parole devant cette grande tribune.

[Volodymyr Zelensky] 

Merci beaucoup, Monsieur Malpass. Merci pour votre soutien, Madame Georgieva. Nous attendons également l’arrivée de notre Premier ministre.
Chers ministres, secrétaires, représentants des institutions financières internationales, bonjour. Merci pour votre soutien et votre aide apportés ces derniers mois. Vous avez sans doute appris qu’un de nos supporters a été brutalement assassiné hier. Une vidéo a circulé et je pense que vous l’avez vue. Ces atrocités défraient la chronique. La Russie continue de commettre des atrocités tous les jours sur le sol ukrainien. Cela provoque un choc. L’impunité de la Russie doit finir.
Vous êtes là, vous nous aidez à survivre. Mais tous les jours, nous perdons des citoyens, des hommes, des femmes, des enfants, qui meurent entre les mains des Russes.
Je vous demande de bien vouloir observer une minute de silence pour rendre hommage à tous ceux qui ont perdu la vie, à tous ceux à qui la vie a été ôtée.
Je vous remercie. C’est important pour nous tous.
Mesdames et Messieurs, l’Ukraine gagnera cette guerre. Le mal sera vaincu. Mais il ne faut pas leur donner l’opportunité de mettre le pays en ruines. Tout agresseur qui ne respecte pas la vie et qui agit au nom de la Russie, au sein d’un groupe terroriste, tout agresseur aime lorsqu’il peut commettre des actes destructeurs. 
Des milliers d’installations ont été détruites. Mais grâce à nos partenaires, nous avons pu maintenir une vie plus ou moins normale cette année. Mais il nous faut reconstruire des logements. Les infrastructures énergétiques, les services de base. J’ai moi-même visité les régions qui sont frontalières de la Russie et ça me fait tellement mal au cœur de voir ces villages entiers détruits par la terreur. Et c’est pour cette raison qu’il faut appuyer la reconstruction rapide, lutter contre cette guerre de terreur. Et ensuite, pour la première fois dans l’histoire, cette guerre peut vraiment détruire un peuple. Mais nous pouvons tenir l’auteur de ces crimes responsable. Évaluer les pertes de l’Ukraine : 111 milliards de dollars, 411 milliards de dollars au total. Ce sont les pertes encourues par l’Ukraine en raison de cette guerre.
Maintenant, les agresseurs peuvent se demander : « Peut-on faire le bon choix ? ».
Nous pouvons confisquer les avoirs de cet État voyou, rétablir l’Ukraine. Et la Russie doit payer le prix de cette agression.
Mesdames et Messieurs, nous avons tout d’abord besoin de couvrir nos besoins prioritaires, besoins de reconstruction, et je remercie à ce titre la Banque mondiale et le FMI qui œuvrent à la stabilisation de l’Ukraine. Il est important de reconstruire, de rétablir l’Ukraine et de mettre un terme à ces actes commis par l’agresseur. Le total de la reconstruction s’élève à 14,1 milliards de dollars. Les représentants des autorités chrétiennes sont aujourd’hui à Washington pour présenter ces chiffres, ces besoins. Nous devons également disposer de méthodes pour geler les avoirs russes. Cela doit être clairement énoncé. Les actifs, y compris les actifs de la Banque fédérale russe, seront confisqués. Ce sera une déclaration à l’échelle mondiale. L’agresseur russe entendra ce message. Il y a sans doute d’autres solutions, mais la solution la plus rapide et la plus efficace doit être choisie pour assurer une paix durable et pérenne.
Mesdames et Messieurs, il n’y a pas de première ou de deuxième ligne dans cette guerre. Nous tous, nous sommes là, nous contribuons à l’effort. Mais c’est à vous de prendre les grandes décisions, les décisions fondamentales. Et j’ai pleine confiance que les bonnes décisions seront prises. Merci beaucoup de vous battre à nos côtés pour la liberté du peuple ukrainien. [Gloire à l’Ukraine.]

[David Malpass] 

Merci au Président Zelensky.
Ministre Serhiy Marchenko, nous sommes ravis de vous avoir parmi nous aujourd’hui. Nous avons également la Directrice générale du FMI, Madame Georgieva. Et nous avons l’équipe de la Banque mondiale qui a apporté tout son soutien.
Nous assistons à cette guerre pour la deuxième année consécutive. Cela cause des destructions sans précédent pour l’économie ukrainienne et également pour l’économie mondiale. D’après nos évaluations, 411 milliards de dollars, ce seront les besoins sur les dix prochaines années. Nous devons nous concentrer sur les besoins urgents. Pour 2023, l’écart de financement sera de 11 milliards de dollars pour les dépenses cruciales, les dépenses d’exploitation. Le gouvernement a mobilisé 23 milliards de dollars de financement d’urgence, dont des dons, des garanties et des dispositifs de financement parallèles de beaucoup d’entre vous aujourd’hui : États-Unis, Royaume-Uni, pays européens, Japon. Ces financements font l’objet d’un suivi rigoureux pour que les fonds soient alloués à bon escient. Les financements sont alloués à l’Ukraine par le biais d’un fonds fiduciaire qui a été mis sur pied pour mobiliser des financements supplémentaires. Par le biais de la Société financière internationale (IFC), nous avons décaissé 150 millions de dollars au profit du secteur privé de l’Ukraine, avec l’appui de nos partenaires partout en Europe, et nous sommes engagés à partager les risques avec l’IFC pour relever ce montant à 200 millions de dollars, avec l’appui des partenaires privés. Le Japon et ses 660 millions de dollars ont été émis sous forme de garanties depuis le début de la guerre en Ukraine.
Il est important d’appuyer la croissance à long terme du pays par le biais de projets, d’interventions, dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’agriculture et du capital humain. Nos investissements s’accompagneront de conseils stratégiques, de réformes et de projets structurels viables qui permettront de solliciter les capitaux privés, qui permettront à l’Ukraine d’emprunter une voie durable pour l’avenir. Nous appuyons l’Ukraine. Vous bénéficiez, Monsieur Zelensky, de notre soutien inébranlable.
Monsieur Shmyhal, vous avez la parole.

[Denys Shmyhal]
Merci beaucoup, Monsieur le Président du Groupe de la Banque mondiale, Madame Georgieva, Directrice générale du FMI, Madame la Secrétaire du Trésor américain, Madame Yellen, Monsieur le Vice-président de la Commission européenne, Mesdames et Messieurs les ministres, ministres et secrétaires adjoints, Mesdames et Messieurs, chers partenaires.
J’aimerais remercier l’ensemble de nos partenaires et les institutions financières internationales qui ont témoigné de leur soutien à l'Ukraine pour qu’elle puisse faire face à l’invasion de la Russie. Les partenaires financiers internationaux ont déjà apporté leur soutien financier en ces temps difficiles. Cette aide est une aide sans précédent, et nous en sommes profondément reconnaissants. Mais les pertes et les dépenses de l’Ukraine ont également atteint des niveaux sans précédent. Nous avons un déficit budgétaire considérable et donc nous avons besoin d’un appui supplémentaire pour combler ces écarts et pour permettre à l’économie de se rétablir après cette guerre qui ravage notre pays. Nous avons besoin de l’appui des bailleurs de fonds et de la communauté internationale. Nous sommes reconnaissants à l’évaluation qui a été menée pour déterminer les besoins de l’Ukraine. Ensuite, les besoins de l’Ukraine, les besoins pour la reconstruction après les conséquences de la première année de guerre, sont estimés à 411 milliards de dollars, comme viennent de nous le dire Monsieur Malpass et le Président. Nous avons besoin de 14 milliards de dollars supplémentaires d’ici la fin 2023. Avec l’appui de l’ONU, avec l’appui de la Commission européenne, nous pourrons affecter ses appuis budgétaires d’ici la fin de l’année.
Je note la décision qui a été faite le 31 mars 2023 pour un mécanisme élargi de crédits en faveur de l’Ukraine, qui s’élève à un total de 15,6 milliards de dollars. Et je remercie également les pays du G7 qui appuient le programme à long terme en faveur de l’Ukraine, à hauteur de 115 milliards de dollars pour les années à venir. C’est important pour mon pays, pour assurer sa stabilité macroéconomique et pour transmettre le message à la Russie que nos partenaires sont à nos côtés, sont là tant que nous avons besoin de leur aide.
Chers amis, chers partenaires, j’aimerais également souligner que nous espérons bénéficier de votre soutien par le biais du Fonds fiduciaire multilatéral en faveur de l’Ukraine et le Fonds fiduciaire pour la reprise et la reconstruction et les réformes et différents projets dans les domaines de la santé, de l’énergie, dont le projet Hill. Tous ces projets sont en bonne route et nous vous remercions. Nous remercions tous nos partenaires pour leur appui. Un grand merci également aux États-Unis. Durant cette guerre, dès son début, des dons ont été alloués à hauteur de 55 milliards de dollars et 7,5 milliards de dollars seront décaissés pour appuyer les activités du gouvernement et pour appuyer les populations les plus vulnérables du pays, dans le cadre du projet Peace, un projet qui porte ses fruits.
En effet, nous sommes en faveur de la diffusion des données sur l’efficacité et l’efficience de ces programmes. Nous sommes tout à fait ouverts et nous fournissons toutes les données qui sont requises par la Banque mondiale, par le FMI. Nous sommes également disposés à fournir davantage d’informations. Le ministère des Finances, à ce titre, s’emploie à fournir des rapports réguliers. Il s’agit de projets d’investissement d’envergure et nous devons prendre en considération les besoins énormes : 14,1 milliards de dollars, d’après les estimations de la Banque mondiale, c’est le montant qui est nécessaire pour rétablir les services sociaux et humanitaires. Il y a une partie de ce budget dont nous disposons, grâce à l’appui des États-Unis, de l’Union européenne, mais plus de 50 % de ce montant fait défaut. Nous devons donc mobiliser ces financements supplémentaires pour rétablir les infrastructures sociales et civiles fondamentales. Grâce à l’appui de nos partenaires, la reconstruction de notre pays, le rétablissement de l’économie sera possible. Nous remercions tous les pays qui aident l’Ukraine, toutes les organisations et institutions financières, le FMI, la Banque mondiale. Nous nous réjouissons de cette coopération fructueuse et je suis certain qu’ensemble nous pourrons vaincre cette guerre. Merci beaucoup.

[David Malpass] 

Madame Georgieva, Directrice générale du FMI, vous avez la parole.

[Kristalina Georgieva]
Merci beaucoup. Merci beaucoup. Je suis heureuse d’être entre le Premier ministre d’Ukraine et Monsieur Marchenko. Beaucoup de choses se sont passées depuis notre dernière rencontre en octobre dernier. La Russie a mené des attaques aux missiles absolument désastreuses sur les installations en Ukraine, sur le pays, en ravageant le pays et en causant des dommages considérables. Malgré toutes ces attaques, l’économie fonctionne, le gouvernement est parfaitement performant, assure les services de base pour cette population. Les boutiques, les magasins sont ouverts, les personnes peuvent aller travailler, les entreprises, les ménages payent leurs impôts. Le ministre Marchenko a pu recueillir 63 % du PIB l’an dernier en impôts et en taxes. J’ai vu de ma vue même, j’ai vu moi-même ce qui avait été détruit par la Russie et qui a déjà été reconstruit, repeint, remis en état. J’ai vu aussi comment les technologies numériques permettent de faciliter encore plus qu’avant tous les services. La plupart des entreprises ont repris leur activité et même certaines connaissent un rapide développement grâce à la remise en place très rapide. Après les attaques russes de toutes les infrastructures énergétiques et autres, le pays, l’Ukraine, se comporte de façon remarquable d’un point de vue économique, dans des circonstances calamiteuses. Et c’est pourquoi ce pays a la confiance de toute sa population et la confiance aussi de toute la communauté internationale. Je suis très heureuse de pouvoir participer à ce soutien international. Je suis très heureuse du travail que nous avons mené tous ensemble, avec un programme très solide dans le cadre du mécanisme élargi de crédit, et comme nous l’avons entendu dire par le Premier ministre, M. Shmyhal, 15,5 milliards de dollars mis en place, rassemblés par le FMI pour l’Ukraine. Ce que nous arrivons à faire, c’est d’arriver à donner un caractère prévisible au financement, grâce à nous tous ici rassemblés autour de cette table. Je me souviens, dans les premières semaines de la guerre, au tout début du conflit, l’Ukraine avait beaucoup de mal à trouver les financements pour les semaines qui suivaient. Aujourd’hui, nous avons un cadre de financement à un horizon de quatre ans devant nous, donc nous savons comment maintenant le pays peut établir les bases de son avenir, en assurant la stabilité économique et financière, en prenant des réformes essentielles pour promouvoir la croissance et faire progresser le cheminement vers l’adhésion à l’Union européenne.
Ensuite, le pays donne également un cadre pour l’investissement privé. Lorsque j’écoute les personnes du secteur privé en Ukraine, je me rends compte qu’ils sont extrêmement... ce sont eux qui sont très encourageants tellement ils sont optimistes. Car nous savons que dans le cadre de la stabilité macroéconomique, nous pouvons trouver suffisamment d’espace pour assurer le financement de la reconstruction.
Et pour terminer, j’aimerais vous faire part d’une image qui me restera à l’esprit pendant toute ma vie. Dans une école de fortune à Kiev, un enfant avait dessiné un char et aucun enfant ne devrait dessiner des chars. Les enfants devraient dessiner des fleurs. Et il faut absolument arriver à ce stade où nous pourrons faire en sorte que la paix prévaut dans ce pays, pour que les enfants puissent dessiner des fleurs et non plus des chars. 

[David Malpass]
Merci beaucoup Kristalina. C’est une image extrêmement poignante. Je donne la parole à Janet Yellen. 

[Janet Yellen]
Monsieur Malpass, Monsieur Shmyhal, Monsieur Marchenko, je suis très heureuse de vous voir ici. Lorsque je suis allée en Ukraine en février, j’ai pu voir de mes propres yeux les atrocités de la guerre et j’ai pu voir aussi la résilience du peuple ukrainien, la résilience de votre propre gouvernement qui continue à maintenir le cap dans des circonstances extrêmement difficiles. L’activité économique se redresse dans cette conjoncture épouvantable et tous les services publics de base sont assurés. Je tiens à vous féliciter de la bonne gouvernance. L’assistance internationale qui vous est apportée est utilisée également de façon tout à fait raisonnable et appropriée. Le gouvernement des États-Unis a apporté son aide financière depuis le début de l’invasion et nous prévoyons de poursuivre notre aide financière sous forme de dons et aussi d’apporter notre soutien au redressement du pays.
La Banque mondiale également apporte des décaissements en faveur de l’Ukraine. De même, la Banque centrale européenne. Apporter notre soutien à l’Ukraine est un effort collectif de tous, de nous tous, de tous nos alliés, de tous nos partenaires, de façon à ce que nous puissions poursuivre cet effort collectif. La Banque mondiale, grâce à son évaluation des besoins de l’Ukraine, nous montre exactement ce que nous devons faire. Nous devons apporter une assistance qui permette au gouvernement et à l’économie de continuer à fonctionner de façon à ce que le pays puisse continuer à se battre et à se défendre. Nous avons un cadre macroéconomique qui a été mis en place par le FMI et qui va permettre de catalyser d’autres financements encore. Nous commençons, nous poursuivons également les sanctions multilatérales. Nous empêchons l’accès des Russes à la technologie et à l’équipement et nous assurons des embargos, des plafonnements sur les ressources énergétiques, ce qui permet de pénaliser la Russie au niveau de ses sources de revenus essentielles. Ses revenus ont baissé de 40 % dans le domaine de l’énergie par rapport à l’an dernier.
Donc, nous sommes très heureux de nous tenir aux côtés de l’Ukraine et de défendre ce pays. Et comme le Président Biden l’a dit, nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour aider l’Ukraine à se redresser et à gagner cette guerre.

[David Malpass]
Merci beaucoup. Cela met un terme à notre séance publique. Nous allons maintenant avoir une séance à huis clos, avec un ordre de prise de parole qui va être établi. 

Ressources utiles

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