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Du 12 au 18 octobre : Dette, redressement durable, capital humain, développement numérique et lutte contre la pauvreté

Rendez-vous sur les pages des événements pour retrouver les enregistrements et les réponses que nos experts ont apporté à vos questions.

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Journée pour l’élimination de la pauvreté : surmonter les revers et aller de l'avant

Le 17 octobre, le Groupe de la Banque mondiale a marqué la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté par un événement virtuel organisé dans le cadre des Assemblées annuelles. Pour la première fois depuis 1998, le taux mondial d'extrême pauvreté va augmenter, a souligné en prélude à la discussion Larry Madowo, correspondant de la BBC en Amérique du Nord et animateur du débat, en citant les conclusions du tout récent Rapport sur la pauvreté et la prospérité partagée.  

Axel van Trotsenburg, directeur général de la Banque mondiale pour les Opérations, s'est fait l’écho des « fortes inquiétudes » que suscitent les dernières estimations disponibles : « entre 88 et 115 millions de personnes supplémentaires basculeront dans l'extrême pauvreté en 2020 », a-t-il rappelé en pointant, outre l'actuelle pandémie de COVID-19, les conflits et le changement climatique comme principaux facteurs de cette progression de l’extrême pauvreté. 

Une situation dont les pauvres pâtissent de manière disproportionnée, et qui a conduit le Pakistan à étendre les programmes de protection sociale, a indiqué Sania Nishtar, ministre fédérale de la Lutte contre la pauvreté et de la Protection sociale. Comment s’attaquer de toute urgence à la pandémie, aux conflits et au changement climatique pour stopper cette régression ? Des quatre coins du monde — Afghanistan, Bangladesh, Cameroun, Royaume-Uni, Yémen... — et d’horizons divers, les participants ont donné leur point de vue sur cet impératif.  

Cet événement est disponible en replay. Faites-nous part vous aussi de votre avis en nous adressant vos commentaires ou en utilisant le hashtag #EndPoverty sur Twitter. 

Résorber la fracture numérique

Les technologies digitales revêtent aujourd’hui une dimension vitale. En période de crise, face à une catastrophe naturelle ou à une pandémie, la connectivité numérique est le fil qui permet aux populations, aux pouvoirs publics et aux entreprises de rester reliés. Or la moitié des habitants du monde n’ont toujours pas accès à l’internet, sachant que la grande majorité d’entre eux vit dans des pays en développement. 

Quelles sont les nouvelles voies de progrès pour accélérer la généralisation de l’accès au numérique et offrir à tous des conditions de connexion abordables et fiables ? Cette question était au cœur d’un débat qui a réuni un panel de dirigeants mondiaux et d’innovateurs du secteur privé et mis à l'honneur de jeunes entrepreneurs africains. 

De l’avis général, il est indispensable de renforcer la collaboration entre secteur public et secteur privé et de mettre en place des réseaux partagés et en libre accès, car ce sont deux conditions essentielles pour connecter les populations les plus pauvres et vulnérables. La question de la réglementation est également revenue comme un leitmotiv dans la bouche des participants, qui ont aussi plaidé la cause des femmes et des filles, alors que celles-ci continuent d'être en grande partie exclues de la révolution technologique et de ses emplois les plus porteurs et rémunérateurs. L’éducation et la formation jouent un rôle essentiel pour instaurer des règles du jeu équitables, ont souligné les participants. 

Les solutions existent, comme l’attestent les expériences fructueuses relatées par des entrepreneurs et des pionniers des nouvelles technologies qui s'emploient à résorber la fracture numérique en créant des plateformes modulables et durables — et des emplois. 

« Restez connectés » : c’est le mot d’ordre à retenir d’un événement virtuel qui s’est conclu en musique avec le témoignage d’artistes africains qui ont chanté la puissance de la connectivité. 

Protéger les populations et investir dans le capital humain à l’heure de la pandémie

Parce qu’elle met à nu les faiblesses des systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale, la pandémie de COVID-19 risque d'annuler les avancées accomplies dans le développement du capital humain. Les deux panels réunis pour cette discussion se sont penchés sur les mesures immédiates et à plus long terme qui pourraient permettre d’éloigner ce spectre et de favoriser une reprise plus durable. 

Mari Pangestu, directrice générale de la Banque mondiale pour les politiques de développement et les partenariats, a précisé la menace que fait peser la crise de la COVID sur le capital humain et tracé les grandes lignes de l’action déployée par l’institution pour aider les pays à endiguer la pandémie, sauver des vies et rebâtir leur économie. 

La parole a été donnée aux soignants, en première ligne dans la lutte contre le coronavirus, et à des jeunes du monde entier, qui ont fait part des difficultés auxquelles ils sont confrontés, des solutions pour y remédier et de leurs idées pour installer les conditions d’un redressement résilient.  

Le débat a aussi été centré sur la question des inégalités entre les sexes, à la faveur des interventions de Melinda Gates, coprésidente de la Fondation Bill & Melinda Gates, qui a montré comment cette crise touche plus durement les femmes et les filles, victimes d’une autre pandémie « invisible », et de Mirai Chatterjee, directrice de la sécurité sociale pour la Self Employed Women’s Association (SEWA), en Inde, qui a insisté sur la nécessité d’investir dans les agents de santé, et en particulier dans le personnel féminin. 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine, a exposé les contours d’une action régionale stratégique et collaborative axée sur la préservation des vies humaines et la protection des moyens de subsistance. 

Le premier panel, qui portait plus spécifiquement sur l’importance des investissements dans le capital humain pour une reprise résiliente et sans exclus, a réuni Abhijit Banerjee (économiste et prix Nobel), Azucena Arbeleche (ministre de l’Économie et des Finances d’Uruguay), Mai Alkaila (ministre de la Santé de l’Autorité palestinienne) et Reha Denemec (vice-ministre de l’Éducation nationale de Turquie). 

Dans le deuxième panel, axé sur le secteur privé, Narender Dev Mantena, chef de la stratégie mondiale et PDG de Biological E. Limited (Inde), et Mohammed Akoojee, PDG du groupe Imperial Logistics (Afrique du Sud), ont expliqué comment, avec le soutien d’IFC, leurs entreprises renforçaient leurs capacités de production de vaccins et déployaient des centres de dépistage mobiles susceptibles de proposer, à terme, des soins de santé primaires. 

Une reprise durable pour le bien des populations et de la planète

Comment les pays peuvent-ils surmonter la crise du coronavirus (COVID-19) tout en répondant aux défis du changement climatique et de la perte de biodiversité ? C’est à cette question que se sont attelés les responsables publics, jeunes leaders, représentants de la société civile et experts internationaux réunis pour cet événement organisé dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, dont le thème général, en cette année marquée par la pandémie, est consacré aux enjeux d’une reprise résiliente. 

« Si la pandémie de COVID-19 nous a appris quelque chose, c’est bien que nous ne pouvons pas recommencer comme si de rien n’était » : on ne saurait mieux résumer l’impact potentiellement transformateur de la pandémie que Melati Wijsen, jeune militante indonésienne œuvrant pour la réduction des déchets plastiques à Bali. « Dans l’ère de l’après-pandémie, nous devons dès aujourd’hui pousser les solutions que nous appelons de nos vœux. » 

 

La discussion, animée par l’ancienne présentatrice de CNN Zain Verjee, a mis en lumière les actions et les investissements qu’il faudrait engager aujourd’hui pour engranger des bénéfices rapides sur le plan de l’emploi et de la croissance économique, tout en agissant à plus long terme en faveur de la résilience, de la décarbonation, d’une meilleure qualité de l’air et de l’eau, de la santé des océans, et de systèmes alimentaires et agricoles plus durables. « Nous devons trouver des solutions pour reconstruire en mieux et en plus vert. C’est tout l’enjeu de la reprise, et cela passe par des choix d’investissement judicieux aujourd’hui », a souligné le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, dans son intervention liminaire.  

Le ministre des Fidji Aiyaz Sayed-Khaiyum a exposé l’importance capitale de ces investissements en faveur de la résilience : « Pour les pays insulaires comme le nôtre, exposés en première ligne au changement climatique, reconstruire en mieux est une question de vie ou de mort. » En 2016, le cyclone Winston a anéanti l’équivalent d’un tiers du PIB du pays en seulement 36 heures. « Nous avons compris que nous devions mieux reconstruire, et nos efforts ont été payants : les structures plus solides que nous avons rebâties sont restées intactes après le passage des sept cyclones suivants. »  

Alors que les États et les institutions investissent pas moins de 12 000 milliards de dollars dans des plans de relance, « le moment est on ne peut plus opportun pour mettre nos économies sur les rails et reconstruire en s'attaquant à la fois à la crise climatique et à la crise de la COVID », a souligné Helen Mountford, vice-présidente Climat et économie au World Resources Institute. C’est précisément ce à quoi s’emploie le Costa Rica, a expliqué sa ministre du Plan et de la Politique économique, María del Pilar Gonzalo, en faisant du programme national de décarbonation de l’économie à long terme « un axe central de [sa] stratégie visant à endiguer la crise du coronavirus et favoriser un redressement optimal ». 

La discussion a dessiné les contours d’une reprise durable capable de restaurer les écosystèmes, inverser la perte de biodiversité, améliorer les systèmes alimentaires et créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité. « Notre pays n’a pas d’autre choix que de s’engager sur une trajectoire durable et toutes nos politiques intègrent ce facteur de la durabilité », a affirmé le ministre de l’Agriculture et du Développement rural du Mozambique, Celso Correia. En introduisant de nouvelles méthodes de production agricole, « nous réduisons en même temps les émissions et nous protégeons la foresterie ». Pour Carlos Manuel Rodriguez, directeur du Fonds pour l’environnement mondial, la relance « est une occasion historique de réparer notre relation avec la nature et de déployer des solutions naturelles qui favoriseront l’absorption de carbone par la forêt et par la terre et la protection de la biodiversité. Nul ne peut prospérer sur une planète malade. C’est dans l'intérêt de chacun de protéger et investir dans la nature. »   

L'événement a enfin mis le cap sur les rendez-vous de l’année prochaine : la COP26 sur le changement climatique et la 15e réunion de la Convention sur la diversité biologique, qui devrait déboucher sur la définition de nouveaux objectifs de conservation, d'utilisation durable et de partage des bénéfices de la biodiversité. « Dans la perspective de la COP26, œuvrons à préparer une reprise verte partout dans le monde, afin d’offrir un avenir prospère et durable à nos enfants et nos petits-enfants. Nous le devons aux générations actuelles et à venir », a déclaré Alok Sharma, secrétaire d'État aux Affaires, à l'Énergie et à la Stratégie industrielle du Royaume-Uni et président de la COP26. 

 

Des solutions globales pour désamorcer la crise de la dette

C’est par une discussion poussée sur la montée de l’endettement public dans les pays en développement qu’ont débuté, ce 13 octobre, les Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI. Pourquoi est-il important de se préoccuper aujourd’hui de la dette ? Retour sur les arguments implacables avancés par le large éventail d’invités réunis aux côtés de David Malpass.  

Le Mozambique, par exemple, comme l’a souligné son ministre des Finances et de l’Économie, Adriano Afonso Maleiane, doit tout simplement emprunter pour financer les infrastructures et autres investissements indispensables à son développement. Odile Renaud-Basso, présidente du Club de Paris, et Carmen Reinhart, économiste en chef de la Banque mondiale, ont mis en garde contre le spectre du surendettement qui plane sur les pays et sur leur capacité à se reconstruire après la pandémie. Kevin Watkins, directeur général de Save the Children, a insisté sur les conséquences d’un endettement excessif pour les générations futures, tandis qu’Eric LeCompte, directeur exécutif de Jubilee USA Network, a mis en lumière le lien entre montée de la dette publique et montée des inégalités. Joyce Chang, responsable de la recherche chez J.P. Morgan, a pour sa part mis l’accent sur la nécessité de ne pas restreindre l’accès aux marchés et sur l’importance d’envisager des modes d’investissement innovants pour les marchés émergents.  

De l’avis de nombreux participants, les pays en développement ont besoin, pour faire face à la pandémie de COVID-19, d’une solution de long terme qui leur permettra de réduire ou restructurer leur dette. L'actuel moratoire mis en place par le G20 ne donne pas à ces pays la prévisibilité dont ils ont besoin. Il n’oblige pas non plus les créanciers du secteur privé à participer aux efforts de réduction ou d'allégement des dettes souveraines. Pour aboutir à des solutions véritablement efficaces, il est cependant indispensable d’améliorer la transparence : combien les États ont-ils emprunté, pour quoi faire et à qui ? 

La conclusion des débats est revenue à l’acteur Idris Elba, porte-parole de Global Citizen : « La COVID nous a appris que nous ne pouvons réussir qu’ensemble. Nous avons fait chuter la pauvreté à son plus bas historique. Les solutions existent. Nous y sommes déjà parvenus, et nous pouvons y parvenir encore. Agissons maintenant pour nous relever plus fort, ensemble. » 

Séance de discussion entre la société civile et le président du Groupe de la Banque mondiale David Malpass

Quelles sont les actions menées par le Groupe de la Banque mondiale pour soutenir une reprise résiliente dans l’ère de l’après-COVID ? Lors de la séance de discussion avec la société civile organisée le 13 octobre dans le cadre des Assemblées annuelles, et pour la première fois en mode virtuel, David Malpass est revenu sur les efforts déployés par l’institution pour protéger le capital humain, remédier à l’endettement excessif des États et faciliter un relèvement résilient et sans exclus. Il était entouré de Carlos Felipe Jaramillo, vice-président pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Jean-Christophe Carret, directeur des opérations pour la République démocratique du Congo, l’Angola et le Burundi, Stephanie von Friedeburg, directrice des opérations d’IFC, et Victoria Kwakwa, vice-présidente pour l’Asie de l’est-Pacifique. 

Ce rendez-vous est traditionnellement l’occasion, pour les organisations de la société civile (OSC), de dialoguer avec le président du Groupe de la Banque mondiale et des membres de son équipe de direction. Quelque 150 représentants y ont participé cette année, via Zoom. Les échanges ont également fait l’objet d’une diffusion en ligne et en direct sur Banque mondiale Live. Au menu des questions soulevées par les OSC : le changement climatique et la résilience, l’allègement de la dette et l’Initiative de suspension du service de la dette, l’inclusion des populations marginalisées et des personnes en situation de handicap notamment, le soutien aux programmes de santé publique, la lutte contre la corruption et les mesures de responsabilisation, sans oublier le rôle de la Banque dans l’appui aux pays en situation de conflit et de fragilité dans le contexte de la pandémie. 

Le président Malpass et ses collaborateurs ont présenté les grandes lignes des initiatives mises en œuvre par la Banque en vue d'aider les pays à faire face à la crise, mais aussi à reconstruire « en mieux ». Ce qui consiste concrètement, en fonction des besoins des pays et régions concernés, à réduire la pauvreté et les inégalités, plaider pour l’allègement de la dette des pays les plus pauvres, accroître l’accès à des systèmes de santé plus solides et des soins abordables, étendre les filets de protection sociale, promouvoir des mesures d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, et appuyer le secteur privé. L’inclusion des populations marginalisées et vulnérables reste, dans le cadre de ces efforts, une priorité du développement. 

Face à la pandémie, la nécessité d’une reprise résiliente et sans exclus

« Mettre fin à la pandémie des inégalités » : tel était le thème de l’allocution prononcée le 5 octobre dernier par le président du Groupe de la Banque mondiale David Malpass, en prélude aux Assemblées annuelles. Ont également pris part à cet événement organisé par la Frankfurt School of Finance and Management, son président et directeur général, Nils Stieglitz, ainsi que Jens Weidmann, président de la Deutsche Bundesbank.  

« Pour être durable, le relèvement doit passer par une croissance qui profite à tous » a souligné M. Malpass, en insistant sur la nécessité de lutter contre la pauvreté et les inégalités, mais aussi de remédier aux pertes de capital humain, de réduire le fardeau de la dette et de faciliter une reprise résiliente et sans exclus. Soit autant de sujets qui seront au cœur des Assemblées qui se tiennent cette semaine. 

Résumé des événements

La plateforme Banque mondiale Live vous permet de suivre les Assemblées annuelles où que vous soyez dans le monde. Regardez et réagissez aux événements en français, anglaisarabe et en espagnol.

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Sur cette page, vous trouverez le récapitulatif des événements diffusés pendant les Assemblées annuelles 2020. Nous partagerons les temps forts des événements, extraits des panels de discussion avec des experts et représentants internationaux, des économistes, des entrepreneurs, des décideurs politiques, des innovateurs, etc.

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